8 août : vendredi 18° semaine ordinaire : Renonçons aux toujours et aux jamais quand ils sont négatifs !

Dans les Ecritures, on peut dire que le mot de Dieu par excellence, c’est le mot « AUJOURD’HUI. » Pour Dieu, il n’y a rien de plus important que notre AUJOURD’HUI. Dieu ne nous demande de vivre ni dans la nostalgie du passé, ni dans le rêve d’un futur hypotétique, mais dans le réalisme de notre aujourd’hui. Mais alors, s’il en est ainsi, pourquoi le passage du Deutéronome entendu en 1° lecture semblait-il nous tourner vers le passé ? Pourquoi Moïse dit-il au peuple : Interroge les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre ? Et vous voyez que ce n’est pas un petit retour en arrière que propose Moïse, il invite à remonter jusqu’à la création ! En fait, si Moïse invite le peuple à garder la mémoire du passé, c’est précisément pour l’aider à vivre son AUJOURD’HUI.

Moïse va proposer une lecture guidée du passé, il donne comme une grille de relecture en lui disant : Est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ? Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu du feu ? … Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, à main forte et à bras étendu, et par des exploits terrifiants, comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ? A travers tous ces événements que Moïse évoque, il invite le peuple à faire mémoire de la proximité bienfaisante de Dieu qui a toujours tout fait ce qu’il fallait en faveur de ce peuple qu’il s’était choisi. Quelques versets avant la lecture d’aujourd’hui, il y avait cette magnifique déclaration : Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l’invoquons ?

Vous le voyez, dans cette invitation à la relecture de son histoire, ce n’est pas une séquence nostalgie que Moïse serait en train de lancer, il veut que le peuple soit convaincu qu’il n’y a vraiment personne comme Dieu ! Moïse le dira avec ses mots à lui, nous les avons entendus, ils sont tellement beaux : Il t’a été donné de voir tout cela pour que tu saches que c’est le Seigneur qui est Dieu, il n’y en a pas d’autre.

Cet exercice de mémoire spirituelle, il est particulièrement indiqué quand notre AUJOURD’HUI nous fait vivre dans un profond brouillard. En effet, quand on est dans le brouillard et un brouillard très épais, on va perdre tout repère. Et il y en a Un qui s’y connait pour venir, dans ces moments-là nous faire douter de tout, c’est l’esprit du Mal. Parce que mon AUJOURD’HUI est compliqué, je vais me mettre à dire qu’avec Dieu, c’est TOUJOURS comme ça, qu’on ne peut JAMAIS se fier à lui et que c’est précisément dans les moments où on a le plus besoin de lui qu’il est absent.

Ces TOUJOURS et ces JAMAIS, c’est le Malin qui nous les suggère parce qu’il veut nous faire douter de la bonté de Dieu. Depuis le jardin d’Eden, c’est sa stratégie : nous faire douter de Dieu, nous faire douter de la bonté de Dieu pour nous. Quand on est empêtré dans ce genre de sentiments ou plutôt de ressentiment, il n’y a qu’un seul remède : relire notre histoire, activer notre mémoire spirituelle. En effectuant cet exercice, nous pourrons nous retrouver dans deux situations différentes :

  • 1° situation : je réalise vite que mes TOUJOURS et mes JAMAIS sont très largement exagérés parce qu’il y a eu tel événement dans ma vie d’enfant, puis dans ma vie de jeune, et encore dans ma vie d’adulte où je peux reconnaître que le Seigneur était là, qu’il m’a donné une grande joie, accordé un pardon qui m’a remis debout, que sais-je encore. Je réalise donc que ce n’est pas parce que, AUJOURD’HUI, je suis dans le brouillard que Dieu n’a JAMAIS été avec moi, je réalise ainsi que ce n’est pas vrai, je ne suis pas TOUJOURS le dernier servi lors de la distribution des grâces ! Le recours à la mémoire spirituelle désamorce la manœuvre du Tentateur.
  • 2° situation : en effectuant ma relecture de vie, je découvre que j’ai quand même eu une succession de tuiles impressionnantes dans ma vie. 

C’est assez mystérieux et parfaitement impossible à comprendre, mais c’est vrai qu’il y a des vies qui sont parsemées d’épreuves se succédant à un rythme effrayant. Dans cette situation, je peux quand même en conclure que Dieu n’a sûrement pas été loin de moi parce que s’il n’avait pas été là, qu’est-ce que je serais devenu ? Si j’ai pu tenir, ne pas m’effondrer, ne puis-je pas y lire un signe de sa grâce discrètement, mais réellement présente ? 

Oui, il nous faut alimenter notre mémoire spirituelle pour que, dans les jours de brouillard, nous puissions croire encore que Dieu est là. Et, un jour, relisant ce qui s’est passé dans ces jours de brouillard, nous deviendrons capables de dire, à la manière de Jacob : Dieu était là et je ne le savais pas, je ne m’en rendais pas compte ! Gn 28,16. C’est sûr que ça aurait été très profitable si, depuis notre enfance, on nous avait encouragé à tenir un cahier de gratitude, dans lequel nous aurions pu noter chaque jours 5 sujets de gratitude à l’égard de Dieu. Les jours de brouillard, il suffirait de l’ouvrir, de relire et on repérerait vite la manœuvre du Tentateur.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de ne rien oublier des bienfaits, souvent discrèts que le Seigneur ne cesse d’accomplir pour nous.

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