26 juin : jeudi 12° semaine ordinaire. L’origine de bien des conflits est là … Soigner ce qui ne se voit pas.

Hier, j’ai insisté sur l’importance des promesses faites à Abraham et la nécessité de marcher avec une foi confiante, attendant le moment favorable pour que vienne le temps favorable pour l’accomplissement de ces promesses, sachant que Dieu a une manière bien à lui de gérer le temps puisqu’à ses yeux 1000 ans sont comme un jour ! (2 P 3,8) Mais comme il est dur d’avancer avec une foi qui fait confiance à Dieu, en croyant qu’il tiendra promesse. La 1° lecture nous l’a montré, même pour le père des croyants, la foi confiante n’a été ni immédiate, ni évidente. Comme je disais, hier, que la promesse mettra 24 à s’accomplir, Abraham, sans doute pressé par sa femme, va se dire qu’il faut peut-être qu’il aide Dieu. Et c’est ainsi que, selon la coutume de l’époque, il va avoir un fils avec sa servante, Agar qui le donnera à Sarah pour qu’il devienne comme son fils. 

Seulement voilà, c’est le début de problèmes sans nom. Il y aura une rivalité terrible entre les deux femmes. L’antagonisme séculaire entre le peuple juif qui se considère comme descendant d’Isaac, le fils légitime et le peuple arable descendant d’Ismaël, le fils illégitime trouve là son explication. Cet antagonisme, nous le savons est l’explication d’un grand nombre de conflits, l’actualité récente nous l’a bien montré. Ce qui me fait dire que notre société serait bien inspirée de de lire la Bible pour comprendre que la GPA, gestation pour autrui, en réglant un problème, risque d’en provoquer 1000 autres !

Venons-en à l’Evangile, à propos duquel j’aimerais souligner quatre points.

1° point, certains invoquent parfois ce texte d’Evangile pour montrer la supériorité de l’action sur la prière, ils répètent la parole de Jésus qui disait : Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le royaume des Cieux. Oui, c’est vrai, Jésus a dit que d’avoir le nom du Seigneur, sans arrêt, sur les lèvres ça ne suffisait pas. Mais il n’a pas dit que c’était inutile ou mauvais, il a juste dit que ce n’était pas suffisant ! Il faut faire la volonté de Dieu, rajoute Jésus, mais la volonté de Dieu, ça ne peut pas être qu’on n’invoque pas le nom du Seigneur, qu’on n’aille jamais à la messe, qu’on ne prie pas ! Comment Dieu pourrait-il vouloir qu’on vive déconnecté de Lui ? Maintenant, c’est vrai, une prière qui ne débouche pas sur des actions est une prière hypocrite qui ne peut pas contenter le cœur de Dieu. 

2° point, dans les deux petites paraboles que Jésus raconte pour parler de nos vies qui ressemblent à des maisons construites soit sur le sable, soit sur le roc, vous aurez remarqué que, dans les deux cas, Jésus évoque la pluie, les torrents, les vents, bref, c’est comme s’il disait qu’une vie sans tempête, ça n’existe pas. Nous rêvons tous et souvent d’une vie sans tempête, mais ça n’existe pas ! En tout cas Dieu ne nous la promet pas, mais ce qu’il nous promet c’est d’être toujours avec nous lorsque nous affronterons la tempête. Et ce texte rajoute une précision très précieuse, Jésus dit que les tempêtes feront beaucoup moins de dégâts si nos vies sont bâties sur les fondations solides de la foi.

3° point qui me permet de préciser ce que je viens de dire. Les fondations, dans une maison, c’est ce qui ne se voit pas mais qui assure la solidité de la maison. Aujourd’hui, avec le dérèglement climatique, beaucoup de maisons se fissurent parce que les fondations n’étaient pas assez profondes. Certains ont fait le choix d’économiser sur ce qui ne se voyait pas pour avoir davantage de moyens à consacrer à ce qui se voyait. Préférer une piscine à des fondations solides, c’est un très mauvais choix ! Or, aujourd’hui, nous sommes dans une société qui encourage plutôt à miser sur ce qui tape à l’œil, sur le superficiel plutôt que sur les fondations. Peu à peu nous voyons tout ce que ça peut entrainer comme dégâts dans la vie des gens.

  • C’est sûr que passer du temps à prier, parfois dans l’aridité, sans que personne ne le voit, pour assurer la solidité de sa vie, extérieurement, ça pourra sembler assez peu gratifiant pourtant c’est essentiel pour la fécondité de nos vies, de nos missions.
  • C’est sûr que, pour des parents, passer du temps à jouer, à parler avec leurs enfants, dans un premier temps, le résultat sera moins voyant que si ce temps avait été passé à l’embellissement de la maison et de ses abords. Mais l’avenir montrera que l’investissement était essentiel !

4° point : les versets de cet Evangile étaient les derniers de ce fameux sermon sur la montagne qui occupe les chapitres 5 à 7 de l’Evangile de Matthieu et que nous lisons dans une lecture quasi-continue depuis que nous sommes revenus dans le temps ordinaire. Ce grand sermon de Jésus, donné sur la montagne, et inauguré par les Béatitudes, est d’une profondeur extraordinaire. C’est donc pour le conclure que Jésus a choisi de donner ces deux petites paraboles qu’il introduisait par ces mots : celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique ou ne les met pas en pratique est semblable à un homme qui a construit sur le sable ou sur le roc. Il est donc clair que, pour Jésus, dans ce sermon, il y a tout ce dont nous avons besoin pour construire nos vies de manière solide à condition que nous mettions ces paroles en pratique. C’est pour cela qu’au début, il disait qu’il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur !

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de garder les paroles de Jésus dans notre cœur pour qu’il nous fasse tenir même lorsque les tempêtes viendront secouer nos vies.

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