25 juin : mercredi 12° semaine ordinaire. La foi d’Abraham à l’épreuve du temps … Tous les bons fruits poussent-ils toujours sur les bons arbres ?

Voilà le 3° jour consécutif que, dans la 1° lecture, nous entendons Dieu parler à Abraham, ça a commencé lundi, hier, mais nous n’avons pas entendu le texte en raison de la fête de la nativité de St Jean-Baptiste et aujourd’hui encore. Et de quoi parle Dieu ? Eh bien, il parle de la descendance d’Abram et il fait pour Abram et sa descendance des promesses extraordinaires. Aujourd’hui, la promesse est confirmée avec une merveilleuse image : la descendance sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Merveilleux ! Oui, mais il y a quand même un hic et Abram ose le faire remarquer : de descendance, il n’en a pas ! Et le texte, lundi, précisait qu’Abraham avait 75 ans et qu’il n’était pas marié avec une jeunette ! Mais qu’importe pour Dieu, sans difficulté, il confirme la promesse. Nous aurions pu apprendre vendredi que cette promesse ne s’accomplira que 24 ans plus tard quand Abraham aura 99 ans, mais nous ne lirons pas ce texte en raison de la fête du Sacré Cœur de Jésus.

Alors, bien sûr, il ne faut pas prendre ces mentions d’âge au pied de la lettre, les orientaux ont l’exagération facile, comme à Marseille ! Mais quand même, tout cela signifie qu’Abraham était bien vieux et que la promesse n’a pas été accomplie immédiatement. Le temps, c’est l’allié principal de Dieu ; d’ailleurs il aime tellement le temps qu’en Jésus, il va épouser le temps en venant dans le temps des hommes. C’est pour cela qu’il ne faut jamais tuer le temps, en effet, Dieu est dans le temps. Remplissons le temps d’amour, c’est tellement mieux puisque Dieu aime le temps. Mais c’est vrai, Dieu a une manière bien à lui de gérer le temps, une manière qui nous échappe totalement. A ses yeux mille ans sont comme un jour ! Et, nous le savons grâce au prophète Isaïe, quand c’est le temps favorable, Dieu agit vite ! Is 60,22 C’est ce que va découvrir Abraham quand la promesse s’accomplira enfin. 

Mais, en attendant qu’elle s’accomplisse, Abraham est invité à vivre dans la foi, c’est-à-dire dans la confiance. Les promesses des hommes, nous savons ce qu’elles valent. Avec Dieu, il n’en va pas ainsi, quand Dieu fait une promesse, il s’engage totalement dans cette promesse, et nous, il nous faut entrer dans la confiance en croyant qu’au temps favorable, il agira vite. Je pense que nous avons tous déjà pu le vérifier dans notre vie. La lecture mentionnait : Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. Vivre dans la foi c’est-à-dire dans la confiance, c’est croire en l’accomplissement des promesses du Seigneur, et, c’est la meilleure manière d’être juste, c’est-à-dire ajusté à Dieu. C’est aussi la meilleure manière de vivre heureux. Nous nous rappelons la béatitude qu’Elisabeth prononce à propos de Marie : Bienheureuse celle qui a cru à l’accomplissement des promesses qui lui furent dites de la part du Seigneur. Alors, qu’Abraham qui est le Père de croyants, le modèle de ceux qui marchent dans la foi, intercède pour nous qui avons tous bien besoin d’obtenir un surcroit de foi confiante.

Venons-en à l’Evangile qui, à cause des scandales à répétition dans l’Eglise, a fini par poser bien des questions. On reconnait un arbre à ses fruits, un bon arbre donne de bons fruits, un mauvais arbre ne peux pas donner de bons fruits. Ce principe de discernement, tout simple et plein de bon sens, a longtemps constitué comme un socle pour poser un discernement éclairé sur ce qui se vivait en Eglise. Tu te poses des questions sur telle œuvre ou telle communauté, eh bien, comme on reconnait un arbre à ses fruits, regarde ce qui vient de cette œuvre, de cette communauté, si c’est bon, tu peux y aller les yeux fermés ! Oui, mais voilà que les scandales à répétition ont révélé que des communautés qui produisaient pourtant de bons fruits étaient dirigées par des hommes qui, eux, avaient gravement failli. Alors Jésus s’est-il trompé ? Evidemment, non !

Pour comprendre comment on peut tenir la parole de Jésus comme un élément de discernement toujours probant sans nier la réalité des scandales, il me semble qu’il faut faire deux distinctions qui s’enrichissent l’une l’autre.

La 1° distinction, elle est d’ordre théologique. Aucun arbre ne peut grandir et porter du fruit sans être irrigué par la sève. Il en va de même pour les personnes, aucune personne ne peut grandir en sainteté et porter des fruits spirituels sans être irriguée par la grâce. 

Or c’est par l’Eglise que la grâce vient jusqu’à nous et dans nombre de communautés déviantes, il y a eu comme un orgueil qui a conduit à penser que, dans la communauté, on était en ligne directe avec Dieu sans avoir besoin de l’Eglise, sans devoir tenir compte de sa sagesse établie dans les lois canoniques, sans être soumis à ses responsables, les évêques.

La 2° distinction, elle est d’ordre pratique. Il ne faut pas confondre, l’œuvre et le fondateur. Hélas, nous avons appris à nos dépens que cet amalgame si souvent fait n’a rendu service à personne. En mettant tant de fondateurs sur un piédestal, en ne parlant de certaines communautés que comme la communauté du père untel, en acceptant que certains de ces fondateurs gouvernent comme des potentats indétrônables, nous avons tout simplement falsifié l’Evangile. L’opération vérité, qui a été engagée est douloureuse pour bien des membres de ces communautés, mais salutaire. Elle rendra possible un nouveau printemps pour ces communautés pleines de promesses.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet demandons la grâce d’une foi confiante à l’image d’Abraham ; qu’elle nous obtienne aussi que nous puissions nous ouvrir au travail de cette grâce pour que, à la mesure qui est la nôtre, nous portions de beaux fruits qui rendent gloire à la puissance de Dieu qui accepte de passer à travers les pauvres que nous sommes pour accomplir des merveilles.

Laisser un commentaire