27 août : Sainte Monique : Les corinthiens des chrétiens sympathiques mais turbulents … la persévérance dans la prière.

Nous commençons aujourd’hui la lecture de la 1° lettre que Paul a écrite aux Corinthiens. Comme la lecture de cette lettre va s’étendre sur un peu plus de 3 semaines, il n’est pas inutile que nous commencions par quelques points de repères qui nous permettront de mieux profiter de l’enseignement que Paul livrait jadis aux Corinthiens et, aujourd’hui, à nous !

Paul aimait cette communauté de Corinthe qu’il avait fondée dans les années 50. Il était resté 18 mois chez eux, ce qui représente un long séjour pour cet homme qui ne tenait pas en place. Ce n’était pas de l’instabilité, chez lui, mais c’était le souci de la mission qui le poussait à ne jamais s’installer. Pourtant, là, il est resté 18 mois, il a donc eu le temps de tisser des liens avec ceux qui étaient chrétiens et surtout ceux qui le sont devenus dans cette ville cosmopolite. Corinthe était un grand port maritime ce qui signifie qu’il y avait un important brassage de population d’abord au niveau des classes sociales où les plus riches marchands côtoyaient les plus pauvres, esclaves qui débarquaient les marchandises. Ce brassage se voyait aussi dans les nombreuses nationalités et donc nombreuses religions présentes à Corinthe. Comme dans toutes les cités portuaires, il y avait pas mal de relâchement des mœurs, d’ailleurs l’expression « vivre à la corinthienne » désignait une vie de débauche !

Tout cela trouvera des échos dans cette lettre que Paul écrira vers 54-55, au cours d’un séjour à Ephèse, lors de son 3° voyage missionnaire. La communauté chrétienne y est jeune donc enthousiaste, je l’ai dit, elle est aussi très mélangée : juifs et païens convertis, riches et pauvres se côtoient. Mais elle est aussi fragilisée par des tensions internes et par un exercice des charismes vécu souvent de manière anarchique. C’est pour redresser tout ce qui ne va pas et répondre à des questions qui lui ont été transmises que Paul écrit cette lettre. Et vous savez ce qu’on dit : qui aime bien, châtie bien ! Paul sera parfois dur dans ses propos justement parce qu’il les aime et qu’il connait leur potentiel qui est en train d’être gâché !

La lecture que nous avons entendue aujourd’hui se trouve au tout début de la lettre et nous entendons l’affection de Paul pour ceux qui composent cette communauté : Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu. Les chrétiens de Corinthe ont été comblés par le Seigneur, il le redira juste après en affirmant qu’aucun don de grâce ne vous manque.Oui, mais voilà, ces chrétiens sont en train de tout gâcher à cause des divisions dont nous aurons prochaine ment un écho, à cause de l’orgueil spirituel qui leur fait rechercher des expériences toujours plus extraordinaires quitte à utiliser les méthodes des temples païens pour entrer en transe. 

C’est dans ce contexte que Paul va rappeler la vocation de tous : vous avez été sanctifiés dans le Christ Jésus et vous êtes appelés à être saints. Voilà ce qu’il faut rechercher, la sainteté, tout le reste finira par égarer ceux qui se laissent séduire. Ces paroles, nous avons tous besoin de les réentendre régulièrement pour recentrer notre vie chrétienne, notre recherche spirituelle sur ce qui est vraiment essentiel.

Venons-en à l’Evangile qui nous fait entendre l’un des nombreux appels à veiller pour ne pas être surpris lorsque le Seigneur viendra nous visiter. Dans cet appel à veiller, il y a cette parole qui pourrait nous laisser mal à l’aise : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. Cette parole comme bien d’autres du même genre peuvent créer un malaise parce qu’on a l’impression que le Seigneur prendra un malin plaisir à nous surprendre au plus mauvais moment. En fait, il n’en est rien ! Nous nous aimerions que le Seigneur vienne nous visiter quand nous sommes parfaitement présentables, quand sommes devant le Saint-Sacrement, par exemple ! Il le fait parfois, heureusement, mais il promet aussi des visites à d’autres moments plus étonnants.

Quand nous sommes englués dans la médiocrité pour ne pas dire le péché ou simplement dans la « moyenneté » qui fait que nous n’avons plus de grands objectifs, nous ne sommes pas très fiers de nous et nous pensons que le Seigneur nous juge. Mais c’est précisément dans ces moments-là que, lui, va vouloir nous visiter pour nous aider à sortir de l’ornière dans laquelle nous sommes empêtrés. Seulement voilà, nous, comme nous ne sommes pas fiers de nous, nous nous disons qu’il serait hypocrite d’aller prier ou d’aller à la messe dans ces conditions et c’est ainsi que nous allons rater tous les rendez-vous qu’il avait préparé : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. Ce n’est pas une menace, c’est une bonne nouvelle !

Sainte Monique que nous fêtons aujourd’hui a cru en l’accomplissement de cette parole. Elle a cru que le Seigneur visiterait son fils Augustin qui avait pris un mauvais chemin, elle a cru qu’il le visiterait au moment où lui n’y penserait pas. Et c’est pour cela qu’elle-même, elle a veillé si fidèlement dans l’intercession en faveur de son fils, versant, comme le rappelait l’oraison du début de la messe, de nombreuses larmes. La carapace qui enserrait le cœur du fils finira par se briser, mystérieusement attendri par les larmes de sa mère, et la rencontre aura lieu et quelle rencontre !

Par l’intercession de Ste Monique et de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce pour nous et pour tous ceux en faveur de qui nous intercédons de ne jamais désespérer d’une rencontre salutaire avec le Seigneur.

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