Je vous laisserai le soin de méditer, seuls, l’Evangile en demandant la grâce de ne pas devenir, vis-à-vis du Seigneur, comme des enfants boudeurs qui ne peuvent jamais être dans la joie de la gratitude car ils sont perpétuellement insatisfaits de ce qu’on leur propose !
Je veux plus m’attarder sur la 1° lecture. Vous avez entendu le début qui disait : Frères, vous qui recherchez avec ardeur les dons les plus grands, je vais vous indiquer le chemin par excellence. En s’adressant aux Corinthiens, Paul reconnait qu’ils ont une très grande soif spirituelle. Mais il veut les mettre en garde en les prévenant que cette recherche sera bonne seulement si elle est bien orientée. En effet, à Corinthe, il y avait un grand brassage de religions et chacune promettait une expérience spirituelle plus forte que l’autre ! Certains couraient donc d’un temple à l’autre pour essayer ce qui marchera le mieux. Dans cette page, Paul explique que toute expérience spirituelle vécue en dehors de l’amour est vaine. Pour être sûr de bien être compris, il va énumérer un certain nombre de prouesses et, à chaque fois, il ajoutera : sans l’amour, cette prouesse, c’est du vent !
Ainsi donc, on comprend vite que l’expérience la plus exceptionnelle, le don le plus exceptionnel, c’est l’amour. Mais le mot amour peut tellement être dévoyé que Paul va s’empresser de dire de quel amour il parle. Et c’est ainsi qu’il va décliner 16 qualités de l’amour, je les ai comptées ! Merveilleux ! Oui, mais en même temps, cette énumération est un peu déprimante ! En effet, qui oserait prétendre qu’il aime en permanence avec ses 16 qualités de l’amour ? Oui, c’est déprimant si nous imaginons que Paul nous invite à faire des efforts, toujours plus d’efforts pour parvenir à cet amour.
Par contre, ça peut devenir extraordinaire si nous arrivons à décrypter que derrière ce portrait de l’amour avec ses 16 qualités, c’est le portrait de Jésus que Paul a brossé. A chaque fois qu’il y a le mot amour, vous pouvez le remplacer par Jésus. Ainsi, au lieu de dire : L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas etc… Dites : Jésus prend patience ; Jésus rend service ; Jésus ne jalouse pas … Parfois on regrette qu’aucun artiste n’ait eu l’idée de peindre le portrait de Jésus, mais dire cela, c’est oublier qu’il y a deux portraits absolument authentiques de Jésus dans les Evangiles qui nous permettent de le voir tel qu’il était : c’est le portait que brosse St Matthieu dans les Béatitudes et le portait que brosse Paul justement dans cette hymne à l’amour.
Dire cela, c’est donc indiquer un chemin extrêmement sûr pour parvenir peu à peu à vivre au quotidien un amour qui ait ces 16 qualités : il suffit de prendre Jésus chez nous, dans notre cœur, de le laisser déployer son amour en nous pour que nous en devenions capables. Plus je resterai uni à Jésus et plus l’amour qu’il déploiera dans mon cœur me permettra de m’approcher de cet amour aux 16 qualités, plus je m’éloignerai de Jésus, plus je compterai uniquement sur moi et mes efforts pour aimer et plus les qualités de mon amour vont diminuer.
Aujourd’hui, particulièrement dans cette Eucharistie, comme dans toutes les Eucharisties, Jésus nous demande : veux-tu m’accueillir dans ton cœur ? Veux-tu me laisser déployer mon amour dans ton cœur pour que tu puisses aimer d’un amour toujours plus grand, toujours plus fort ? A cette invitation de Jésus ne répondons pas à la manière de ces gamins dont Jésus fustige l’attitude dans l’Evangile ; ils ne sont jamais d’accord avec ce qu’on leur propose ! Répondons sans tarder et avec enthousiasme à cette invitation de Jésus qui veut, par sa présence en nos cœurs nous ouvrir la voie du grand amour. C’est la grâce que nous demandons par l’intercession de Notre Dame de Laghet.
