25 janvier : 3° dimanche du temps ordinaire : veux-tu aider Jésus à faire briller la lumière de l’espérance ?

Régulièrement, il y a des lancements de fusée qui sont retardés parce que, comme on le dit aujourd’hui, la fenêtre météo n’est pas favorable. D’autres fois ce sont des navigateurs qui partent pour battre un record qui sont obligés de retarder leur départ pour ne pas prendre du retard dès le début … et c’est toujours à cause de cette fameuse fenêtre météo défavorable. On peut dire que, lui aussi, Jésus avait une fenêtre météo particulièrement défavorable pour commencer son ministère. Vous avez entendu le début de l’Evangile qui disait : Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il quitta Nazareth. Oui, la fenêtre météo n’était pas très favorable, avec l’arrestation de Jean-Baptiste, on comprend que ça chauffait pour les prophètes ! Jésus avait attendu 30 ans à Nazareth, vivant cette si longue vie cachée, il aurait pu attendre encore quelques semaines et même quelques mois pour espérer une fenêtre météo plus favorable. Ce n’est pas le cas, d’ailleurs on a l’impression que, pour lui, l’arrestation de Jean-Baptiste est ce qui déclenche le début de sa mission, c’est presque le signe qu’il attendait pour enfin quitter Nazareth. Contrairement aux apparences, pour Jésus, la fenêtre météo est donc totalement favorable. Comment comprendre ce paradoxe ?

Ce qui nous permet de comprendre, c’est la citation du prophète Isaïe qui était au cœur de cet Evangile, citation qui reprenait une partie de la 1° lecture. Nous, en entendant cette citation, on se demande ce qu’elle vient faire là, ce qu’elle apporte ; je la relis : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. Zabulon et Nephtali, ce sont les noms de deux des 12 tribus d’Israël et vous savez que chacune des tribus a reçu un morceau de territoire. Nephtali, son territoire était au Nord-Ouest, juste sous le Liban actuel et Zabulon avait le territoire juste en-dessous et ces deux territoires formaient ce qu’on appelle la Galilée, la Transjordanie, qui est aussi évoquée, à l’époque c’était également au Nord. En quoi ces détails géographiques nous intéressent-ils ?

Eh bien parce qu’ils renvoient à une période douloureuse de l’histoire. Le roi David avait réussi à unifier le pays, chacune des 12 tribus avait renoncé à son autonomie pour former un grand pays. Mais ça n’a pas duré, à la mort de Salomon, le fils de David, il va y avoir une partition du pays en 2 : Royaume du Nord avec Samarie comme capitale qui avait 2/3 du territoire environ et Royaume du Sud avec Jérusalem comme capitale et 1/3 du territoire. Très vite, en raison de choix politique désastreux, le Royaume du Nord va être envahi et les 3 premiers territoires a être occupés seront : Zabulon, Nephtali, c’est-à-dire la Galilée et la Transjordanie. Vous comprenez pourquoi Isaïe disait que ces territoires ont été couverts de honte ; ils ont payé cher leur désir de reprendre leur indépendance par rapport à Jérusalem. Le Nord du pays restera marqué par cette époque comme une terre de souffrance et une terre où il y a eu un grand brassage de population, les envahisseurs avaient fait des enfants aux femmes juives. Mais Isaïe annonçait que viendrait le temps où la honte des ces pays serait lavée et que la lumière pourrait à nouveau briller sur ce territoire.

Avec ces renseignements, nous pouvons revenir à l’Evangile. Le fait que Jésus ait choisi de commencer son ministère dans cette partie du pays et que l’Evangéliste Matthieu rappelle la prophétie d’Isaïe montre bien que Jésus a voulu manifester qu’il était venu apporter la libération à tous ceux qui étaient comme enchainés par une histoire douloureuse et que cette libération, il l’offrira aussi à tous les pauvres, les exclus, les malades enchainés par leur propre histoire si douloureuse. Du coup, l’arrestation de Jean-Baptiste est comme le signal déclencheur qui lui montre que c’est le moment favorable. En plus de l’occupation romaine difficile à encaisser, Hérode qui a la main sur le pays et qui est manipulé par sa femme, risque de désespérer tout le monde avec ses décisions tyranniques comme l’arrestation puis l’exécution de Jean-Baptiste. Il est grand temps que la lumière de l’espérance vienne briller au milieu de ces ténèbres désespérantes qui sont en train d’envahir le pays. Il est donc grand temps que Jésus sorte et qu’il commence sa mission de libération. Seulement cette mission est tellement vaste qu’il lui faut tout de suite appeler des disciples à qui il demande : veux-tu m’aider à faire briller la lumière de l’espérance dans la nuit de tant d’hommes et de femmes accablés ?

Si j’insiste tant, vous l’aurez deviné, c’est en raison des similitudes avec la situation actuelle. J’entends de plus en plus de gens me dire : je ne regarde plus les informations à la télé, c’est trop désespérant … et c’est bien vrai ! Oui, comment dormir tranquillement après avoir eu sous les yeux tous ces conflits, ces guerres, l’égo des politiciens se souciant souvent trop peu du bien commun, les choix de plus en plus égoïstes des pays riches, la pauvreté qui s’intensifie quand la fortune des milliardaires ne cesse d’augmenter ? Seulement voilà, le fait de ne pas allumer sa télé ne change rien à la situation qui reste tout aussi désespérante ! Et vous connaissez le proverbe qui dit : plutôt que de maudire la nuit, il vaut mieux allumer une lumière ! C’est ce que Dieu a fait en envoyant Jésus et le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Pour que la lumière se propage plus vite et puisse l’emporter sur les ténèbres, Jésus a choisi des apôtres pour partager avec eux cette mission.

Aujourd’hui encore, le Seigneur aimerait envoyer des milliers de lumières là où les ténèbres deviennent trop désespérantes et c’est pour cela qu’il ne cesse d’appeler. Mais hélas, nous sommes confrontés à la crise des vocations, alors bien sûr, il n’a pas que les prêtres et les religieux-religieuses qui peuvent allumer la lumière de l’espérance mais ils y contribuent fortement et permettent à l’Eucharistie d’être célébrée pour alimenter le courage et la force de ceux qui veulent relever le défi, ils les portent aussi dans leur prière fidèle. Pourquoi cette crise des vocations à ce moment si précis où nous en aurions tant besoin ? 

C’est vrai qu’il y a une part de mystère mais, permettez-moi de dire que nous avons aussi notre responsabilité. Hier, c’était le pèlerinage diocésain des vocations, il y en a deux par an. Combien étions-nous ? Une vingtaine ! Tout le monde veut un prêtre dans sa paroisse, tout le monde veut trouver un prêtre disponible quand il vient au sanctuaire, tout le monde aimerait avoir une communauté religieuse sur son territoire et quand l’évêque propose de venir prier, supplier le Seigneur, 20 personnes se bougent pour l’ensemble du diocèse … peut-être avons-nous, là, une partie de l’explication du problème ! Je ne veux pas vous culpabiliser, simplement vous aider à prendre conscience que nous avons une belle marge de progression ! Le prochain pèlerinage des vocations aura lieu le 25 avril, ici, notez-le déjà si vous ne voulez pas que le 26 avril j’embouche la même trompette !

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet demandons vraiment au Seigneur qu’il nous envoie tous ceux et toutes celles qui, par leur oui courageux et confiant, feront reculer les ténèbres qui semblent gagner bien du terrain. Que, sur tous les hommes, qui sont épuisés par ce poids oppressant des ténèbres, puisse se lever la lumière de la présence du Seigneur. Veux-tu porter cette lumière ?

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