Dans l’extrait de la lettre aux Galates que nous avons entendu, c’est un véritable « savon » que passait Paul aux Galates, un savon fraternel certes, mais dans lequel il ne mâche pas ses mots. Malgré tout, je dis que c’est un savon fraternel car le but de Paul n’est pas d’humilier les Galates, mais de les réveiller pour qu’ils réagissent et retrouvent une vie plus ajustée à l’expérience spirituelle qu’ils ont pu vivre. Ce savon, il ne le passe pas parce qu’il aurait été habité par une mauvaise humeur passagère, non, c’était très sérieux ! Eux qui avaient expérimenté la puissance de la grâce étaient revenus en arrière, pensant que, seuls les efforts qu’ils feraient pour respecter le plus scrupuleusement possible la Loi les conduiraient au Salut. C’est un peu comme si, lui, Paul, après avoir expérimenté la puissance de la grâce qui l’avait rendu juste, alors qu’il était un persécuteur, s’était remis à prêcher ce qu’il enseignait dans le judaïsme : à savoir que c’est le respect scrupuleux de la Loi qui conduit au Salut. Les Galates avaient fait ce retour en arrière à cause de la venue parmi eux de certains chrétiens qu’on appelait « les judaïsants » et qui accordaient une place trop grande au respect de la Loi.
Du coup, Paul en arrive à poser cette question essentielle : l’Esprit Saint, l’avez-vous reçu pour avoir pratiqué la Loi, ou pour avoir écouté le message de la foi ? C’est une bonne question ! En effet, l’Esprit-Saint n’est pas donné en récompense à ceux qui auraient pu se montrer exemplaires dans le respect de la Loi. L’Esprit-Saint, il est donné à tous les pauvres qui ont expérimenté cette loi si terrible : je suis habité par l’immense désir d’aimer les autres, le Seigneur, de me laisser aimer mais je n’arrive pas à le traduire toujours dans ma vie en actes concrets. C’est l’expérience que Paul explicitera dans la lettre aux Romains par cette formule bien connue : le bien que je voudrais faire, trop souvent, je ne le fais pas et le mal que je ne voudrais pas faire, trop souvent, je le fais ! Sans un recours permanent à la puissance de l’Esprit-Saint, nous sommes condamnés à l’écartèlement entre notre désir de faire le bien et le constat que nous n’y arrivons pas assez souvent.
C’est pour cela que Paul interrogera si vivement les Galates qui avaient si bien commencé et qu’il les interpellera sans ménagement, après leur avoir dit qu’ils étaient stupides : Comment pouvez-vous être aussi fous ? Après avoir commencé par l’Esprit, allez-vous, maintenant, finir par la chair ? Auriez-vous vécu de si grandes choses en vain ? Nous pouvons accueillir l’interpellation de Paul qui nous invite à vérifier à qui nous faisons vraiment confiance pour devenir meilleurs : est-ce sur nos efforts que nous comptons ou sur le travail de l’Esprit-Saint qu’il nous faut sans cesse demander ? Prenons le temps de nous poser sérieusement cette question.
Venons-en à l’Evangile où Jésus nous parle de la nécessité de persévérer dans la prière qui finira toujours par être exaucée. Si un ami est capable de céder aux demandes insistantes d’un de ses amis, à combien plus forte raison Dieu exaucera-t-il nos demandes, surtout si nous les lui exprimons dans une prière persévérante. Alors quand je dis ça, certains pourraient sursauter ! En effet, nous avons tous eu l’expérience de prières non-exaucées. Quand il s’agit de prière pour qu’il y ait le beau temps pour un événement qui nous tient à cœur, ce n’est pas dramatique si la prière n’est pas totalement ou même pas du tout exaucée. Mais si on a prié pour la guérison d’un enfant, d’une maman, d’un papa et que la guérison n’est pas venue, c’est plus sérieux et c’est souvent l’entrée dans une crise de foi profonde.
Je ne sais pas si je peux répondre à ce grand mystère, mais ce que je voudrais, c’est que nous lisions sérieusement le texte dans lequel Jésus nous dit : Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Il convient de lire attentivement car Jésus n’a pas dit : Demandez et on vous donnera ce que vous aviez demandé ! Il n’a pas dit non plus : cherchez, vous trouverez ce que vous cherchiez ! Il n’a toujours pas dit : frappez et c’est la porte à laquelle vous avez frappé qui s’ouvrira ! Non ce que Jésus a dit, si je l’explicite un peu, c’est : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit forcément un don ; qui cherche trouve forcément ce dont il aura le plus besoin dans le moment présent ; à qui frappe, on ouvrira une porte qui le conduira à vivre dans la paix.
Pour bien comprendre, ce qu’il faut retenir, c’est la dernière parole de Jésus : Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! On le comprend bien, le don par excellence, c’est le don du Saint-Esprit et si c’est l’Esprit-Saint que nous demandons, nous ne serons jamais déçus puisque Jésus nous assure que le Père le donne à tout coup à ceux qui le lui demandent. Et, de fait, avec l’Esprit-Saint tout devient possible : trouver la force et la paix dans le combat contre une maladie quand nos demandes de guérison n’ont pas été exaucées ; trouver l’espérance quand nous sommes confrontés à la mort de ceux que nous aimions. Oui, avec l’Esprit-Saint tout devient possible ! Mais vous le savez, même le meilleur des médicaments, si vous le laissez dans la boite, il n’aura aucun effet ! Ainsi en va-t-il de l’Esprit-Saint que nous avons reçu, si nous le laissons confiné dans nos cœurs, sans le faire travailler, il ne se passera rien ! C’est exactement ce que Paul disait aux Galates.
Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de compter toujours plus sur le Saint-Esprit en croyant qu’il est le don suprême du Père comme le dit la prière du Veni Creator.
