26 septembre : vendredi 25° semaine ordinaire : Courage et au travail, le Seigneur est avec nous !

Cette lecture du livre d’Aggée, je l’aime particulièrement, je l’aime tellement que j’ai un sweet sur lequel il y a l’une des paroles de ce texte : Courage et au travail, le Seigneur est avec nous ! Dans la lecture, la parole était un peu plus développée : à présent, courage, Zorobabel ! – oracle du Seigneur. Courage, Josué fils de Josédeq, grand prêtre ! Courage, tout le peuple du pays ! – oracle du Seigneur. Au travail ! Je suis avec vous ! Pour comprendre la force de cette parole, il est nécessaire de faire un peu d’histoire, cette histoire, je l’évoquais en début de semaine. Nous sommes au retour de l’Exil, un retour qui a été rendu possible car au roi Cyrus, roi de Perse qui avait repris la domination sur cette grande région aux Assyriens. Les Assyriens avaient été sans pitié pour les populations vaincues : ils les emmenaient en déportation, surtout l’élite de ces peuples. Et pour les juifs, ils avaient été encore plus durs puisqu’ils avaient totalement saccagé Jérusalem et entièrement détruit le Temple.

Quand Cyrus, ce roi païen, libère le peuple juif, il ordonne que, non seulement le peuple des déportés puisse rentrer mais qu’il puisse aussi reconstruire son temple. Et son humanité ne s’arrête pas là, il demande que l’on prenne sur les caisses de son état pour permettre cette reconstruction. Son successeur, le roi Darius, continuera à exercer le pouvoir avec cette même bienveillance. Seulement voilà, le roi finançait, ce qui était déjà extraordinaire, mais il ne fournissait pas la main d’œuvre, ce qui était bin normal. Or que font les exilés quand ils rentrent ? Nous l’avons entendu dans la lecture d’hier : ils reconstruisent leurs propres maisons qui avaient été détruites ou occupées. Et ils osent justifier ce choix en disant : ce n’est encore pas le temps favorable pour reconstruire le Temple, il faut commencer par la priorité des priorités : nos maisons ! Dieu a envoyé le prophète Aggée pour secouer le peuple en leur demandant de ne pas inverser les priorités. Des siècles plus tard, Jeanne d’Arc aimait dire : Messire Dieu, premier servi !

Le peuple a-t-il, par la suite, répondu avec enthousiasme, rejoignant dare-dare le chantier du Temple ? Il semble bien que non, la preuve se trouve dans le texte d’aujourd’hui. Remarquez, ils ont des circonstances atténuantes : quand vous arrivez sur un champ de ruines, vous ne savez pas par où commencer et l’ampleur de la tâche est telle qu’elle risque de décourager même les plus valeureux. Une nouvelle fois, Dieu va donc envoyer Aggée pour les secouer et les appeler au courage. Et c’est donc là que se situe la parole que je citais au début. Vous avez vu qu’elle s’adresse à deux personnes et à une catégorie de personnes. 

  • C’est Zorobabel qui est mentionné en premier, il avait été choisi comme gouverneur par le roi de Perse. C’est donc comme si Aggée lui disait : tu n’as pas été mis à la tête du peuple uniquement pour en retirer de la gloire et des avantages, tu dois te mettre au travail avec courage pour mettre en œuvre ce que le roi a ordonné. 
  • Ensuite, il s’adresse à Josué, c’était le grand-prêtre qui avait été nommé. Il semble qu’avant même que le chantier ne démarre, l’autel des sacrifices avait été remis en place. Pour le grand-prêtre, ça lui suffisait, avec le groupe des prêtres qu’il dirigeait, ils pouvaient offrir les sacrifices, c’était déjà bien. Tant pis si les sacrifices étaient offerts au milieu des gravats ! Non, dit Aggée, au nom du Seigneur ! Tu dois, toi aussi, avec les prêtres relever les manches ! Ce que vous faites n’est pas digne de Dieu.
  • Enfin, c’est au peuple que s’adresse Aggée. Parce qu’il va falloir que tout le monde s’y mette pour relever le défi. Là encore, bien des siècles après, constatant l’ampleur du chantier que constitue la restauration de l’Eglise avec un grand E, Jean-Paul II aura cette merveilleuse formule : il n’est permis à personne de rester à ne rien faire !

J’aime cette parole d’Aggée parce qu’elle affirme trois réalités essentielles qui nous rejoignent directement aujourd’hui nous qui voulons travailler pour que l’Eglise avec un grand E ne devienne jamais un champ de ruines. La 1° réalité affirmée, c’est qu’il faudra du courage. La paresse est l’un des péchés les plus terribles. La 2° réalité affirmée, c’est qu’il faudra que tout le monde se mette au travail. Il ne s’agit pas de s’agiter, mais chacun, à la place qui est la sienne, avec les charismes qui lui ont été donnés devra se mettre au travail.

Enfin, la dernière réalité affirmée c’est que le Seigneur est avec nous. Nous connaissons la parole du psaume : si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain. Oui, il faudra relever les manches ; oui, il faudra se donner et sans doute transpirer. Mais rien ne pourra se faire de solide et de durable sans compter sur le Seigneur, sur sa grâce qui nous donnera la force de ne jamais nous décourager devant l’ampleur de la tâche et qui guidera nos actions pour que nous n’ayons jamais la tentation de travailler à notre propre compte, pour notre propre renommée. La Tradition de l’Eglise a toujours affirmé qu’il nous fallait travailler « ad majorem Dei Gloriam » pour la plus grande gloire ; il n’est pas rare d’ailleurs de voir cette formule résumée sur des œuvres d’art, sur des plaques par ses initiales : AMDG. Cette formule deviendra comme la devise des jésuites. Nous pouvons aussi la faire nôtre, aujourd’hui, en intégrant l’appel vigoureux d’Aggée : courage et au travail, le Seigneur est avec nous !

Renons du temps, peut-être de manière particulière devant le Saint-Sacrement, pour répondre à la question que Jésus posait à ses disciples : pour vous, pour toi, qui suis-je ? Que le Saint-Esprit nous inspire, après une réponse personnelle de pouvoir rajouter : Tu es celui qui me donne courage pour me mettre, me remettre sans cesse au travail, tu es Celui qui travaille avec moi, mais qui ne travaille jamais sans moi. Par l’intercession de Notre Dame de Laghet demandons aussi que la grâce nous soit donnée de ne jamais travailler sans lui !

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