11 janvier : fête du Baptême de Jésus … en faisant ce qu’il n’était pas obligé de faire, Jésus permet au ciel de s’ouvrir !

Parmi toutes les paroles du Saint Curé d’Ars que j’aime citer, il y en a une qui me plait particulièrement en raison de sa simplicité et de sa profonde vérité, c’est la suivante : « on reconnait les amis du Bon Dieu au fait qu’ils font ce qu’ils ne seraient pas obligés de faire ! » Et cette parole, elle illustre de manière magnifique la fête du Baptême de Jésus que nous célébrons aujourd’hui. Jésus n’avait pas besoin d’être baptisé par Jean et Jean l’a très bien compris, il le lui fait d’ailleurs remarquer. En effet, le baptême que Jean donnait dans les eaux du Jourdain était un baptême symbolique. Celui qui avait compris qu’il devait se convertir en renonçant à ses péchés et qui était prêt à le faire, venait auprès de Jean et Jean l’immergeait dans le Jourdain comme pour noyer symboliquement ses péchés. Or, bien évidemment, Jésus n’avait pas de péché, il n’avait donc pas besoin de ce baptême ! C’est pour cela que Jean va essayer, de manière assez vigoureuse, de l’en empêcher. Oui, mais Jésus, lui, il a quand même voulu vivre cette démarche, et il a même voulu que ce soit le premier signe de son ministère. C’est quand il sort des 30 ans de vie cachée, qu’il fait immédiatement cette démarche qui inaugure donc son ministère public. C’est dire s’il donne à cette démarche une portée très grande.

Pourquoi a-t-il voulu vivre cette démarche ? Il me semble qu’il y a deux raisons essentielles qui illustreront la parole du curé d’Ars que je citais : « on reconnait les amis du Bon Dieu au fait qu’ils font ce qu’ils ne seraient pas obligés de faire ! »

Pour comprendre la 1° raison : Il faut essayer de visualiser la scène. St Ignace de Loyola propose toujours ce genre de méditation aux retraitants. Il explique que pour mieux entrer dans la signification du texte, pour nous, aujourd’hui, il est bon d’effectuer cet exercice qui consiste à essayer d’imaginer la scène. Si vous le faites, vous verrez sûrement une longue file, comme au supermarché les veilles de fête, et Jésus qui arrive, qui prend sa place sans revendiquer de passe-droit en disant : je suis le cousin du Baptiste et je suis même bien plus encore ! Il prend sa place, il y a du monde devant lui et d’autres personnes qui arrivent après lui et lui, il est là, au milieu ! 

Oui, mais au milieu de qui ? Eh bien au milieu des pécheurs puisque ceux qui venaient vers Jean, comme je le disais, c’étaient ceux qui reconnaissaient qu’ils devaient se convertir et renoncer à leurs péchés. Tout est dit dans cette scène, quand on se met à la visualiser ; c’est toute la mission de Jésus qui est ainsi résumée, c’est tout ce que sera son ministère qui est ainsi annoncé : lui, le juste, il se tiendra résolument au milieu des pécheurs, il ira chercher les pécheurs pour leur apporter le Salut. Car Dieu l’a envoyé dans le monde pour cela : chercher et sauver ceux qui étaient perdus (Lc 19,10) avec la consigne supplémentaire, parce que c’est la volonté du Père, de n’en perdre aucun (Jn 6,39) ! C’est donc bien vrai : « on reconnait les amis du Bon Dieu au fait qu’ils font ce qu’ils ne seraient pas obligés de faire ! » En accomplissant ce qu’il n’était pas obligé de faire, Jésus a manifesté l’amour du cœur du Père qui l’a envoyé.

La 2° raison est tout aussi fondamentale. Par cette démarche, Jésus voulait que puisse retentir la voix du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. » Si on s’en tient à ce que disent les 3 évangiles synoptique, Jésus, seul a vu les yeux s’ouvrir et l’Esprit-Saint descendre sur lui, en revanche la voix semble bien avoir retenti pour que, tous ceux qui étaient là, puissent l’entendre. Je reconnais que c’est peut-être difficile à croire, mais vous savez, à partir du moment où Dieu a pu devenir homme en naissant d’une vierge, il n’y a plus rien qui puisse nous étonner !

Et pourquoi donc, Jésus a voulu que cette voix puisse retentir pour tous ? Eh bien, parce que cette parole, il ne l’accueille pas comme un privilège dont lui seul serait le destinataire. Il n’a pas voulu que cette voix retentisse pour faire baver d’envie ceux qui étaient là et, au-delà, tous les hommes de tous les temps. Il a voulu que cette voix puisse retentir pour que chaque homme puisse entendre qu’en Jésus, il est, lui aussi, cet enfant bien-aimé en qui Dieu trouve sa joie. Est-ce que vous vous rendez compte de la portée de cette parole ? Ah si nous pouvions, plusieurs fois par jour, repasser cette parole en nos cœurs : en Jésus, je suis l’enfant bien-aimé du Père qui trouve en moi sa joie !

Si nous prenions cette résolution de dire cette parole chaque jour, au moins quand nous nous levons le matin, à peine les yeux ouverts, je crois que cela pourrait avoir deux effets très bénéfiques

  • 1° effet bénéfique, nous reprendrions conscience de notre infinie dignité aux yeux de Dieu. Et ça serait tellement bienfaisant quand les autres cherchent à nous accabler ; quand notre psychologie blessée cherche à nous faire croire que nous ne valons rien, que nous ne sommes pas aimables ; quand l’esprit du Mal cherche à nous faire croire, qu’à cause de nos péchés, Dieu ne peut plus nous aimer, c’est dans ces moments-là, qu’il nous faut supplier le Saint-Esprit de nous aider à dire et à redire : en Jésus, je suis l’enfant bien-aimé du Père qui trouve en moi sa joie !
  • Le 2° effet bénéfique que pourrait avoir cette parole si nous la redisons régulièrement, c’est de nous tirer vers le haut, de nous encourager à choisir le bien. Puisqu’en Jésus, je suis l’enfant bien-aimé du Père et qu’il trouve en moi sa joie, je ne peux qu’être boosté pour mener une vie qui ne vienne pas contredire cette identité fondamentale.

C’est pour cela que je dis souvent, avec humour, que lorsque je serai Pape, je modifierai légèrement le rituel du Baptême pour que cette parole puisse être dite par le prêtre ou le diacre, au nom du Père du ciel, lui-même : Julie, Gaëtan, en Jésus, tu es devenu l’enfant bien-aimé du Père et il trouve en toi sa joie ! Et je demanderai que soit confiée aux parents et aux parrains, marraines, cette mission de rappeler cette parole à chaque anniversaire du Baptême de l’enfant. 

Si quelqu’un qui m’écoute ou me lit, via internet, prend régulièrement son petit-déjeuner avec Léon XIV, il pourrait le lui suggérer ! En tout cas, grand merci à Toi, Jésus, en allant prendre place au milieu des pécheurs tu as permis que la voix de Dieu puisse retentir pour nous ! Merci d’avoir fait ce que tu n’étais pas obligé de faire ! Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons que se grave en nous cette parole pour qu’elle accomplisse son œuvre en nous : en Jésus, je suis l’enfant bien-aimé du Père qui trouve en moi sa joie !

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