21 mars : samedi 4° semaine de carême. La revanche, mieux vaut la confier à Dieu… le courage, oui, mais jusqu’au bout !

Jérémie, c’est vraiment un prophète que j’aime beaucoup parce qu’il est nature avec Dieu, quand il a envie de lui dire quelque chose, il lui dit. Jérémie, c’est vraiment le prophète franco qui n’hésitera pas à rouspéter et à dire à Dieu ce qu’il pense de son comportement vis-à-vis de lui. Il faut dire qu’il a vraiment eu un ministère compliqué, il a rencontré tellement d’épreuves qu’il a été tenté plus d’une fois de jeter l’éponge comme on dit dans un combat de boxe ! Alors quand vous en avez assez, quand vous trouvez que le Seigneur pousse le bouchon un peu trop loin en vous demandant de vivre des choses trop difficiles, eh bien, lisez Jérémie ! N’hésitez pas, comme Jérémie, à dire à Dieu ce que vous ressentez et dites-lui les choses comme vous les ressentez, vous pouvez tout lui dire parce qu’il en a déjà pas mal entendu !

Et Jérémie est un véritable exemple pour nous parce que, s’il râle souvent, son bon réflexe, c’est de râler vers le Seigneur. C’est exactement ce qui se passe dans la lecture d’aujourd’hui. Il se plaint auprès du Seigneur du complot qu’on trame encore contre lui … et ce n’est pas le premier ! Il en a tellement assez qu’il dit au Seigneur : fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras ! S’il ne veut pas prendre sa revanche lui-même, ce n’est pas parce qu’il aurait de la retenue, non, pas du tout ! Il compte sur Dieu parce que Dieu est plus puissant que lui alors il l’implore de donner une bonne correction à ses adversaires. Une correction dans laquelle il y aura toute la puissance divine, à ses yeux, c’est le seul moyen pour faire réfléchir ses adversaires !

Vous avez compris, le bon réflexe de Jérémie, c’est de ne pas chercher à se venger lui-même, mais de demander à Dieu de le faire pour lui. Et de fait, Dieu va mettre toute sa puissance divine à l’œuvre mais pas pour détruire, pour reconstruire. Si Jérémie a eu tant de problèmes, c’est qu’il prévenait le peuple et ses dirigeants qu’ils jouaient avec le feu en cherchant des Alliances avec les puissances environnantes pour échapper à la domination de Babylone. Les faux-prophètes, eux, ils avaient moins de problèmes, parce que, comme ils étaient payés par le gouvernement, ils proféraient des oracles qui leur étaient toujours favorables et qui endormaient le peuple. Vous voyez la politique n’a pas beaucoup changé !

Ce qui devait arriver arriva, Jérusalem va être envahie et le peuple partira en déportation à Babylone, mais ça ne sera pas la punition de Dieu, c’est la conséquence logique des mauvais choix des dirigeants. Il ne faut jamais voir la main de Dieu dans les fléaux qui frappent les hommes. Puisque Dieu ne punit pas, la revanche de Dieu, ça va être d’intervenir après la catastrophe en pardonnant pour reconstruire. Voilà ce que Dieu promet et ça sera sa revanche mais, il y aura d’abord à assumer les conséquences de tant de choix tordus.

Quand nous n’en pouvons plus, faisons comme Jérémie, confions notre cause à Dieu, laissons-lui le soin de nous montrer la revanche qu’il prendra ! Et soyons sûrs que la revanche, telle que Dieu la prendra, sera bien plus féconde que la raclée que nous espérions lui voir donner à nos adversaires. Car, voyez-vous, pour décourager quelqu’un de faire le mal, il y a deux méthodes.

  • Soit on lui fait peur en lui promettant une raclée. 
  • Soit on rend l’amour désirable et c’est délibérément la méthode que Dieu a choisie dans les Ecritures et c’est la méthode que va employer Jésus, nous allons le méditer avec une intensité de plus en plus grande dans les jours qui viennent.

Et puis dites-moi, au lieu d’être frustrés de constater que nos adversaires et les adversaires de Dieu ne vont pas prendre la correction qu’ils méritent, nous devrions plutôt en être heureux, être plutôt satisfaits de la manière dont Dieu prend sa revanche. En effet, il nous arrive, nous aussi, de temps en temps, de nous comporter comme les adversaires de Dieu.

Dans l’Evangile, ce qui a retenu mon attention, c’est la réponse des gardes du Temple aux prêtres et aux pharisiens qui les avaient envoyés arrêter Jésus : Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! Ils ont été tellement touchés par la prédication de Jésus que, courageusement, ils ne l’ont pas arrêté ce qui ne pourrait que leur causer des difficultés. De fait, à leur retour, ils se font sévèrement réprimander par ceux qui les avaient chargés de cette mission. 

Oui, ils sont courageux ces gardes, mais, hélas, leur courage ne durera pas. Dans une dizaine de jours, nous entrerons dans les jours saints et nous entendrons le récit de l’arrestation de Jésus par ce même détachement de gardes, venus avec des bâtons et des épées. Ils ne diront plus : Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! Ils l’arrêteront sans ménagement et sans se préoccuper de savoir s’ils ne seraient pas en train de participer à la plus grande injustice de toute l’histoire de l’humanité. Quelle inconstance ! Certes, ils étaient sans aucun doute manipulés car leurs chefs, depuis cette arrestation ratée, avaient dû les reprendre en mains pour qu’ils n’aient plus aucune hésitation et qu’ils soient totalement convaincus que Jésus était bien le pire ennemi de leur religion et un dangereux imposteur dans sa prétention à se présenter comme le Messie. Oui, ils étaient manipulés, mais ils avaient oublié ce qu’ils avaient dit après l’avoir entendu : Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! Le procès de Jésus sera d’ailleurs un festival d’inconstance généralisée. 

Là encore, nous pouvons nous reconnaître et demander, nous aussi, d’être guéris de nos inconstances. Un jour, nous sommes tout feu tout flamme et le lendemain, nous retombons dans la tiédeur vis-à-vis du Seigneur et dans la médiocrité vis-à-vis des autres. Nous aussi, nous sommes manipulés, mais cette fois, c’est par le Malin et nous résistons si mollement. 

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de la constance dans notre relation au Seigneur.

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