18 janvier : 2° dimanche du temps ordinaire. Savoir qui est Jésus ne suffit pas à le connaître !

Nous sommes donc entrés dans le temps ordinaire, ce très beau temps qui nous dit que Dieu ne se révèle pas seulement dans ce qui est exceptionnel, mais aussi dans ce qui est ordinaire, dans le quotidien, le banal de nos vies marqué par la répétition des jours. Et nous entrons dans ce temps ordinaire avec la figure du Baptiste qui fait la transition avec le Baptême de Jésus que nous avons célébré dimanche dernier et ce que nous aurons à vivre dans le temps ordinaire.

Jean, on l’appelait le Baptiste parce qu’il baptisait, mais il a aussi reçu le titre de Précurseur parce que c’est lui qui avait reçu la mission de préparer le chemin pour Jésus, d’annoncer la venue de Jésus. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous le voyons accomplir de manière parfaite cette mission puisque, voyant Jésus, il va faire une déclaration dans laquelle, il révélera 4 points essentiels de l’identité de Jésus. C’était bien cela sa mission de Précurseur, annoncer qui était Jésus pour qu’il puisse être mieux accueilli. Le 1° point essentiel que révèle Jean-Baptiste, c’est que Jésus est l’Agneau de Dieu, le 2° c’est que, comme Agneau de Dieu, il enlève les péchés du monde, le 3° c’est que l’Esprit-Saint est descendu sur Jésus et y demeure en permanence et le 4°, c’est que lui, il baptisera dans l’Esprit-Saint. Reprenons rapidement chacun de ces points.

Le 1° point de la révélation que Jean-Baptiste fait à propos de Jésus, c’est qu’il est l’Agneau de Dieu. L’Agneau, c’est une figure bien connue dans le Premier Testament, figure qui renvoie d’abord à ce que les hébreux ont vécu la nuit de leur libération d’Egypte. Rappelez-vous : Pharaon ne voulait pas libérer ce peuple qu’il avait réduit en esclavage, Moïse, envoyé par Dieu, avait beau insister, il n’en démordait pas : ces esclaves resteraient à son service. Alors Dieu a employé les grands moyens, il y a eu ce qu’on appelle les 10 plaies d’Egypte, 10 fléaux qui se sont abattus sur les Egyptiens pour que Pharaon se décide à libérer le peuple de Dieu. 

Les 9 premiers fléaux n’ont eu aucun effet. Par contre, le 10° fut , à ce point terrible, qu’il a décidé Pharaon à les laisser partir. Ce fléau, c’était la mort de tous les premiers-nés chez les Egyptiens. Mais Dieu avait prévenu les siens : cette nuit, un ange frappera toutes les maisons des Egyptiens, mais pour qu’il ne frappe pas les maisons des hébreux, il faudra que le linteau de leurs maisons soit marqué du sang d’un agneau. L’Agneau, c’est donc celui qui symbolise la protection de Dieu, le Salut de Dieu. C’est ce que Jean-Baptiste dit en désignant Jésus comme l’Agneau de Dieu et c’est ce que nous répétons quand nous invoquons Jésus comme l’Agneau de Dieu, juste avant de communier. C’est comme si nous disions : en te recevant, Jésus, je crois qu’il ne pourra rien m’arriver de catastrophique. Entendons-nous bien, demain, on peut m’annoncer un cancer grave ou je peux avoir un accident, mais je crois que le Seigneur sera avec moi pour vivre ces épreuves si elles devaient arriver et qu’il porterait avec moi ce qui serait trop lourd pour moi, seul. C’est la protection que le Seigneur nous accorde, par sa présence, il nous protège du désespoir.

Le 2° point de la révélation que Jean-Baptiste fait à propos de Jésus, c’est que, non seulement, il dit qu’il est l’Agneau de Dieu, mais il ajoute qu’il enlève le péché du monde. Et, en grec, le verbe qui a été choisi suggère qu’il l’enlève en le supprimant. Cette mission, elle fait référence à une autre figure de l’Agneau dans le Premier Testament, celle que présente le livre d’Isaïe quand il parle d’un mystérieux serviteur souffrant. Je dis « mystérieux » parce qu’au temps d’Isaïe, on a bien dû se demander de qui parlait le prophète ! Mais quand les chrétiens reliront ces textes, eux, ils comprendront tout de suite que ce serviteur souffrant qu’on maltraite comme un agneau innocent, c’était Jésus. Voilà ce que disait Isaïe : Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. 53,7 

Ainsi donc, en désignant Jésus comme l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés en les prenant sur lui pour mieux les supprimer, Jean-Baptiste annonce déjà la passion que Jésus acceptera de vivre pour mieux nous sauver.

Le 3° point de la révélation que Jean-Baptiste fait à propos de Jésus, c’est que l’Esprit-Saint est descendu sur lui et a demeuré sur lui. Jean baptisait beaucoup de monde, mais, quand il a baptisé Jésus, il y a eu un signe étonnant et Jean-Baptiste était bien placé pour le voir puisque c’est lui qui baptisait Jésus ! Il a vu l’Esprit-Saint descendre sur Jésus et y demeurer. Nous pouvons nous rappeler qu’au cours de l’Avent, nous avions lu ce texte disant que sur le Messie reposerait l’Esprit-Saint, Esprit de sagesse et de discernement, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte du Seigneur qui lui inspirera la crainte du Seigneur. En voyant l’Esprit descendre sur Jésus, Jean-Baptiste comprend que les prophéties sont accomplies, c’est bien lui le Messie et il veut le dire d’emblée dans le 1° témoignage qu’il fait pour accomplir sa mission de Précurseur. De plus Jean-Baptiste rajoute que, non seulement l’Esprit est descendu sur Jésus, mais qu’il a demeuré sur lui. Il y aurait plusieurs manières de comprendre cette mention, voilà comment j’aime la comprendre : l’Esprit est descendu du ciel et il n’y est pas remonté, c’est-à-dire qu’il est toujours à l’œuvre sur terre, disponible pour nous, et ça nous préparer au 4° point !

Le 4° point de la révélation que Jean-Baptiste fait à propos de Jésus, c’est que, lui, il baptisera dans l’Esprit-Saint. Le Baptême que Jean-Baptiste donnait était une invitation à la conversion, mais ce baptême constitué d’un geste symbolique ne donnait pas la force de se convertir. Lui, Jésus en donnant le Saint-Esprit, il ne se contente pas de dire ce qu’il faut faire, il donne la force de l’accomplir et ça change tout ! C’est la Pentecôte qui est déjà annoncée comme en filigrane dans cette parole qui a dû sembler énigmatique à ceux qui l’ont entendu, mais qui nous parle beaucoup, à nous qui, pensant au Saint-Esprit, pourrions chanter : que serai-je sans toi !?

Je termine en disant que, par deux fois, dans cet Evangile, Jean-Baptiste va dire qu’il ne connaissait pas Jésus, certes, comme nous venons de le voir, par l’inspiration prophétique, il savait déjà pas mal de choses sur Jésus, mais savoir n’est pas encore connaître ! Pour connaître, il faut entrer en relation, alors que Notre Dame de Laghet nous obtienne, tout au long de cette semaine, de vivre une relation profonde avec Jésus, son Fils pour que nous ne nous contentions pas de savoir, mais que nous entrions dans une véritable connaissance de Jésus pour mieux l’aimer et le faire aimer.

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