Aujourd’hui, nous fêtons les saints martyrs de l’Ouganda, St Charles Lwanga et ses compagnons et parmi ses compagnons, il y avait un jeune garçon, à peine plus âgé que vous les enfants qui participez à cette messe. Il s’agit de Kizito qui avait 13-14 ans. Quand ces événements terribles sont arrivés, l’Evangile n’était arrivé que depuis une dizaine d’années en Ouganda. Les missionnaires avaient été bien accueillis, mais il y a eu un changement de roi et le nouveau roi, un tyran qui menait une vie de désordre, ne voulait plus d’eux.
Il ne s’est pas attaqué directement à eux, peut-être avaient-ils pu fuir. Par contre, il s’est attaqué aux jeunes qui étaient devenus chrétiens ou qui se préparaient à le devenir. Il les a fait torturer des jours et des jours en espérant les faire changer d’avis. Mais ils sont restés fidèles. Alors, le roi décide de les faire brûler à petit feu pour que la souffrance soit plus terrible et plus longue. Parmi ces 22 jeunes, il y avait donc Kizito le plus jeune qui venait juste d’être baptisé. Comment il est devenu chrétien, c’est une histoire magnifique !
Son père adoptif avait été, très vite, attiré par le christianisme, et les membres de sa famille ont été parmi les premiers ougandais à être baptisés. Kizito, à son tour, est devenu catéchumène et un vrai, vous allez voir combien il était enthousiaste et fervent ! Très vite, au changement de roi, il va y avoir un premier martyr, Joseph Mukassa qui était le majordome du roi. Suite à ce martyr, Kizito était de plus en plus conscient du danger qu’il courait, mais au lieu de s’éloigner de la foi pour préserver sa vie, il demandait constamment aux missionnaires de le baptiser.
On raconte qu’un soir, il s’est débrouillé pour passer la nuit chez les missionnaires, et il leur a expliqué qu’il ne partirait pas tant que la date de son baptême n’aurait pas été fixée. Il faudra qu’un des missionnaires le prenne dans ses bras et le fasse sortir par la fenêtre du rez-de-chaussée pour se débarrasser de lui ! Quelle ardeur chez Kizito … elle se voit moins chez les missionnaires, mais leur décision peut se comprendre. En effet, ils hésitaient à baptiser Kizito car ils le considéraient trop jeune pour affronter les problèmes que sa conversion allait entrainer et ils estimaient qu’il n’avait pas encore reçu la préparation nécessaire au baptême.
Finalement, à force d’insister, il obtiendra quand même une date de Baptême, mais juste sous forme de promesse, ça sera d’ici un mois… mais comme nous allons le voir, Dieu va exaucer le désir de Kizito en devançant les délais ! A cause de la persécution qui s’intensifie, avant que ce mois ne soit écoulé, il reçoit le baptême dans la soirée du 25 mai 1886.
Le 26 mai 1886, dans la cour de la salle d’audiences, le roi condamne tous les jeunes qui lui résistent à mourir sur un au bûcher. Les jeunes sont liés en deux groupes de garçons, les petits et les grands. Un témoin raconte qu’il les a vus partir et qu’il a remarqué que le petit Kizito riait et qu’il avait l’air heureux, comme s’il jouait avec ses camarades. Arrivés au village où avait été installé le bûcher, les jeunes martyres vont attendre une semaine. IIs étaient liés par des cordes, des anneaux de fer et des jougs d’esclaves et malgré tout, ils ont passé cette semaine dans la prière et les chants. Les bourreaux étaient étonnés par le calme, la résignation et la joie de leurs prisonniers.
Le 3 juin, marchant vers le bûcher, le jeune Kizito était quand même pris par la peur, alors, il prend la main du plus grand, Charles Lwanga et lui dit : « Donne-moi la main, j’aurai moins peur ! » Il faut dire que pour l’encourager, lui et les autres, Charles Lwanga leur avait dit : « Si nous devons mourir pour Jésus, nous le ferons ensemble, la main dans la main. » On a ensuite mis ces « fagots humains » sur le bûcher. Alors que les flammes montaient, on pouvait entendre leurs voix, car ils priaient et c’était le jeune Kizito qui entrainait les autres à prier le Notre Père et encourageaient les autres. Les derniers mots de Kizito ont été : « Au revoir mes amis, nous sommes en route. » Ce 3 juin, clin Dieu, était le jour de l’Ascension pour les chrétiens !
On voit que le sang des martyrs est devenu semence de chrétiens ou, dans leur cas, que les cendres des martyrs ont fécondé cette terre où l’Evangile était à peine implanté et que de très beaux fruits ont surgi par la suite. Quand des gens donnent leur vie par amour, ça porte toujours de beaux fruits !
