31 janvier : vendredi 3° semaine du Temps ordinaire : Raviver le don de Dieu !

Souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ. L’auteur de l’Épître aux Hébreux renvoie ceux à qui il s’adresse, à ce qu’on appelle « la mémoire spirituelle ». Souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ, c’est-à-dire souvenez-vous des premiers jours où vous êtes devenu chrétien en recevant le baptême. Mais on pourrait dire aussi : souvenez-vous de ces premiers jours où vous avez reçu l’ordination, de ces premiers jours où vous aviez consacré votre vie au Seigneur. 

L’auteur de la lettre aux Hébreux continue en rappelant que ces premiers jours étaient des jours bénis au cours desquels nous étions capables de tout tant notre foi était forte, notre amour ardent, bref, c’était le temps de l’enthousiasme. Au passage, je souligne l’étymologie du mot enthousiasme : Il vient du grec « en-Theou » être en Dieu ; on est d’autant plus enthousiaste qu’on est « en Dieu », « branché sur Dieu ». Quand on n’est plus enthousiaste, c’est donc un voyant qui s’allume signifiant que nous ne sommes plus « en Dieu ». Donc, dans ces premiers jours, l’auteur de la lettre aux Hébreux disait que nous étions capables de livrer tous les combats et de les gagner. Pour reprendre les mots de la Lecture, nous étions capables d’accepter avec joie qu’on nous arrache tous nos biens, car nous étions sûrs de posséder un bien encore meilleur et permanent. C’est vrai, chacun de nous pourrait témoigner de la joie que lui donnait sa foi, de l’enthousiasme qui l’habitait dans ces jours bénis. 

Le problème, c’est qu’on peut voir, au fil du temps, notre enthousiasme s’émousser. Notre vie avec le Seigneur risque alors de ressembler à celle de certains vieux couples qui n’ont pas su entretenir la flamme de l’amour. Ils restent ensemble parce qu’il n’y a pas de raison objective de se séparer, mais il n’y a plus de sentiment. Ils n’ont plus grand chose à se dire, alors la télé marche en permanence pour éviter d’avoir à se parler. Au niveau de la vie spirituelle, c’est le moment où on s’installe dans la routine qui conduit à la tiédeur qui elle-même, engendre ce que j’aime appeler la « moyenneté », cette moyenneté conduisant tôt ou tard à la médiocrité.

Dans la lettre à l’Eglise d’Ephèse qu’on trouve dans le livre de l’Apocalypse, le Seigneur fait ce reproche terrible aux membres de cette communauté : j’ai contre toi que tu as perdu ta ferveur première ! Ap 2,4. Comprenons bien ce que le Seigneur leur reproche. les chrétiens d’Ephèse, Quand ils sont devenus chrétiens, ces gens d’Ephèse ont dû faire des choix assez radicaux : fini le culte des idoles, finies les mœurs dissolues, finies les pratiques douteuses pour s’enrichir …  Et s’ils ont tourné le dos à ces pratiques, ce n’était pas pour obéir à une loi, mais pour dire un vrai « oui » d’amour au Christ. Or dire un vrai oui au Christ, ça exige qu’on dise en même temps de vrais « non. » Perdre sa ferveur première, c’est cela, perdre cette capacité à dire des « non » clairs pour que notre « oui » soit un vrai « oui ». Quand il n’y a plus de « non » clairs, c’est qu’il n’y a plus de vrai « oui » ! Voilà ce qui se passait à Ephèse, voilà ce qui peut aussi se passer pour nous.

La Bonne Nouvelle, c’est que nous ne sommes pas condamnés à finir dans la moyenneté ou la tiédeur et heureusement d’ailleurs ! Car, dans la foi, il y a un terrible paradoxe : ceux qui s’installent dans la tiédeur, ils sont cuits ! Comme je le disais hier aux prêtres, il existe une porte de sortie vers le haut, c’est la seconde conversion.

