5 décembre : vendredi 1° semaine de l’Avent. Jésus est le Messie … mais pourquoi n’a-t-il pas été reconnu ?

Au cours de l’Avent, c’est pratique, l’Evangile et la 1° lecture ont été choisi pour se répondre comme en écho, ce qui n’est pas le cas dans le temps ordinaire. De cette manière, le lectionnaire nous mâche le travail afin que nous puissions relire les Ecritures, c’est-à-dire le Premier Testament, pour voir comment Jésus les accomplissait. Celui dont nous apprêtons à fêter la 1° venue est bien celui qui a accompli toutes les promesses de Dieu, pour ne reprendre que celles qui nous étaient annoncées dans la 1° lecture : il a fait entendre les sourds, il a fait parler les muets, il a rendu la vue aux aveugles … et tant d’autres prodiges ! C’est pour cela que l’Evangile d’aujourd’hui nous montrait Jésus faisant voir des aveugles et si on avait continué la lecture, juste après il faisait entendre et parler un sourd muet. Jésus est bien le Messie attendu et annoncé. 

D’ailleurs, rappelez-vous, quand Jean-Baptiste est dans sa prison et qu’il se pose tant de questions, il fait envoyer des émissaires auprès de Jésus pour lui demander : es-tu vraiment celui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? La réponse de Jésus est claire, il reprend ces signes qui devaient accompagner la venue du Messie et qui attestent donc de la vérité de son ministère. Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Mt 11,4-5 

Oui, mais alors, si tout est aussi clair, pourquoi Jean-Baptiste a-t-il eu des doutes ? Et surtout pourquoi Jésus n’a-t-il pas été reconnu par tous ses frères juifs comme le Messie attendu ? Pourquoi a-t-il été traqué, condamné comme un imposteur avec cette accusation : Toi qui n’es qu’un homme, tu te prends pour Dieu. Jn 10,33 En réfléchissant à ces questions, je me suis dit qu’il pouvait y avoir deux raisons :

  • La première, c’est, qu’aux yeux des juifs, la fin de Jésus est trop lamentable. C’est tellement difficile de pouvoir reconnaître qu’il est bien le Messie celui qui finit aussi piteusement sur la croix. Toute la catéchèse de Jésus aux deux disciples d’Emmaüs portera sur ce scandale : Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Lc 24,26-27 Avec eux, Jésus n’a pas cherché à leur montrer qu’il a accompli les signes messianiques, il a cherché à leur montrer que les Ecritures annonçaient que le Messie allait souffrir. Il a donc dû plus s’attarder sur la 2° partie du livre d’Isaïe, avec les poèmes du Serviteur souffrant que sur la première partie que nous lisons actuellement. Et puis, il y avait cette malédiction du Deutéronome que Paul rappellera dans la lettre aux Galates : Maudit soit quiconque pend au bois. Oui, d’un côté, il y a bien eu, de la part de Jésus, un accomplissement des signes messianiques, mais sa fin vient mettre un terme à toute hésitation. Mourant comme un maudit, il ne peut être le Messie. Nous aurons l’occasion de poursuivre ce volet de la réflexion au cours de la semaine sainte.
  • Mais il y a une 2° raison pour laquelle Jésus n’a pas été reconnu comme Messie. La 2° raison, c’est que si Jésus a accompli certains signes messianiques, il ne les a pas tous accomplis. Et c’est ce que je voudrais développer maintenant.

Il est incontestable que Jésus n’a pas accompli tous les signes messianiques annoncés dans la 1° lecture, je cite ceux qui ne semblent pas accomplis, vous les avez sûrement remarqués au cours de la lecture : car ce sera la fin des tyrans, l’extermination des moqueurs, et seront supprimés tous ceux qui s’empressent à mal faire. Au temps de Jésus, le tyran, c’était l’occupant romain et Jésus n’a rien fait pour l’exterminer, le supprimer, alors que ce sont les verbes qu’Isaïe utilisait. Et les tyrans ont continué à pulluler au cours de l’histoire jusqu’à aujourd’hui.

Donc, non seulement, il est mort lamentablement, mais en plus, il est mort sans avoir accompli la totalité du job ! Voilà pourquoi les juifs n’ont pas reconnu en Jésus le Messie et continuent de ne pas le reconnaître. Pourtant, s’ils avaient écouté Jésus, ils auraient compris que ça n’allait pas se passer comme ils l’espéraient tant. 

En effet, à la synagogue de Nazareth, quand Jésus commence son ministère, on lui tend le rouleau du prophète Isaïe et Jésus prend bien soin de ne pas lire le passage que nous avons entendu, il lit un autre passage dans lequel il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés. Aucune mention d’extermination des, tyrans, des méchants dans ce passage ! Il montre ainsi que dans sa mission, il a clairement choisi ce qu’il allait accomplir. Pour autant, on ne peut pas dire que sa venue n’ait pas marqué une victoire décisive contre le mal. En effet, pour vaincre le mal, il y a deux stratégies possibles. 

1° stratégie : Supprimer tous les méchants. Méthode radicale, mais qui pose une question de taille : qui en réchappera ? Parce que, nous en faisons, quotidiennement, la triste expérience, nous sommes tous peu ou prou complices du mal. En plus, Jésus n’est pas venu exterminer mais sauver. La plus grande victoire dont il rêve n’est pas la mort du méchant, mais sa conversion et son Salut.

C’est pour cela que Jésus mettra en œuvre une 2° stratégie : semer l’amour pour que l’accroissement de l’amour fasse reculer les frontières du mal. Implanter la lumière en croyant que la lumière fait reculer les ténèbres. Alors, c’est vrai, ça prend du temps, les ténèbres ne disparaissent pas totalement, pas tout de suite, mais c’est tellement plus efficace ! C’est ce que dit le proverbe bien connu : plutôt que de maudire les ténèbres, il vaut mieux allumer une lumière.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce d’être de ceux qui répandent la lumière de l’amour pour faire reculer les ténèbres de la haine.

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