20 décembre : Ne rêvez-vous pas d’avoir, comme Marie, un ange qui vienne vous voir ?

Ne vous est-il jamais arrivé de penser que Marie a quand même eu bien de la chance ? C’est, vrai, c’est quand même plus simple de croire quand vous avez un ange qui vient, directement de la part de Dieu, pour vous dire ce qu’il attend de vous ! Nous, nous n’avons pas cette même chance, par exemple, quand il nous faut prendre de grandes décisions. Tout au long de nos vies, nous avons des choix engageants à faire qui sont souvent des choix crucifiants car choisir, c’est renoncer et renoncer ce n’est jamais simple. Or pour faire ces choix, nous n’avons pas d’ange qui vienne nous éclairer directement. Oh, on ne serait pas difficile, on n’irait pas jusqu’à demander l’archange Gabriel, non, on se contenterait même d’un ange en apprentissage ! Mais c’est vrai que ça serait tellement plus simple d’avoir un ange qui vienne nous dire ce qu’il faut faire, où se trouve le chemin qui nous permettra de répondre au mieux à la volonté de Dieu. C’est pour cela que nous en arrivons à penser que Marie a eu de la chance !

Permettez-moi de faire deux remarques, la première assez courte et l’autre un peu plus longue !

1° remarque : C’était quand même normal que pour demander à Marie si elle voulait être la mère de son Fils, Dieu utilise les grands moyens. Car vous savez que, dans la Bible, lorsqu’un ange parle, c’est comme si c’était Dieu lui-même qui parle. Oui, c’était normal que pour formuler cette demande, un ange et pas n’importe quel ange, l’un des meilleurs, Gabriel, vienne trouver Marie. Vous croyez qu’elle aurait pu prendre la demande au sérieux si elle avait reçu un SMS qui disait : Choisie pour être la Mère du Fils de Dieu, réponse immédiate demandée ! Je pense qu’elle aurait répondu comme les jeunes répondent souvent aujourd’hui : MDR, je traduis pour ceux qui n’ont pas fait « jeune » 1° langue : mort de rire ! Redevenons sérieux, il fallait vraiment qu’un ange vienne pour une telle demande !

2° remarque : avez-vous été attentifs à la manière dont se terminait le texte qui nous rapporte l’apparition de l’ange Gabriel et son annonce à Marie ? Le texte se terminait par ces mots : « alors l’ange la quitta. » Et ce n’est pas un départ provisoire jusqu’à la prochaine apparition, c’est fini, l’ange la quitta, c’est-à-dire que Marie n’aura plus jamais d’ange qui viendra lui dire ce qu’elle doit faire, lui expliquer comment elle doit vivre tel et tel événement. Plus jamais d’ange pour lui dire comment ça va se passer et que tout finira bien. L’ange la quitta et c’est définitif. Pour que nous réalisions ce que ça veut dire concrètement, permettez-moi de citer quelques situations où Marie aurait sans doute aimé avoir un ange qui vienne lui expliquer ce qui était en train de se passer.

  • Quand elle comprend qu’elle devra faire ce long chemin vers Bethléem alors que les jours de son accouchement approchent, pas d’ange pour lui dire que ça va bien se passer. 
  • Quand elle accouche, au milieu des animaux, dans des conditions d’asepsie limites, pas d’ange pour lui dire que ni elle, ni l’enfant ne risquent d’attraper de terribles maladies. 
  • Quelques jours après cet accouchement rocambolesque, quand il faut fuir en Egypte, y rester un temps certain en vivant la difficile condition des réfugiés, pas d’ange pour la rassurer. 
  • Quand le jeune Jésus reste introuvable pendant 3 jours, au cours du pèlerinage fait à Jérusalem pour ses 12 ans, pas d’ange pour lui dire qu’elle ne doit pas se faire de souci. 
  • Quand elle le retrouve et qu’au lieu de se confondre en excuses, le jeune Jésus dit qu’il lui fallait bien être aux affaires de son Père et qu’il leur demande, en plus, pourquoi ils l’ont cherché de partout, pas d’ange qui fait la traduction simultanée pour qu’elle puisse comprendre sans être blessée. 
  • Quand il reste 30 ans à la maison vivant sa période Tanguy, en référence au film bien connu, pas d’ange qui lui dit : tout est prévu, il finira par partir pour accomplir sa mission !
  • Quand elle voit que pour accomplir cette si grande mission, il s’entoure d’une bande d’apôtres pas très fiables, pas d’ange pour lui dire que ça va quand même marcher !
  • Quand il est arrêté, jugé, flagellé, mis en croix et qu’il meure, toujours pas d’ange pour lui dire que Dieu reste aux commandes et que ce n’est pas la fin.
  • Quand après la Pentecôte, les apôtres partent en mission et que, progressivement, ils finissent tous par être éliminés en mourant martyrs, pas d’ange pour lui dire que l’Eglise pourra quand même continuer et ne sera jamais détruite.

Tout comme nous, Marie aurait sûrement aimé avoir un ange pour lui expliquer les tenants et les aboutissants de ce qu’elle était en train de vivre, surtout quand ce qu’elle vivait, était si difficile. Le Concile Vatican II a eu une très belle expression pour définir ce que fut la vie de Marie, il a parlé d’un pèlerinage dans la foi ; cette expression rend bien compte qu’il n’y a plus eu d’ange pour tout lui expliquer et que, comme nous, elle n’a eu que la foi, comme seule ressource pour faire face. 

Au début, je disais qu’il pouvait nous arriver de penser que Marie a eu de la chance d’avoir reçu la visite de l’ange Gabriel … mais vous voyez que pour l’essentiel de sa vie Marie aura été comme nous. C’est-à-dire qu’il lui a fallu vivre dans la foi, dans la confiance, en croyant, même si ça ne se voyait pas, que Dieu savait ce qu’il faisait et où il la conduisait. Certes, elle, elle était sans péché, mais elle n’était pas pour autant dans la claire vision.

Et, voyez-vous, c’est pour cela qu’il nous est bon de prier Marie, non pas parce qu’elle serait une espèce de demi-dieu, mais parce qu’elle est un modèle de Foi. C’est ce qu’exprime cette si belle expression du concile Vatican II quand il parle de la vie de Marie comme d’un pèlerinage dans la foi. Quand le chemin devient difficile pour nous, quand les ténèbres du doute s’épaississent, quand nous ne savons plus bien ce qu’il faut faire, où il faut aller, nous pouvons prier Marie en l’invoquant comme la Mère de la foi courageuse et audacieuse. Demandons, par l’intercession de Notre Dame de Laghet, cette double grâce de confiance et de persévérance quand le chemin devient difficile.

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