29 novembre : samedi 34° semaine : des temps difficiles à traverser.

La 1° lecture d’aujourd’hui n’est pas facile, mais comme n’étaient pas faciles toutes celles de cette semaine tirée du livre de Daniel. Elles ne sont pas faciles parce qu’elles sont écrites dans ce qu’on appelle le style apocalyptique, un style qui ne nous est pas familier et devant lequel nous faisons souvent des erreurs d’interprétation. Dans le langage courant, quand on dit : « c’est l’apocalypse ! » c’est pour dire que c’est la catastrophe ou la cata comme disent les jeunes ! Ainsi donc, quand nous lisons ces textes, nous entendons l’annonce d’une série de catastrophes qui nous effraient, la conséquence c’est que nous n’aimons pas lire ces textes et encore moins les méditer ! Pourtant, ça devrait être le contraire car « apocalypse » en grec, ça signifie « dévoilement ». Le Seigneur confie à des prophètes, à des hommes inspirés, la mission de lever le voile sur ce qui doit arriver. Les Apocalypses sont écrites en temps de crise et elles sont donc comme un cadeau du Seigneur offert aux croyants pour leur dire : ce que vous vivez est très compliqué, mais ça ne va pas durer éternellement. Attention le Seigneur ne fait pas chanter au prophète ce refrain bien connu : ça ira mieux demain ! Non, les apocalypses ne cachent rien des difficultés à venir, mais elles annoncent que ces difficultés finiront par cesser et que la victoire reviendra au Seigneur.

Et c’est bien ce qui est annoncé dans la 1° lecture d’aujourd’hui comme c’était le cas tout au long de la semaine. Comme hier, nous avons eu sous les yeux la description terrible des bêtes, aujourd’hui, cette description était moins détaillée que celle d’hier sauf pour la 4° bête. Permettez-moi de dire un mot sur le symbolisme de ces bêtes, ce qu’elles représentent. Le prophète Daniel nous a donné, lui-même, une clé d’interprétation : Ces bêtes énormes, au nombre de quatre, ce sont quatre rois qui surgiront de la terre. Elles sont terrifiantes ces bêtes, ce qui signifie que la politique menée par ces rois à la tête de ces 4 Royaumes va être une politique destructrice. Mais vous avez entendu ce qui suivant l’explication de Daniel quand il précisait que les 4 bêtes étaient 4 rois, il rajoutait, de la part de Dieu : « Mais ce sont les saints du Très-Haut qui recevront la royauté et la posséderont pour toute l’éternité. » C’est donc très clair, ces 4 rois n’auront pas le dernier mot, ce sont les saints de Dieu, ceux qui restent fidèles, qui auront ce dernier mot. Voilà, c’est cela le dévoilement opéré par Daniel de la part de Dieu.

Pour autant, le Seigneur ne minimise pas les difficultés présentes, il ne dit pas : rassurez-vous, ce n’est qu’un mauvais moment à passer et puis ce que vous avez souffert n’est pas si terrible que ça ! Non ! Dieu est clairvoyant. Ce lion qui représentait l’empire Babylonien a fait beaucoup de mal ; l’ours décrit avec beaucoup de cruauté représentant l’empire Perse n’a pas été en reste ; de même pour le léopard ou la panthère, selon les traductions, représentant l’empire grec et ses grandes conquêtes, imposant au monde entier sa puissance. Oui, tout cela est terrible, Dieu ne cache rien des difficultés à-venir, l’empire qui va s’installer ou qui est en train de s’installer, ne sera pas meilleur que les précédents, il s’agit de l’empire romain, il ne ressemblera à aucun autre, mais sa violence sera encore supérieure à tous les autres. Je ne suis pas sûr qu’il faille essayer de comprendre tous les détails. La description générale suffit pour comprendre que de grandes tribulations sont annoncées et elles auront lieu, elles ont même déjà commencé au temps où le livre est écrit. On le sait l’empire romain sera responsable des plus grandes persécutions.

Evidemment, il ne faut pas s’arrêter à cette description des bêtes et de la 4° en particulier, ce qui compte, c’est la suite ! Il était question d’un tribunal qui allait se réunir, signe que la justice va se prononcer, Dieu va prendre les affaires en main et vous avez entendu l’annonce, le dévoilement de la suite de l’histoire : Je regardais, et la bête fut tuée, son cadavre fut jeté au feu. Exit la 4° bête, elle finira victime de la violence qu’elle a semée, comme les autres. Pour autant, le Seigneur prévient que ça ne sera pas tout à fait la fin :  Quant aux autres bêtes, la domination leur fut retirée, mais une prolongation de vie leur fut donnée, pour une période et un temps déterminé. Heureusement que le Seigneur a fait cette précision, sinon, nous pourrions avoir des doutes sur la vérité de ce dévoilement. Parce que, aujourd’hui, encore, nous constatons bien que le mal et le Malin qui en est à l’origine ne sont pas tout à fait mis au pas, ils gardent un vrai pouvoir de nuisance. 

Pour l’expliquer, j’aime bien emprunter cette image au père Cantalamessa. Une armée, quand elle est vaincue, elle doit quitter les terres qu’elle avait envahie et se replier dans son pays. Mais, la plupart du temps, en se retirant, elle pratique ce qu’on appelle la politique de la terre brûlée, c’est-à-dire qu’elle saccage tout ce qu’elle trouve sur son passage pour nuire une dernière fois. Eh bien, c’est ainsi qu’agit le diable : il a été vaincu par Jésus sur la croix ; il doit donc se retirer du monde, mais, se retirant avec ses armées, il en profite pour nuire autant qu’il le peut. La bonne nouvelle de ce texte, c’est que ça ne durera pas éternellement parce que ce Fils d’Homme qu’entrevoyait Daniel dans la lecture d’hier et dont le temps de l’Avent nous fera désirer la venue a emporté la victoire et, selon la lecture d’hier, c’est à lui que sont donnés domination, gloire et royauté ; c’est lui que tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues serviront. C’est sa domination qui sera une domination éternelle, et c’est sa royauté, qui sera une royauté qui ne sera pas détruite.

Maintenant, ne cherchons pas dans ces textes des indices qui nous permettraient de donner des dates pour voir quand tout cela arrivera. La mention qui nous était donnée était suffisamment clair, il faudra attendre un temps, des temps, et la moitié d’un temps. Jésus, lui-même, reconnaîtra qu’il ne connait pas la date ! Alors puisqu’il en est ainsi, nous comprenons pourquoi, aujourd’hui, dans l’Evangile, Jésus nous invite à nous tenir sur nos gardes pour que le jour de sa venue ne nous prenne pas trop au dépourvu. 

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet demandons que nous soit accordée la grâce de tenir dans les épreuves en croyant que le dernier mot sera à Dieu et à sa justice. Demandons-lui aussi la grâce d’attendre la venue du Seigneur en veillant dans l’amour. 

Cette publication a un commentaire

  1. Marie Anne Labois

    Merci beaucoup Père Roger pour les éclaircissements sur ces textes difficiles.
    Je vous souhaite une bonne entrée en Avent et une belle nouvelle année liturgique !

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