1° septembre : mardi 22° semaine ordinaire … Force de la Parole de Dieu … quand Jésus libère !

Pour commencer, je voudrais vous faire remarquer qu’hier, nous sommes entrés dans la lecture quasi-continue de l’Evangile de Luc. L’Evangile de Matthieu accompagnait notre méditation quotidienne depuis la 10° semaine du temps ordinaire, succédant à l’Evangile de Marc. Et c’est l’Evangile de Luc qui nous accompagnera jusqu’à la fin du temps ordinaire. Ainsi, chaque année, le cycle liturgique nous permet de lire et méditer la majeure partie des Evangiles synoptiques. L’Evangile de St Jean étant lu moins systématiquement, mais on en retrouve de larges extraits pour de nombreuses fêtes, ainsi qu’à la fin du carême, au cours de la semaine sainte et du temps pascal. 

Au-delà de ces informations toujours bonnes à prendre pour mieux comprendre la liturgie, il me semble qu’elles nous permettent aussi de mesurer la grâce qui nous est faite, à nous qui participons à la messe, chaque jour, de pouvoir nous nourrir de la quasi-totalité des Evangiles chaque année. Sans compter le fait que chaque dimanche, nous avons aussi la méditation d’un Evangile, l’Evangile de Matthieu pour l’année A, l’Evangile de Marc pour l’année B et l’Evangile de Luc pour l’année C. Là encore, l’Evangile de Jean est lu par tranches certains dimanches du temps liturgique. Calculez donc le nombre d’années depuis lequel vous participez à la messe chaque jour et vous saurez combien de fois vous avez lu, entendu les Evangiles en entier ! Il ne s’agit évidemment pas de s’enorgueillir en imaginant que nous avons réalisé des prouesses, mais il s’agit juste de prendre conscience, j’oserais dire du privilège que nous avons d’entendre le Seigneur nous parler de manière quotidienne. Ne gâchons pas ces cadeaux !  

Entrons maintenant dans ce texte d’Evangile. Hier, nous avons entendu le début du chapitre 4 de Luc, chapitre qui inaugure le ministère public de Jésus après son baptême dans le Jourdain. Jésus a voulu inaugurer son ministère en allant, dans sa patrie, à la synagogue de Nazareth. Hélas, ça ne va pas marcher, dès sa 1° sortie, on cherche à le faire mourir en le précipitant d’un escarpement. Devant cet échec, Jésus comprend qu’à Nazareth, il ne pourra pas exercer son ministère car nul n’est prophète en son pays et c’est ainsi qu’il part en Galilée où nous le retrouvons pour l’épisode d’aujourd’hui.

Dans la citation d’Isaïe, que Jésus avait lu à la synagogue, par deux fois, il était question de libération : annoncer aux captifs leur libération, remettre en liberté les opprimés, eh bien Jésus va appliquer le programme en libérant cet homme tourmenté par un démon impur. De fait, la libération sera une dimension constitutive de tout son ministère. Et c’est pour cela que, dans l’Evangile de Luc, le premier acte que Jésus accomplit, c’est un acte de libération. 

C’est à la synagogue de Capharnaüm que cet événement a lieu. Les démons impurs ne se sentent pas arrêtés par la sainteté du lieu, au contraire ! Cette sainteté peut leur donner des envies très fortes de se déchainer pour tourmenter et détourner ceux qui fréquentent ces lieux sacrés. C’était vrai hier, ça l’est encore aujourd’hui ! Ne nous étonnons donc pas, à certains moments, d’être traversés par des sentiments ou des idées peu glorieuses quand nous sommes à la chapelle. N’allons surtout pas penser que nous sommes tordus. Non, ce n’est pas nous qui sommes tordus, c’est le Mauvais qui est tordu et qui cherche à tordre les personnes. 

Luc qualifie le démon qui tourmente cet homme comme un démon impur ; c’est d’ailleurs souvent ainsi que seront qualifiés les démons c’est-à-dire qu’il chercher à nous refiler cette impureté. Ne pensons pas forcément qu’il donne des pensées obscènes, même si ça peut arriver. Il veut surtout nous rendre impurs et l’impureté, c’est fondamentalement le fait d’avoir un cœur partagé. En chimie, un élément pur, c’est un élément qui est sans mélange ; un cœur pur, c’est donc un cœur qui n’est pas partagé. Or le démon impur n’aime pas que nous cultivions la pureté du cœur, que nous cherchions à être sans mélange, à avoir un cœur qui ne soit pas partagé. 

C’est pour cela qu’il vient nous donner tant de distractions dans la prière pour nous emmener ailleurs, pour nous faire rêver à des futilités ou entretenir des pensées d’orgueil, de haine, de jalousie, de jugements. Quand nous nous surprenons, à la chapelle, en train de vivre ce scénario, ne pensons pas que nous sommes devenus médiocres, vite, invoquons la puissance de Jésus pour être libérés de ce démon impur.

Le lieu où ce miracle a lieu est donc important, mais le moment aussi, ! Luc nous dit que c’était le sabbat. Le sabbat, nous le savons, c’est ce jour sacré au cours duquel, on doit redonner à Dieu sa vraie place, c’est-à-dire la première. Eh bien, chez ce pauvre homme qui est en train de perturber la liturgie synagogale, il y en a un, l’esprit impur, qui a pris une place qui n’est pas la sienne. C’est pour cela que Jésus va tout de suite intervenir sans s’inquiéter de l’esbrouffe que l’esprit impur déploie pour essayer d’impressionner ceux qui sont réunis. Le démon aime impressionner pour faire croire qu’il est puissant alors qu’il n’a que la puissance que nous voulons bien lui accorder.

En prenant, dans le cœur de cet homme, cette place qui n’est pas la sienne, le démon s’est conduit comme un usurpateur et Jésus va s’occuper de ce démon sans ménagement parce qu’il veut que ce pauvre homme soit rendu à sa dignité de Fils de Dieu pour qu’il puisse redonner à Dieu la place qui lui revient dans sa vie. Dans l’Eglise, il y a un sacrement qui nous est offert pour nous libérer, pour redonner à Dieu la place qui lui revient dans notre cœur et dans notre vie, c’est le sacrement du pardon. Ne nous habituons pas à le recevoir, ne tenons pas éloigner de lui !

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons que nous soient donnés le désir puis le courage de faire les démarches nécessaires pour collaborer à l’action libératrice du Seigneur car il ne fera jamais rien pour nous sans nous !

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