15 novembre : samedi 32° semaine : quand Dieu prend le visage d’une veuve en recherche d’amour

J’imagine que vous savez que le mot Évangile est un mot tiré du grec et il signifie Bonne Nouvelle. En grec, l’Evangile n’est pas un livre, c’est une bonne nouvelle ! Donc si on a donné ce nom d’Evangile au livre qui recueille les écrits de Matthieu, Marc, Luc et Jean, c’est parce qu’ils sont pleins de bonnes nouvelles. Ce que Jésus dit, ce que Jésus fait, c’est toujours une bonne nouvelle pour les hommes parce qu’il parle et agit toujours en faveur de notre Salut, même quand il nous bouscule un peu. Un bon réflexe à avoir quand on lit un passage d’Evangile, surtout quand on le trouve rude, c’est de se demander : quelle Bonne Nouvelle y a-t-il dans ce texte ? 

Je vous avoue que l’Evangile d’aujourd’hui est un texte qui m’a longtemps résisté parce que je ne pouvais pas me résoudre à croire que la bonne nouvelle c’était que Dieu soit un jour tellement lassé par nos prières insistantes qu’il finirait bien par répondre et que s’il nous exauçait, ça ne serait pas forcément par amour, mais pour qu’on arrête de lui casser les oreilles ! Non, ça, ce n’est pas une bonne nouvelle et je ne peux pas me résoudre à lire ainsi ce texte.

Pour vous faire partager la manière dont le St Esprit a fini par me faire comprendre cette parabole, je crois qu’il faut renverser complètement la manière dont nous la lisons habituellement. Dans cette parabole, Dieu n’a pas la figure du juge inique, il ne manquerait plus que ça que Dieu soit un juge sans justice ! Non ! Dans ce texte, Dieu, il a la figure de la veuve. En effet, Dieu est pauvre, en manque d’amour, comme le sont toutes les veuves. Cette veuve, elle a perdu son mari, l’amour de sa vie. Eh bien, c’est ce qui arrive constamment à Dieu ! Nous sommes l’amour de sa vie, or Dieu nous perd sans arrêt parce que nous choisissons si souvent de le quitter, au moins pour un temps ; de l’ignorer, en refusant de répondre à ses demandes de rendez-vous. 

Alors, comme toutes les veuves, comme tous les pauvres, Dieu se fait mendiant d’amour parce qu’il souffre trop de nous avoir perdu. Comprenons-le bien, Lui qui est amour, lui qui n’est qu’amour, il a tellement soif d’aimer et d’être aimé. La bonne nouvelle, c’est donc que Dieu, quand il nous a perdu, ne se résignera jamais ! Celui qui insiste, c’est donc Lui, Dieu et il insistera aussi longtemps qu’il le faudra, tout en restant infiniment respectueux de notre liberté.

Alors, écoutons-le nous dire ce que la veuve disait dans le texte et, quand on met ses paroles dans la bouche de Dieu, elles deviennent tellement poignantes : rends-moi justice contre l’Adversaire ! Oui, c’est Dieu qui nous dit, avec des sanglots dans la voix : c’est l’Adversaire ou c’est moi qui te rends heureux ? Si c’est moi, alors, rends-moi justice contre l’Adversaire c’est à dire fais ce qui est juste, regarde avec lucidité ce que tu deviens à chaque fois que tu suis les suggestions de l’Adversaire. Et, à l’inverse, regarde ce que tu deviens quand tu acceptes de marcher avec moi. Réfléchis et fais ce qui est juste !

Du coup, nous comprenons que le juge inique, c’est nous, c’est vous, c’est moi. C’est bien à nous de juger ce qu’il faut faire. Mais, de fait, nous sommes souvent iniques, c’est-à-dire que nous ne faisons pas toujours, pas assez souvent ce qui est juste. Reconnaissons-le : trop souvent, nous faisons la sourde oreille aux appels du Seigneur, alors que, l’Adversaire, dès qu’il nous fait de l’œil, nous nous mettons à le suivre ! Et c’est bien ce qui arrive à chaque fois que nous médisons, que nous jugeons, que nous refusons de donner ou de demander le pardon, que nous faisons passer nos idoles avant lui … Je ne continue pas la liste car chacun connait bien ses péchés et s’il n’arrive pas à les voir qu’il demande à celui, celle ou ceux qui vivent avec lui de les lui révéler car eux les connaissent parfaitement bien ! Oui, dans tous ces moments, c’est en en faveur de l’Adversaire que nous jugeons et, pour nous qui avons l’expérience de la douce bonté du Seigneur, ce n’est vraiment pas juste d’agir ainsi.

Quand on continue à lire la parabole de cette manière, ça marche encore. C’est vrai, ce n’est pas Dieu qui se lassera de nos prières et qui finira par répondre. Non, c’est nous qui finirons par craquer. Un peu comme des parents qui ont puni leur enfant et qui font semblant de ne plus l’écouter finissent par craquer devant ses demandes insistantes : je veux un bisou ! 

Oui, nous aussi, nous finirons par craquer devant les demandes insistantes de notre Dieu qui le veut ce bisou de notre part et qui l’attendra le temps qu’il faut, qui le demandera aussi souvent et aussi longtemps qu’il le faudra !

Je continue le texte pour en arriver à sa conclusion : « Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu’il les fera attendre ? Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. » Les élus dont il est question désignent les saints du ciel, nos saints patrons, les anges, nos anges gardiens, tous ceux qui sont parvenus au ciel et qui crient vers le Seigneur jour et nuit en notre faveur, lui demandant de continuer à nous solliciter, de ne jamais baisser les bras. Devant cette prière si insistante, Jésus nous dit qu’on peut être tranquille : Dieu sera persévérant aussi longtemps qu’il le faudra. Il fera justice à tous ces élus qui, dans le ciel, intercèdent en notre faveur, au premier rang de ces élus, il y a, bien sur la Vierge Marie. Et bien sûr, quand nous aurons ouvert notre cœur, quand le Seigneur aura accompli en nous son œuvre de restauration, nous deviendrons des disciples-missionnaires de plus en plus lumineux donnant envie à tous ceux qui hésitent encore à ouvrir leur cœur !

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons que nous soit donnée le désir et la force d’ouvrir la porte de notre cœur à l’action bienfaisante du Seigneur en nous afin que nous devenions ceux qui travaillent à réveiller l’amour qui s’éteint dans le monde.

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