23 décembre : Quand Dieu vient à nous pour que notre recherche puisse vraiment nous conduire à lui … Zacharie sort du silence !

Nous voyons presque les lumières de Noël tant la fête approche ! Pour parfaire notre préparation, j’ai choisi d’épingler cette parole de la 1° lecture : Et soudain viendra le Seigneur que vous cherchez. Cette parole, elle me semble bien nous présenter l’une des raisons de l’Incarnation, évidemment, il y en a bien d’autres ! Quand vous devez aller visiter quelqu’un et que vous êtes un peu perdu, vous l’appelez au téléphone et, habituellement, il va vous proposer de venir à votre rencontre pour vous guider ensuite jusqu’au but. Eh bien cette image me semble en parfaite résonnance avec la parole du prophète Malachie que j’ai épinglée. Et soudain viendra le Seigneur que vous cherchez

La recherche de Dieu, c’est l’une des caractéristiques de l’être humain. Après, certains refuseront de croire, mais il y a en tout être humain cette recherche qui est inscrite. Les anthropologues nous apprennent que, dans le processus d’évolution, c’est l’un des signes de l’hominisation. Quand peut-on dire que nous avons vraiment affaire à un homme ? Eh bien, il y a quelques repères que les anthropologues nous proposent parmi lesquels, la sépulture des morts, l’interdit de l’inceste, la création d’outils et l’ouverture à la transcendance. Inscrit au cœur des hommes, il y a donc cette ouverture à la transcendance et il n’y a rien d’étonnant à cela puisqu’ils ont été créés à l’image de Dieu, ils gardent en eux comme la nostalgie de leur origine.

Oui, mais voilà, cette recherche les a souvent conduits à imaginer un Dieu tellement loin de ce qu’est vraiment Dieu ; vous connaissez la boutade de Voltaire : Dieu a créé l’homme à son image et l’homme le lui a bien rendu ! C’est-à-dire que l’homme dans sa recherche de Dieu s’est souvent trompé un imaginant un dieu qui lui ressemblait. Alors, voyant notre incapacité à le connaître vraiment, Dieu a décidé de se révéler aux hommes. C’est tout le Premier Testament, une histoire qui commence avec Abraham, tous les patriarches, Moïse, les Juges et tous les prophètes.

Mais pour Dieu, ce n’était pas suffisant, certes, cette révélation réajustait la connaissance que les hommes pouvaient avoir de lui, mais Dieu rêvait de plus, il voulait que les hommes puissent aussi le rencontrer et c’est pour cela qu’il est venu en Jésus, Emmanuel, Dieu avec nous. Jésus a pu compléter la révélation car jusque-là personne n’avait osé dire que Dieu était Père. Jésus nous a permis et nous permet encore de rencontrer le Père : qui me voit, voit le Père, dira-t-il dans l’Evangile de St Jean. Et, en nous sauvant, Jésus nous ré-ouvrira le chemin qui conduit au Père, chemin que le péché avait rendu si incertain. Elle est donc belle, cette parole du prophète Malachie qui arrive presqu’au terme de notre cheminement d’Avent et qui vient récapituler la1° partie de la Révélation, telle que nous pouvons la ressaisir dans le Premier Testament.

Venons-en à l’Evangile, jeudi, nous assistions à l’entrée de Zacharie dans le silence que Dieu lui offrait et, aujourd’hui, nous assistons à sa sortie du silence. En entendant Zacharie parler à nouveau, nous voyons les bienfaits de cette bonne cure de silence ! Car je vous rappelle que Zacharie n’a pas été réduit au silence par punition, mais parce que Dieu avait entendu dans sa question qu’il avait compris que Zacharie n’était pas en core ajusté à sa volonté. Pour avoir le temps de s’ajuster, il fallait donc, pour Zacharie, ce silence qui lui permettrait de ne pas perdre son temps en bavardages inutiles. Avec l’Evangile d’aujourd’hui, nous constatons que Zacharie a bien utilisé le temps que Dieu lui avait donné : le silence a porté ses fruits. Désormais, Zacharie parle en ayant écouté le Saint Esprit, et ça change tout. Méditons quelques instants sur ces paroles.

La 1° parole de Zacharie dans ce texte, ce n’est encore pas une parole mais un écrit puisqu’il n’est pas encore sorti du silence. A cause de la demande du Seigneur, Elisabeth s’oppose à la coutume qui veut qu’on appelle le fils premier-né du nom de son père. Ainsi donc, pour obéir à l’ange, elle affirme : « Non, il s’appellera Jean. »Cette parole met tout l’auditoire dans l’étonnement, il faut que Zacharie confirme en écrivant lui-même : « Jean est son nom. »  La 1° parole de Zacharie visera donc à confirmer la parole, la décision de sa femme Elisabeth qui voulait se conformer en tout à l’ordre reçu de l’Ange. C’est donc clair, Zacharie préfère obéir à Dieu plutôt qu’aux traditions des hommes. 

La 2° parole qui sortira de la bouche de Zacharie, nous n’en connaissons pas le contenu exact mais le texte nous disait que Zacharie bénissait Dieu. Demain, nous entendrons le contenu de ces paroles de bénédiction, et comme ces paroles sont devenues une hymne que nous chantons tous les matins à l’office Laudes, je me permets d’en dire un mot. Cette hymne commence par une parole de bénédiction, de louange : Que soit béni, le Seigneur, le Dieu d’Israël ! Comme il est bon pour Zacharie, dès qu’il recommence à parler, de prononcer cette parole de louange adressée à Dieu ! Comme il nous est bon, nous aussi, de commencer nos journées avec la louange. Je ne commente pas plus longuement l’hymne puisque ce sera la lecture de demain, mais je voulais juste souligner le début.

Puisque Dieu nous a révélé qui il était, puisqu’il se donne à rencontrer en Jésus, par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de pouvoir toujours chanter ses louanges et vivre en étant le parfaitement possible ajustés à son amour.

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