12 août : mardi 19° semaine ordinaire : est-ce à nous de faire le taff ou à Dieu ?

Nous assistons aux derniers moments de la vie de Moïse qui s’apprête à passer la main à Josué, car Dieu lui a annoncé qu’il ne pourrait pas entrer en Terre Promise. Nous y reviendrons demain car, à 1° lecture, il y a comme une part de scandale dans cette décision que Dieu a prise privant Moïse de cette joie de pouvoir fouler le sol de la Terre Promise après ces 40 années de galère. Mais pour l’heure intéressons-nous à ce que Moïse dit à Josué pour le préparer à sa mission, sachant que pour l’essentiel, ces paroles, c’est le Seigneur qui les a transmises à Moïse pour qu’il puisse, à son tour, les transmettre à Josué. Quand on écoute attentivement, c’est étonnant, il y a comme un va-et-vient permanent entre ce que devra faire Josué et ce que devra faire Dieu. Une fois les actions à accomplir doivent l’être par Josué et juste après les mêmes actions, il est dit que c’est Dieu qui les accomplira !

Ecoutons Moïse qui transmet à Josué ce que le Seigneur lui a dit : Ce Jourdain, tu ne le passeras pas !” C’est le Seigneur votre Dieu qui passera devant vous ; il anéantira les nations que vous rencontrerez, et vous donnera leur territoire. Et c’est Josué qui passera le Jourdain à votre tête. Vous avez entendu la 1° fois il est dit que c’est Dieu qui passera devant et à la fin il est dit que ça sera Josué. On retrouve la même chose un peu plus loin, parlant de ceux qui occupent le pays et qui vont résister, Moïse dit : Le Seigneur vous les livrera, et vous les traiterez exactement comme je vous l’ai ordonné. Soyez forts et courageux, ne craignez pas, n’ayez pas peur devant eux. C’est le Seigneur qui va livrer, mais c’est bien le peuple des hébreux qui devra livrer bataille ! Evidemment il n’y a aucune contradiction dans ces paroles que l’on pourrait résumer ainsi : Dieu ne fera jamais rien sans nous et nous, nous ne réussirons jamais rien sans lui ! 

Vous connaissez peut-être cette maxime que l’on a attribuée à St Ignace alors qu’elle est d’un jésuite hongrois, peu importe l’auteur, l’essentiel est la maxime qui reprend le paradoxe que je vins de souligner : « Aie foi en Dieu comme si tout le succès des affaires dépendait de toi, en rien de Dieu. Cependant mets-toi à l’ouvrage comme si tu n’avais rien à faire, et Dieu tout. » Hélas, justement parce qu’elle dérange, cette maxime est souvent citée de manière erronée et on dit : « Aie foi en Dieu comme si tout dépendait de Dieu, et mets tout en œuvre comme si tout dépendait de toi. Ce qui reviendrait à dire : à chacun son boulot ! Dieu, là-haut, est Celui que nous prions, mais c’est à nous les humains de faire le boulot ! Donc on mène ses affaires, et on se démène autant qu’on peut et, en plus, on fait quelques prières pour réussir. 

Non, ce n’est pas ce que dit la maxime originelle : « Aie foi en Dieu comme si tout le succès des affaires dépendait de toi, en rien de Dieu. Cependant mets-toi à l’ouvrage comme si tu n’avais rien à faire, et Dieu tout. »  Ce qu’elle dit donc c’est que croire en Dieu n’enlève rien à notre responsabilité humaine. Au contraire, croire en Dieu, c’est croire que Dieu nous fait confiance. On pourrait presque traduire la première partie de la maxime par : « Aie foi en Dieu, parce que Dieu lui-même te fait confiance pour tes affaires. » Et dans la 2° partie, il y a un petit « comme » qui est intéressant : Cependant mets-toi à l’ouvrage comme si tu n’avais rien à faire, et Dieu tout. Commentant cela, une Xavière écrit : il ne s’agit pas de ne rien faire, de nous reposer paresseusement sur la Providence. C’est une attitude intérieure d’abandon à Dieu qui est requise, et qui s’articule avec la confiance que Dieu nous fait. Nous avons à nous souvenir que tout vient de Dieu, ce qui va nous permettre de vivre notre engagement sans crispation. L’abandon à Dieu n’est pas une démission de nos responsabilités, mais un « lâcher prise » confiant, qui nous donne de nous engager pleinement dans ce que nous faisons. C’est bien vu !

Venons-en à l’Evangile, composé de 2 parties. La 1° partie comporte une invitation à redevenir comme des enfants et la 2° partie nous fait entendre la parabole bien connue de la brebis perdue dans un troupeau de 100 !

1° partie, l’invitation à redevenir comme des enfants. Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas

pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Qu’ont-ils donc de si particulier, les enfants, pour que Jésus nous invite à réinitialiser notre logiciel de vie spirituelle pour redevenir comme eux ? 

On entend parfois dire que les enfants représentent l’innocence, la pureté, non, ce n’est pas vrai ! Même tout petit, un enfant est capable d’horribles caprices. Non, aux yeux de Jésus, la plus belle qualité d’un enfant, c’est la confiance.

Un enfant, il ne se lève pas le matin avec mille questions angoissantes : qu’est-ce qu’on va manger, est-ce que j’aurais assez d’argent, est-ce que j’arriverais à faire tout ce que j’ai à faire … ? Sa grande question, quand il se lève, c’est : à quoi je vais jouer ? Pour le reste, il fait entièrement confiance à ses parents ! Puisque ses parents l’aiment, il ne se fait pas de soucis ! Eh bien, voilà en quoi nous devons imiter les enfants, il ne s’agit pas, vous l’aurez compris de vivre dans l’insouciance, mais dans la confiance. Puisque Dieu est un Père très aimant, il prendra soin de nous, même si, comme je le disais dans le commentaire de la 1° lecture ça ne nous dispense pas de relever les manches et de faire notre part.

Dans la 2° partie, nous avons entendu la parabole de la brebis perdue, cette brebis appartenant à un troupeau de 100 ! Cette parabole, elle n’arrive pas à ce moment de l’Evangile comme un cheveu sur la soupe ! Elle vient justement nous dire pourquoi nous pouvons avoir totalement confiance en notre Père du ciel. Aucun homme ne fonctionnerait comme ce berger, osant laisser son troupeau de 99 brebis pour tenter d’en récupérer une qui s’est perdue. Eh bien, Dieu, lui, c’est comme ça qu’il agit ! Nous sommes tellement précieux à ses yeux que pour nous retrouver, quand nous nous sommes perdus, il est capable des pires folies, alors vivons dans une confiance absolue !

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons cette grâce de vivre toujours plus dans la confiance absolue à l’égard du Seigneur.

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