17 octobre : prière de guérison pour tous ceux qui sont à sec !

Lecture de l’Evangile : Jean 4

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.

Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire » La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.

Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »

Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. Seigneur, je vois que tu es un prophète !

HOMELIE : Père Roger

Ce texte qui nous rapporte la rencontre de Jésus avec cette femme que nous appelons « la Samaritaine », nous le connaissons bien. Je l’ai choisi parce que, finalement, il pourrait bien tous nous concerner de manière très profonde.

L’histoire nous parle d’une femme, habitant Sykar ou Sichem qui est la ville de Naplouse, actuellement. Cette femme est venue, comme elle vient tous les jours, au puits de Jacob pour la corvée d’eau. Evidemment, à cette époque, il n’y avait pas l’eau sur l’évier, il fallait donc faire chaque jour cette très dure corvée : venir du village avec une ou deux cruches qu’on remplissait et les ramener en espérant que ça suffise pour la journée. Le drame, c’est que cette corvée éreintante était réservée aux femmes ; les hommes, pourtant, beaucoup plus forts, ne l’accomplissaient jamais. Il y a, hélas, encore un certain nombre d’endroits où c’est comme ça !

Pour cette femme, non seulement cette corvée était éreintante, mais en plus elle était déprimante ! Parce que cette femme était à sec ! Elle avait beau venir tous les jours, elle aurait même pu venir plusieurs fois par jour, elle était toujours à sec ! La suite du texte nous apprend, en effet, que cette femme avait déjà eu 5 maris et que l’homme avec qui elle vivait n’était pas le sien. Cette femme ne retenait pas l’amour un peu comme une cruche fissurée. Alors, vous imaginez un peu la déprime : tous les jours faire cette corvée d’eau quand, soi-même, on est à sec, à quoi ça rime ?

Et voilà qu’en ce jour qui, depuis son lever, avait dû lui paraître semblable à tous les autres jours, elle rencontre un homme qui est là, au puit, alors que je vous l’ai dit, les hommes ne vont pas au puit, sauf pour faire boire les animaux, mais lui, il n’avait pas d’animaux. Et voilà que, sans gêne, il lui demande de l’eau. Elle aurait bien eu envie de le rembarrer car les bonhommes, elle en avait sa claque, elle a d’ailleurs commencé à le faire. Mais cet homme, il ne parle pas comme les autres hommes qui la baratine ; il ne la regarde pas comme les autres hommes la regardent. 

Alors, elle va chercher à le tester et c’est là qu’il lui fait une promesse folle : celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. Elle ne comprend pas tout, tout de suite, mais elle comprend bien qu’il a perçu quel était son grand problème, il a perçu qu’elle était à sec. Et ce qu’il lui promet, c’est bien plus grand que de simplement la combler, il lui dit qu’une source pourrait jaillir en elle ! Comment c’est possible quand on est à sec ? 

Oui, tout ça la dépasse complètement, mais elle perçoit que cette promesse peut changer sa vie et même carrément inverser le cours de sa vie. Alors, elle lui dit : Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. Elle mélange un peu tout, mais peu importe, elle n’en peut plus d’être à sec, de ne jamais retenir l’amour, alors elle le supplie : Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, que je ne sois plus jamais à sec ! Et nous le savons, Jésus a répondu à sa demande, à sa prière, en un instant, une source d’amour s’est mise à couler en elle, en elle qui était à sec. Non seulement, elle n’aura plus soif, mais, en plus, elle pourra désaltérer tous ceux qui, autour d’elle sont à sec ! Jésus est vraiment trop fort !

Si nous sommes venus à ce temps de prière de guérison, c’est parce que, nous aussi, d’une manière ou d’une autre, nous nous retrouvons à sec ou alors, peut-être, sommes-nous venus prier pour quelqu’un de notre entourage qui est à sec. Nous sommes à sec parce que la maladie nous épuise et nous inquiète ; nous sommes à sec parce que la solitude nous mine ; nous sommes à sec parce que nos épreuves à répétition nous désespèrent ; nous sommes à sec parce que certaines personnes ou certaines forces obscures s’acharnent contre nous ; nous sommes à sec parce que nos doutes finissent par nous submerger à certains moments. Nous sommes à sec et nous n’en pouvons plus, alors nous sommes venus vers Jésus. Avec la Samaritaine, nous crions vers lui : Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, que je ne sois plus jamais à sec !

Jésus a répondu à la prière de cette femme de Samarie, j’en suis sûr, il répondra à notre prière ! Comment répondra-t-il ? Ça je ne le sais pas, mais ce que je sais, c’est qu’il répondra ! Peut-être ne répondra-t-il pas exactement en donnant ce que nous sommes venus demander, mais ce qui est sûr, c’est qu’il répondra. Un Psaume dit : un pauvre a crié, Dieu l’entend ! (Ps 33,7) Nous sommes ces pauvres qui crions notre soif et Jésus nous entend, c’est une certitude de foi. Quand nous nous approcherons de lui dans quelques instants et quand il passera au milieu de nous juste après, je vous propose que, dans le secret de notre cœur, nous lui disions deux choses :

  • Premièrement : Jésus, j’ai soif, je n’en peux plus d’être à sec ou je te présente telle personne qui est à sec, épuisée, visite-la, visite-moi !
  • Deuxièmement et c’est sans doute plus difficile : Jésus, tu sais ce que je suis venu te demander, mais je consens à ce que tu répondes autrement. Simplement, ouvre les yeux de mon cœur pour que j puisse voir comment tu as répondu.

Confions maintenant nos démarches à Notre Dame de Laghet pour que nous puissions tous devenir des sources ambulantes, il y a trop de gens qui sont à sec. Notre monde crève de soif, il manque de sources, de vraies sources, acceptons de devenir ces sources et c’est sans doute en comblant les autres que nous serons comblés.

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