19 septembre : samedi 24° semaine du temps ordinaire: De manière infatigable, le Seigneur ensemence nos coeurs, tous les coeurs !

Cette parabole du semeur que nous venons d’entendre, nous la connaissons bien. Je vous propose que nous l’entendions comme un cadeau que le Seigneur nous fait en ce jour de prière de guérison. Dans cette parabole, deux précisions très importantes nous sont données la 1° concerne le Seigneur et la 2° sa Parole.

Première précision, le Seigneur est un semeur infatigable et généreux : Le semeur sortit pour semer la semence.Le temps du verbe qui est utilisé ici laisse entendre que ce n’est pas une action ponctuelle mais répétitive. Et le Seigneur ne dit jamais : lui, elle, ça ne vaut pas le coup, je passe, je sais que ça ne va rien produire ! Non ! Il accepte que la semence tombe même sur le chemin, dans les pierres et encore dans les ronces. A l’époque de Jésus, les paysans étaient plutôt pauvres, ils faisaient donc très attention à ne perdre aucune semence ! Les auditeurs de la parabole ont dû être étonnés de voir que ce semeur ne calculait pas la semence ! Oui, le Seigneur est comme ça, il est un semeur infatigable et généreux. Quelle chance pour nous !

La 2° caractéristique concerne sa Parole qui est comme une semence portant en elle une fécondité extraordinaire. Quand la semence tombe dans une bonne terre, elle produit au centuple. Les autres Evangiles parlent de 30, 60 ou 100 pour un, mais St Luc, lui, il ne mégotte pas : quand la semence tombe dans une bonne terre, pour un grain semé, il y en a 100 qui sont récoltés ! Ce sont des rendements jamais atteints à l’époque. Les auditeurs de cette parabole ont dû être impressionnés par cette promesse extraordinaire qui nous dit la puissance, la fécondité de la semence qui est la Parole de Dieu quand elle est semée dans des cœurs qui ressemblent à une bonne terre. 

Certains pourraient dire : mais moi, j’essaie de faire tout ce que je peux pour être une bonne terre, bien sûr, je reste pécheur, mais je fais vraiment des efforts, or je ne vois aucune fécondité, il n’y a que des difficultés ! Et quand c’est comme ça, quand nous nous sentons oubliés dans la distribution des grâces, nous finissons toujours par nous demander si le Seigneur ne nous oublie pas, s’il est vraiment ce semeur infatigable et généreux, s’il s’occupe vraiment de nous. Tout cela est un grand mystère face auquel nous n’avons pas de réponses, je l’ai évoqué tout à l’heure dans mon homélie au cours de la prière de guérison. Et ces traversées de désert nous affectent profondément, c’est d’ailleurs pour cela que tant de pèlerins viennent ici, demandant à Notre Dame de Laghet de les fortifier dans leur foi pour qu’ils aient la force de traverser leurs épreuves.

Maintenant, il peut aussi arriver que nous ne soyons pas toujours une bonne terre. Et c’est pour nous aider à nous examiner que Jésus va pointer trois attitudes négatives.

La 1° attitude, c’est le manque de vigilance. Voilà ce que Jésus disait quand il parlait des graines tombées sur le chemin qui sont piétinées et emportées par les oiseaux : le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole. Le diable, l’esprit du mal, c’est l’Adversaire de Dieu et l’Adversaire des hommes, il cherche à gâcher le travail de la grâce dans les cœurs. Il repère nos fragilités, nos blessures et il va chercher à s’infiltrer par ces portes pour distiller son poison en nous. Vigilance !

La 2° attitude négative à laquelle Jésus nous rend attentif, c’est la superficialité. Voilà ce qu’il disait à propos des grains tombés dans les pierres : Il y a ceux qui n’ont pas de racines ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. C’est l’inconstance et l’absence de foi profondément enracinée qui fait qu’on varie en fonction de notre météo intérieure : quand tout va bien, on croit mais on lâche le Bon Dieu dès que notre vie devient plus compliquée alors que c’est précisément dans ces moments-là qu’il faudrait s’accrocher à la foi !

La 3° attitude Jésus l’énonce en parlant de la semence qui se perd dans les ronces. Je le cite toujours : chemin faisant, certains laissent les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffer, et c’est ainsi qu’ils ne parviendront jamais à une foi mature. 

Dans cette 3° raison, vous l’avez entendu, il y a 3 sous-raisons que Jésus évoque :

– D’abord les soucis. Bien sûr, à certains moments, il est légitime de se faire du souci. Mais qu’est-ce que je fais de mes soucis ? Est-ce que je les porte seul en serrant les dents au risque de m’effondrer ? Ou est-ce que je les partage avec des personnes de confiance et surtout, est-ce que je les confie au Seigneur en passant par l’intercession de Notre Dame de Laghet ?

– Ensuite la richesse Nous connaissons cette parole si forte de Paul dans la 1° lettre à Timothée : la racine de tous les problèmes, c’est l’amour de l’argent. Le problème n’est pas d’avoir de l’argent, c’est de savoir ce que j’en fais ! Si je ne suis préoccupé que de faire fructifier mon capital uniquement pour moi et mes proches sans me préoccuper des autres, Jésus est formel, la Parole de Dieu ne pourra rien produire de bon, elle sera vite étouffée par cette préoccupation envahissante et démesurée concernant l’argent.

– Et enfin les plaisirs de la vie. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas aimer la vie, Jésus aimait manger avec ses amis, avec ceux qu’il rencontrait même si certains n’étaient pas toujours fréquentables. Mais je ne peux pas vivre uniquement en pensant au week-end et à tous les plaisirs que je m’accorderai. Je pense souvent aux jeunes qui attendent tellement le week-end pour sortir en boite. Vous entendez l’expression : sortir en boite ! Sortir pour s’enfermer, pour se laisser enfermer avec une musique si forte qu’elle ne permet pas de communiquer, sans compter la consommation de drogue et d’alcool qui conduisent à tous les excès.

Demandons à Notre Dame de Laghet qu’elle nous aide à faire de nos cœurs une bonne terre pour la semence du semeur !

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