18 janvier : samedi 1° semaine du temps ordinaire : La Parole de Dieu, telle un bistouri … Comment, tu peux m’appeler, moi ?

Il y a 2 paroles dans la 1° lecture que je voudrais souligner.

La 1°, c’est le tout début de la lecture, avec ce qu’on pourrait appeler cet éloge de la Parole de Dieu, de sa puissance, de ses vertus : elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Finalement, c’est ce que nous expérimentons quand nous venons participer à une prière de guérison, nous vérifions combien la Parole de Dieu est puissante, capable de nous rejoindre, de nos consoler et même de nous guérir. L’auteur de la lettre aux Hébreux dit qu’elle est comme une épée à deux tranchants, peut-être pourrait-on dire qu’elle est comme un bistouri qui va aller là où se trouvent nos tumeurs malignes qui nous empêchent de vivre.

La 2° parole, c’est cette si belle déclaration tellement consolante : Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses. C’est bien pour cela que nous sommes venus ce matin, présenter nos faiblesses, nos blessures, nos maladies au Seigneur car nous savons qu’il n’est pas incapable de compatir. Tout au long du temps de Noël, nous avons médité sa proximité, les Pères de l’Eglise disaient : il s’est fait ce que nous sommes pour que nous devenions ce qu’il est. Il a pris sur lui nos faiblesses pour que nous puissions vivre en enfants bien-aimés de Dieu.

Et, dans l’Evangile, nous voyons justement que nos faiblesses ne le repoussent pas. Moi, quand j’entends le récit de l’appel de Lévi-Matthieu, j’ai tout de suite, devant les yeux le tableau du Caravage représentant cet appel. Le peintre a bien su montrer que Matthieu n’arrivait pas à croire que Jésus puisse l’appeler, lui, le collecteur d’impôts. Il lui a peint une figure étonnée et un son doigt, pointé sur lui-même, semble demander : tu es sûr que tu ne t’es pas trompé en m’appelant ? Tu es bien sûr que c’est moi que tu veux ? Regarde qui je suis, quel métier je fais, tu dois faire erreur ! Ça, c’est ce que le peintre a su montrer et c’est tellement beau et juste.

Mais, dans le texte d’Evangile, ce n’est pas Matthieu qui est étonné, ce sont les scribes et les pharisiens. Ce qui va obliger Jésus à mettre les points sur les i : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » Et j’ai envie de rajouter qu’il est toujours dans les mêmes dispositions ! Si jamais nous n’avions toujours pas compris pourquoi le Seigneur nous a appelés, nous avons là, une partie de l’explication : il nous a choisis parce que nous ne sommes pas des justes mais des pécheurs ! 

Si je souligne cela, ce n’est pas pour nous rabaisser, mais pour nous aider à nous tenir dans la gratitude, la gratitude qui nait de cet émerveillement : comment est-ce possible que tu aies pu vouloir avoir besoin de moi ? J’aime ces paroles du pape Benoit XVI au jour de son élection qui traduisaient le même étonnement « Après le grand Pape Jean Paul II, Messieurs les Cardinaux m’ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur. Le fait que le Seigneur sache travailler et agir également avec des instruments insuffisants me console et surtout, je me remets à vos prières. »

Dans cette même perspective, on pourrait aussi citer la devise du pape François « Miserando atque eligendo »cette devise qui est une citation de Bède le Vénérable, commentant justement l’appel de Matthieu et qu’on traduit souvent par : choisi parce que miséricordié. Le pape François a en effet raconté que sa vocation remonte à un jour où il était allé se confesser. C’est à la sortie du confessionnal qu’il a eu la certitude que le Seigneur l’appelait. Il était appelé parce que miséricordié, de fait, il venait juste de recevoir la miséricorde … et s’il venait de recevoir la miséricorde, c’est parce qu’il était pécheur ! C’est fou cet amour du Seigneur pour les pécheurs ! 

Alors, évidemment, ça va sans le dire, mais ça va encore mieux en le disant, ce que le Seigneur aime chez les pécheurs, ce n’est pas le péché, mais l’humilité dans laquelle doit les tenir la conscience de leur péché. Comme le dit le psalmiste : Moi, mon péché, je le connais, ma faute est toujours devant moi. (Ps 50,5) 

J’avais lu un jour, que les premiers papes avaient mis dans leur emblème un coq pour qu’ils n’oublient jamais leur fragilité puisqu’ils sont les successeurs de Pierre qui a renié son Seigneur. Je trouve cela vraiment très beau. 

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de pouvoir à jamais chanter la miséricorde du Seigneur, sans laquelle notre vie tomberait en ruine.

Cette publication a un commentaire

  1. Christian Tuyizere

    Merci de ce grand enseignement sur la miséricorde divine dont je suis témoin.
    Que l’Esprit Saint nous aide à reconnaître nos péchés, à les confesser et surtout à avoir le cœur de les abandonner afin d’avoir une miséricorde totale

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