13 novembre : jeudi 32° semaine : Désirons la sagesse … devenons des évangélisateurs qui parlent d’un Dieu proche.

Quand on entend la 1° lecture, on en bave d’envie ! Qui de nous ne désirerait pas être habité de manière permanente par la sagesse qui est décrite de manière si extraordinaire ? Si jamais vous aviez eu une écoute distraite, je vous relis le début de la lecture : Il y a dans la Sagesse un esprit intelligent et saint, unique et multiple, subtil et rapide ; perçant, net, clair et intact ; ami du bien, vif, irrésistible, bienfaisant, ami des hommes ; ferme, sûr et paisible, tout-puissant et observant tout, pénétrant tous les esprits, même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils. Nous qui sommes ici réunis, au titre de la responsabilité qui est la nôtre, nous avons vraiment besoin de cette sagesse, nous avons besoin qu’elle vienne éclairer toutes nos réflexions et toutes nos décisions. 

Evidemment, une question nous brûle les lèvres : en faisant ce portrait de la Sagesse et de ses bienfaits, de quoi ou plutôt de qui parle l’auteur du livre de la Sagesse ? Il y a une double réponse possible. Dans la Tradition de l’Eglise, quand ce livre sera relu, certains diront que la Sagesse incarnée, c’est Jésus et d’autres donneront au Saint-Esprit tous les attributs de la Sagesse. St Irénée, le grand évêque de Lyon, aimait dire que le fils et le Saint-Esprit sont comme les deux mains du Père, deux mains qui permettent au Père d’agir. On comprend donc que ce n’est pas gênant de dire que la Sagesse, c’est Jésus ou le St Esprit et que c’est même les deux à la fois.

S’il en est ainsi, alors, c’est une bonne nouvelle pour nous ! En effet, Jésus, nous allons, une nouvelle fois, le recevoir dans cette Eucharistie. En communiant nous pourrons donc lui demander qu’il diffuse en nous cette sagesse puisqu’il est la Sagesse incarnée. Quant au St Esprit, nous l’avons tous reçu et de multiples fois, particulièrement à notre confirmation et pour nous prêtres à notre ordination. Mais nous le recevons aussi à chaque sacrement puisqu’il est comme le « principe actif » des sacrements. Nous l’avons reçu, mais est-ce que nous l’invoquons suffisamment ? Est-ce que nous ne le laissons pas un peu trop confiné dans nos cœurs sans lui permettre de diffuser sa sagesse dans tous nos êtres, dans toutes nos vies ? Pour le dire positivement, je pense que nous avons tous une belle marge de progression !

Quant à l’Evangile, nous pouvons l’entendre dans la circonstance particulière qui nous réunit ce soir. Nous sommes là, prêtres et laïcs engagés dans les Equipes d’Animation Pastorale des paroisses de notre Doyenné. Accueillons donc cet avertissement de Jésus qui nous demande de ne pas courir sans arrêt pour aller voir ou écouter le dernier truc innovant et étonnant qui peut sembler porteur d’avenir. Devant certaines de ces réalisations, certains seraient tentés de dire : avec telle initiative pastorale, avec telle prédication, c’est vraiment le Royaume de Dieu qui est là. N’y allez pas, n’y courez pas ! dit Jésus. Ça ne veut pas dire qu’il ne faudra pas chercher à s’inspirer de ce qui est bon, le Congrès mission à Paris le week-end dernier est une très bonne chose, ce que nous avions vécu de semblable mais en plus petit dans notre diocèse, l’année dernière, c’était très bon ! La semaine dernière, nous avions une réunion des recteurs de sanctuaire et l’un d’entre eux a dit qu’il appréciait beaucoup ces réunions d’espionnage pastoral ! C’est vrai que c’est bien de s’échanger nos bonnes pratiques et nous le ferons pour une part ce soir. Mais le défi, c’est de faire jaillir le Royaume ici et maintenant. Et ça, ce n’est pas, mais alors pas du tout, une affaire de truc qui marche ! Le jaillissement du Royaume, ce n’est pas de la magie qui consisterait à trouver la bonne alchimie pour que des recettes pastorales extraordinaires puissent être mises en œuvre par des personnes initiées. Le jaillissement du Royaume, il dépend de nos choix personnels et communautaires de décider de nous rapprocher de Jésus, de le mettre à la 1° place dans nos vies.

Pourquoi les monastères ont tant de succès et attirent tant de personnes en recherche de sens ? Ce n’est pas leur architecture qui attire, surtout en hiver où, dans ces grands bâtiments, on se gèle. Ce n’est pas en raison de la réputation des repas qui ne sont pas forcément très raffinés, ni équilibrés, surtout dans les monastères d’hommes ! Ce n’est même pas toujours en raison de la beauté de la liturgie car il y a des communautés qui deviennent pauvres et, à ce niveau-là, ce n’est pas toujours glorieux. Alors, qu’est-ce qui attire ? Eh bien, les gens perçoivent, que là, il se vit quelque chose du Royaume, là, en raison des choix de ceux qui y vivent en permanence, ils touchent du doigt la proximité de Dieu.

C’est ce que le pape Paul VI avait si bien exprimé au n°76 d’Evangelii nuntiandi, je le cite : Le monde qui, paradoxalement, malgré d’innombrables signes de refus de Dieu, le cherche cependant par des chemins inattendus et en ressent douloureusement le besoin, le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible. Le monde réclame et attend de nous simplicité de vie, esprit de prière, charité envers tous, spécialement envers les petits et les pauvres, obéissance et humilité, détachement de nous-mêmes et renoncement. Sans cette marque de sainteté, notre parole fera difficilement son chemin dans le cœur de l’homme de ce temps. Elle risque d’être vaine et inféconde.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet et des saints patrons de nos paroisses, demandons cette grâce d’être de ces évangélisateurs qui parlent d’un Dieu que nous connaissons et fréquentons comme si nous voyons l’invisible.

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