10 mai : 6° dimanche pascal. L’esprit-Saint, un Défenseur hors-pair !

Jeudi, nous allons fêter l’Ascension, vous n’oublierez donc pas qu’il y aura comme un dimanche en plein milieu de la semaine ! Avec la fête de l’Ascension, nous entrerons dans la grande neuvaine de préparation à la fête de Pentecôte qui marquera la clôture du temps pascal. Ça sera un peu comme un sprint final, mais ceux qui pratiquent la course à pied savent qu’on ne peut pas se lancer dans un sprint sans échauffement. Eh bien, nous pouvons accueillir l’Evangile de ce dimanche comme un échauffement qui nous prépare au sprint final. En effet, vous aurez remarqué que l’Evangile d’aujourd’hui est entièrement articulé autour de la promesse du Saint-Esprit qui se trouve au cœur des paroles de Jésus qui nous dit : je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. Ces paroles, il est bon de préciser que Jésus les a prononcées dans ce qu’on appelle le dernier entretien avec les apôtres qui a eu lieu au cours du dernier repas, juste avant que Jésus ne parte pour le jardin de Gethsémani.

L’ambiance devait être un peu lourde car ils avaient tous bien compris que les jours de Jésus étaient comptés et ils devaient se demander ce qu’ils deviendraient sans Jésus. C’est pour répondre à cette crainte que Jésus leur promet l’Esprit-Saint en les assurant qu’il ne les abandonnerait pas, qu’il ne les laisserait pas orphelins. En leur promettant l’Esprit-Saint, il leur dit qu’il sera pour eux un autre Défenseur. Si Jésus utilise cette expression d’autre défenseur, il y a deux raisons.

  • 1° raison, le Saint-Esprit sera un autre défenseur parce que, jusqu’à maintenant, c’est lui qui les a défendus face aux attaques souvent agressives des responsables juifs, c’est lui qui montait au créneau pour les défendre. Sa mort se profilant, il ne sera plus là pour assurer cette défense, mais il promet que le Saint-Esprit s’en chargera parfaitement.
  • 2° raison, le Saint-Esprit sera un Défenseur parce que les apôtres vont connaître ce qu’a connu Jésus, une multitude d’attaques. C’est terrible, mais c’est une loi assez générale, ceux qui font du bien rencontrent beaucoup de problèmes. L’Adversaire s’y entend pour essayer de décourager ceux qui décident de faire du bien, de devenir inconditionnellement des semeurs d’amour. St Irénée, le grand évêque de Lyon avait cette très belle formule : Dieu a donné le Saint-Esprit à l’Église pour que là où nous avons un accusateur, nous ayons aussi un Défenseur. 

Nous pouvons graver ces paroles de la promesse de Jésus dans nos cœurs pour nous appuyer sur elles quand nous avons l’impression de nous retrouver un peu seuls, quand nous souffrons du fait que les choix que nous avons dû faire pour rester fidèles à notre foi nous isolent. Rappelons-nous que Jésus a dit : je ne vous laisserai pas seuls, je ne vous laisserai pas orphelins, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. Appuyons-nous sur cette promesse quand le découragement nous menace, quand l’adversité rencontrée nous fatigue et nous pousserait à baisser les bras. L’Esprit-Saint est notre Défenseur et le Seigneur a voulu nous le donner pour que là où nous avons un ou des accusateurs, nous ayons aussi un Défenseur. 

Seulement voilà, est-ce que nous croyons en cette puissance du Saint-Esprit ? Est-ce que nous l’appelons souvent à la rescousse quand nous perdons pied ? Ne répondez pas tout fort, mais combien d’entre vous adressent des prières directement à l’Esprit-Saint ? Nous disons parfois : Seigneur donne-moi ton Esprit, mais combien de fois, disons-nous : Esprit-Saint, agis en moi ; Esprit-Saint, je me livre à toi parce que, moi, je ne n’en peux plus … Oui, est-ce qu’il nous arrive de dire des prières directement adressées au Saint-Esprit ? Nous l’avons reçu à la confirmation, mais est-ce que nous le faisons travailler ? N’est-il pas trop souvent resté, pour trop de chrétiens, comme un cadeau pas encore vraiment déballé ? Lui, il ne demande que ça de nous aider, de nous défendre, mais, hélas, nous, nous ne le sollicitons pas ou si peu, en tout cas bien trop peu par rapport à tout ce qu’il pourrait nous apporter.

Pour terminer, je voudrais vous raconter cette histoire que j’aime bien raconter dans les retraites que je prêche et comme je pars cette après-midi prêcher une retraite, il est bien possible que je la raconte ! 

C’est l’histoire de 3 jeunes séminaristes qui vont à Paray-le-Monial vivre une session d’été et, là-bas, ils vont recevoir un beau renouvellement du Saint-Esprit, ce qu’on appelait l’effusion du Saint-Esprit. En rentrant, ils décident de saluer leur évêque pour lui partager ce qu’ils ont vécu ; coup de chance, il est à l’évêché ! Avec beaucoup d’enthousiasme, les séminaristes lui racontent ce qu’ils ont vécu et l’un d’entre eux, rempli d’audace, propose à l’évêque de se mettre à genou afin qu’ils puissent prier pour lui et qu’il vive lui aussi cette même expérience qui les a tellement remplis de joie.

L’évêque, un peu choqué par leur audace, leur explique que s’il y en a un ici qui a le St Esprit, c’est bien lui, puisqu’il est revêtu de la plénitude du sacerdoce donc il a reçu le St Esprit déjà au Baptême puis à sa confirmation, à son ordination de diacre, de prêtre et enfin d’évêque. Alors, quand même, c’est un peu hasardeux comme démarche de lui proposer cette expérience. Et le séminariste audacieux lui répond : Monseigneur, nous ne doutons pas un seul instant que vous ayez reçu le St Esprit, mais nous allons prier pour que ça se voit ! 

Mettons à profit ces 15 jours qui nous restent pour nous préparer à la Pentecôte afin que grandisse en nos cœurs le désir d’être renouvelé dans l’Esprit-Saint car nous l’avons reçu, mais ça serait bien que ça se voit ! C’est ce que nous demandons par l’intercession de Notre Dame de Laghet.

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