16 mai : samedi 6° semaine pascale : Apollos et ses enseignements déprimants … comme le sont trop d’enseignements ! Les schtroumpfs et la prière de demande !

J’aime beaucoup cette histoire d’Apollos que nous avons entendue dans la 1° lecture. Voilà un homme plutôt sympa et généreux : les détails qui nous sont donnés sur son engagement ne laissent aucun doute à ce sujet. Pourtant, il y a quelque chose qui cloche dans sa vie, d’ailleurs Priscille et Aquila s’en rendent compte tout de suite. Priscille et Aquila, c’était un couple de collaborateurs de Paul dans l’Evangélisation. Ils écoutent Apollos et immédiatement, ils se rendent compte que cet homme généreux et intelligent de surcroit, quand il parle, ça va pas, c’est pas ajusté. Alors, ils vont le voir pour parler avec lui. Belle réaction de la part de Priscille et Aquila qui ne critiquent pas Apollos par derrière mais qui vont le voir pour essayer de comprendre d’où vient le problème et voir comment ce problème pourrait être réglé.

Assez vite, ils identifient le problème : comme baptême, Apollos ne connaissait que le baptême de Jean-Baptiste. Pourquoi c’était un problème ? Eh bien le baptême de Jean-Baptiste, c’était juste une démarche qui marquait le désir d’un pécheur de se convertir. Sur les bords du Jourdain où il prêchait, Jean-Baptiste avait des enseignements vigoureux, du coup, ceux qui l’écoutaient comprenaient qu’il leur fallait se convertir. Après avoir prêché, Jean-Baptiste descendait dans le Jourdain et proposait à tous ceux qui étaient décidés à s’engager dans une démarche de conversion de le rejoindre. Il les plongeait dans l’eau, d’où le nom de baptême, car, en grec, baptizein, ça veut dire « plonger ». En gros, il leur faisait boire la tasse, comme pour signifier que leurs mauvaises habitudes, leurs péchés avaient été noyés. Ok, mais où est le problème ?

Eh bien, le problème, c’est qu’en ressortant, vous aviez compris qu’il fallait changer de vie, mais vous n’aviez pas reçu la force de le faire ! En faisant cette démarche, vous aviez signifié devant tout le monde que vous vouliez changer de vie et c’est très beau, mais entre vouloir et pouvoir, il y a un véritable fossé ! Et ce fossé, il est merveilleusement illustré par cette parole de St Paul dans l’épitre aux Romains (7,19) que j’ai déjà souvent citée : le bien que je voudrais faire, je ne le fais pas assez souvent et le mal que je ne voudrais pas faire je le fais trop souvent !

Alors, Apollos qui ne connaissait que le Baptême de Jean-Baptiste, son discours devait ressembler à un certain nombre de discours déprimants qu’on entend dans les églises : mes frères, faites des efforts, faites-en toujours plus ! Je me rappelle cette réflexion qui m’avait été faite quand j’étais jeune prêtre, une amie m’avait dit : tes homélies sont parfaitement déprimantes parce que tu nous dis tout ce qu’il faut faire, mais tu ne nous dis jamais où on peut trouver la force de la faire ! 

Eh bien, les enseignements d’Apollos, ils devaient être du même genre ! Alord, très fraternellement Priscille et Aquila ont dû reprendre Apollos pour parfaire sa formation et sûrement qu’ils lui ont parlé du Saint-Esprit parce que c’est lui qui nous permet de ne pas chanter éternellement comme des déprimés : j’voudrais bien, mais j’peux point ! C’est aussi ce qu’a fait cette amie pour moi, c’est grâce à elle que j’ai découvert la puissance du Saint-Esprit. Oh, je le connaissais théologiquement, bien sûr, mais je n’avais pas vraiment fait l’expérience de sa douce puissance. Du coup, j’espère que mes homélies sont moins déprimantes comme ont dû l’être celles d’Apollos !

Quelques mots sur l’Evangile. Comme il ne me reste pas beaucoup de temps, je ne commente que la 1° partie de l’Evangile dans laquelle Jésus dit : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. Dans un autre passage d’Evangile, en Matthieu 7,7, Jésus dit quelque chose de semblable : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Mais nous, quand on entend ça, on a tous envie de dire : mon œil ! Parce qu’on a tous des expériences douloureuses de prières non-exaucées et pourtant importantes : on a prié pour la guérison d’une maman, elle est morte, laissant un mari et de jeunes enfants désemparés … et tant d’autres situations. Alors : demandez, on vous donnera, on a envie de dire : mon œil !

En fait, il faut bien écouter ce que Jésus dit, c’est : demandez et on vous donnera, mais il n’a pas rajouté et on vous donnera ce que vous aviez demandé ! Il a juste dit : et on vous donnera ! 

C’est-à-dire que ce que Jésus nous assure, c’est que lorsqu’on a demandé, Dieu ne reste pas sourd, il donne toujours. Mais nous, nous sommes uniquement focalisés sur ce que nous avons demandé et que nous souhaitons absolument recevoir … et ça peut être très légitime d’espérer le recevoir ; alors si nous ne le recevons pas, nous devenons incapables de voir que dieu a vraiment donné, mais donné autre chose. Pour bien me faire comprendre, je voudrais raconter cette histoire de schtroumpfs que j’avais lue.

On explique à un schtroumpf que s’il plante un gland, il poussera un chêne. Très étonné de cette annonce, notre schtroumpf plante un gland et s’assied devant le trou qu’il vient de faire en espérant voir pousser le chêne. Le dessinateur montre que les 4 saisons passent et on voit notre schtroumpf se lever, complètement dépité, en disant : ça ne schtroumpfe pas ! Or quand il se retourne, il voit un petit chêne qui avait commencé à pousser, mais derrière lui. Et là, le dessinateur nous montre que le gland planté dans le trou a fait des racines qui ont contourné le schtroumpf pour pousser derrière lui. Il avait pensé que ça ne marchait pas parce que le chêne n’avait pas poussé là où lui avait décidé qu’il devait pousser. Il était tellement obnubilé par son propre projet qu’il était incapable de rester ouvert et accueillant à l’inattendu.

Ne soyons pas comme ce schtroumpf, quand nous ne recevons pas ce que nous avons demandé, ne disons pas trop vite : ça ne schtroumpfe pas ! Faisons confiance à la parole de Jésus qui nous dit : Demandez, on vous donnera. Ouvrons grand les yeux quand nous avons demandé pour voir ce que Dieu a donné et accueillons-le avec gratitude même si c’est loin de ce que nous avions demandé.

Cette publication a un commentaire

  1. Wilhelm richard

    En espérant que toutes les jeunes Schtroumpfettes qui vous ont entendu toute la semaine continueront à voir la vie en bleu et qu’elles feront concurrence à Schtroumpf joyeux et non à Schtroumpf grincheux…..

    J’attends par ailleurs la prochaine homélie avec Gaston Lagaffe….

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