13 février : vendredi 5° semaine ordinaire. Salomon un roi qui a bien commencé et mal fini ! L’implication de Jésus pour qu’aucun de ceux que le Père lui a confié ne soit perdu.

La première lecture que nous avons entendue annonce la fin tragique et lamentable du règne du grand roi Salomon, elle annonce aussi l’un des grands drames qu’aura à vivre le peuple des hébreux. Regardons la succession des événements. Salomon, fils de David, a eu un début de règne extrêmement brillant. Il y avait eu cette parole que Dieu lui avait adressé : demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai. Et Salomon avait demandé l’essentiel, à savoir la Sagesse. Dieu lui avait répondu : puisque tu as su demander l’essentiel, tu auras la sagesse que tu as demandée et tu auras, en plus, tout ce que tu n’as pas demandé : la richesse, la puissance et la prospérité. De fait, Salomon était pourvu d’une grande sagesse et il avait aussi d’énormes moyens financiers qui lui permettront d’ailleurs de construire le Temple sans regarder à la dépense.

Mais voilà que Salomon s’est laissé griser par la réussite. En plus, pour sceller des alliances avec les pays voisins et accroitre sa puissance, il a pris de nombreuses femmes, dont la plupart était d’autres religions, elles le détourneront de Dieu, nous l’avons entendu hier. Alors, ce qui devait arriver arriva ! Ce n’est pas Dieu qui lui a retiré sa bénédiction, c’est lui qui s’en était détourné. Du coup la fin de règne de ce roi, pourtant si brillant, si pieux, promis à un si bel avenir, va devenir lamentable et tragique. La lecture que nous avons entendue, annonçait ce drame de la partition du Royaume, c’est le sens de ce geste symbolique de la déchirure de ce manteau en 12 morceaux et de la division ensuite qui donnera le Royaume du Nord et le Royaume du Sud, ces frères d’hier vont désormais se comporter en rivaux quand ce n’est pas en ennemis !

L’histoire de Salomon doit vraiment nous enseigner : il est l’exemple même d’une vie si bien commencée et si mal finie. Nous le savons, les mêmes causes produisent les mêmes effets ! Alors restons fidèles parce que nous le voyons bien, dès que Salomon s’est détourné de Dieu, sa vie a été une suite de dérapages qui l’ont conduit au fond d’un précipice bien peu reluisant. 

Venons-en à l’évangile dans lequel Jésus va faire éclater les frontières, ces murs que les hommes aiment tant construire pour mieux s’ignorer voire se détester. Jésus part, et c’est un choix délibéré, en Décapole, ce territoire païen enclavé dans le pays des hébreux. Jésus va en Décapole car il est venu pour tous les hommes. Et c’est là, en Décapole, qu’il va accomplir l’un des miracles dans lesquels il va le plus s’investir et cela en faveur d’un étranger. Il y aurait beaucoup à dire sur ce très beau récit, je souligne juste cette implication de Jésus. 

Vous aurez remarqué que, lorsque des personnes amènent cet homme sourd et mal-parlant vers Jésus, ils lui font une demande étrange : ils le supplient de poser LA main sur lui. C’est étrange parce que l’imposition des mains est un geste qu’on accomplit avec les deux mains. Là, ils demandent que Jésus impose seulement l’une de ses mains ! Est-ce qu’ils demandent un petit miracle vite fait ? Est-ce parce qu’ils sont païens qu’ils n’osent pas trop en demander ? Je ne sais pas ! En tout cas je constate que Jésus ne va pas faire du vite-fait et qu’il ne va pas se contenter d’une petite imposition d’une main !

C’est vraiment l’un des miracles dans lequel Jésus va le plus s’impliquer : « il l’emmène à l’écart, peut-être en le prenant par la main pour le rassurer, il lui met les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, il lui touche la langue. » Il faut vraiment mesurer ce que ça représente : vous mettez vos doigts dans vos oreilles pour vous gratter, par exemple, mais est-ce que vous le feriez facilement dans les oreilles des autres. C’est à moitié attirant ! Et la salive, cet échange de salive évoque manifestement un baiser. Et tout ça, c’est pour un étranger, un païen. Jésus va très loin, il va bien plus loin que ce qu’on lui avait demandé, il s’implique totalement comme pour bien montrer qu’il est venu pour sauver tous les hommes et qu’il est prêt à s’impliquer totalement.

Toutefois, si vous avez été attentifs, vous pourriez me dire : mais il ne montre rien puisqu’il fait tout ça à l’écart ! C’est vrai ! Mais, justement, ça a encore plus de portée, je vais essayer de vous le montrer et je m’arrêterai sur ce point. Jésus a voulu s’éloigner de la foule parce qu’il ne voulait pas en jeter plein la vue et surtout, chez ces païens où on était très attiré par le merveilleux. Peut-être auraient-ils été tentés de reproduire le rituel initié par Jésus en pensant que c’était magique. 

Jésus va à l’écart, mais il n’est pas seul, il a bien fallu qu’il y ait des témoins pour qu’ils puissent raconter ce qui s’est passé ! Ces témoins, ce sont les apôtres et c’est donc pour eux qu’il montre jusqu’où est allé son engagement en faveur des hommes, de tous les hommes, même des étrangers, des païens. C’est pour eux qu’il le fait afin qu’eux puissent nous le transmettre. Ne l’oublions jamais et impliquons-nous totalement dans notre mission surtout quand elle nous met en contact avec ceux qui sont loin de la foi.

Entendons aussi l’appel de Jésus qui nous dit : Effata, ouvre-toi ! C’est nous que Jésus veut aussi guérir aujourd’hui parce que nous sommes sourds, nous n’entendons pas son appel à une fraternité universelle et nous sommes si souvent mal-parlants quand nous parlons de Dieu en le faisant cautionner nos étroitesses. Et pour nous guérir, Jésus va encore s’impliquer totalement puisqu’il va, dans un instant, nous livrer son Corps.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons de graver toutes ces paroles dans nos cœurs afin que, jamais, nous ne partions, à la suite de Salomon, en dérapages incontrôlés dans nos vies et que nous puissions conduire à Jésus tous ceux qui, aujourd’hui, ont besoin d’être guéris.

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