C’est pour cela que, chaque année, nous venons en retraite, c’est pour ne pas nous installer dans cette « moyenneté », c’est pour raviver le don que nous avons reçu au jour de l’imposition des mains selon l’expression que Paul utilisait quand il invitait son cher Timothée à sortir de sa moyenneté. Chers frères prêtres, ce que nous avons reçu comme grâces, veillons à ne pas nous les faire voler trop vite. Car, nous le savons, près de nous, rode Celui que j’aime appeler le voleur de grâces. Lui, il n’est pas très content de voir que le feu de l’enthousiasme brûle à nouveau dans nos cœurs, notre « moyenneté » lui convenait bien mieux. Alors, il fera tout pour nous faire croire que ce que nous avons vécu n’était qu’un feu de paille ; il fera tout pour nous suggérer que le Bon Dieu nous pardonne d’avance tous nos petits arrangements et nous faire revenir à une règle bien plus simple à mettre en œuvre : j’en prends, j’en laisse !

Pour autant, méfions-nous, ne cherchons pas le succès en rêvant d’une sainteté reconnue et admirée par tous. Dans la communauté du chemin neuf, ils ont une belle expression, ils disent que, souvent, nous rêvons de pouvoir descendre l’escalier de l’humilité, acclamés par une foule qui nous admire ! Ne rêvons jamais de succès car le diable nous le donnerait vite, c’est le cadeau qu’il aime faire à ceux qu’il veut mettre hors-jeu. C’est un peu ce que Jésus disait dans la 2° parabole de l’Evangile sur la graine de moutarde. Cette petite graine, quand elle grandit, elle ne devient pas un grand arbre comme le suggère Matthieu dans le passage parallèle, elle est juste la plus grande des plantes potagères, souligne Marc avec raison. Cette parabole n’est pas là pour nous dire que ce qui est semé petit deviendra extraordinairement grand, si on y croit !

Si Jésus avait voulu dire cela, il n’aurait pas parlé de la graine de moutarde, il aurait parlé d’une graine de cèdre qui est bien petite aussi, mais qui, en grandissant, produit le plus majestueux de tous les arbres de la région. Mais il a parlé d’une petite graine qui en grandissant donne encore quelque chose de petit. Le Seigneur ne nous demande donc pas d’épater la galerie, de faire la une des journaux, ou d’avoir le plus de followers possibles ! En disant que les oiseaux du ciel viendront faire leur nid dans cette plante potagère, Jésus nous redit que Dieu aime ce qui est petit et qu’avec les petits qui acceptent de rester petits, il est capable de faire des merveilles. 

Voilà tout ce que nous confions à votre prière chères sœurs, au moment où nous allons partir !

Prière pour une nouvelle Effusion du Saint-Esprit

Viens, Esprit Créateur, Viens éclairer l’âme des prêtres ici réunis

Emplis leurs cœurs de grâce et de lumière, 

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Viens Esprit-Saint, fais-toi le Défenseur de ces hommes qui ont donné leur vie

afin qu’ils ne soient jamais seuls pour se défendre 

contre les attaques de l’Adversaire. 

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Viens en eux Esprit-Saint, Toi qui es Amour, Feu, source vive,

Emplis-les de ta force et de la douceur de la grâce du Seigneur. 

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Donne-leur les sept dons de ton amour, 

Toi le doigt qui œuvres au Nom du Père,

Inspire leurs langues pour chanter les merveilles de Dieu. 

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Mets en eux ta clarté, embrase-les, 

et répands en leurs cœurs l’amour du Père. 

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Viens fortifier leurs corps quand ils seront dans la faiblesse, 

et renouvelle en eux de manière permanente ton inépuisable vigueur.  

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Chasse loin d’eux l’ennemi menaçant, Hâte-toi de leur donner la paix,

Qu’ils consentent à marcher sous ta conduite 

quel que soit le chemin qui s’ouvre devant eux. 

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Fais-leur voir le visage du Bon Père du ciel, 

Révèle-leur la proximité de Jésus,

Et toi l’Esprit commun qui les rassemble, 

établis ta demeure dans leurs cœurs. 

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Fais que leur foi reste toujours ardente 

afin qu’ils deviennent pasteurs selon le cœur du Seigneur 

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

Conduis-les à se blottir chaque jour

Sous le manteau de protection de la Vierge Marie, mère du Sacerdoce

Viens Esprit-Saint, renouvelle-moi !

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