Depuis que nous sommes entrés dans le temps de l’Avent, chaque jour, dans le livre d’Isaïe, nous avons entendu une ou plusieurs promesses de la part du Seigneur et de très belles promesses ! Je redis que, si nous lisons ces promesses dans le temps de l’Avent, c’est précisément parce que Jésus va être celui qui accomplira toutes ces promesses. Mais aujourd’hui, on fait comme une pause en ce qui concerne l’annonce des promesses. La 1° lecture, comme l’Evangile vont plutôt nous transmettre une plainte de la part du Seigneur. Si vous voulez, c’est un peu comme si le Seigneur nous disait qu’il est fatigué, il promet beaucoup, mais en face le peuple a un comportement qui vient comme faire échec à l’accomplissement de tout ce qu’il promet.
La plainte du Seigneur nous l’avons entendue, formulée en ces termes dans la 1° lecture : « Si seulement tu avais prêté attention à mes commandements. » Ce mot de commandement, nous le connaissons bien, nous l’utilisons souvent, et il est même bien possible qu’au catéchisme vous ayez appris ces 10 commandements qui transmettent un certain nombre d’obligations et un certain nombre d’interdictions. Quand on explique les choses comme ça, les commandements ne sont pas très attirants et, du coup, on comprend que beaucoup, comme le regrette le Seigneur, ne prêtent pas attention aux commandements. Présenter la foi comme une série d’obligations et une série d’interdictions, c’est sûr que ça n’est pas très attirant.
Mais Dieu, lui, il n’a jamais présenté les commandements de cette manière. Les juifs parlent d’ailleurs assez peu de commandements, ils préfèrent parler de « Paroles de vie. » Nous avons réfléchi là-dessus, le week-end dernier, avec les couples qui étaient venus pour un temps de récollection. Les commandements, ce sont des paroles qui balisent le chemin de la vie. En pays de montagne, ce qui rend la route sûre, ce sont les murets qui ont été construits ou les barrières de sécurité qui ont été installées et qui empêcheraient, en cas de dérapage, surtout quand il y a de la neige de tomber dans le précipice. Eh bien, les 10 commandements qui sont plutôt 10 paroles de vie, sont comme des barrières qui empêchent de tomber dans le vide. Tu veux savoir comment mener ta vie sans te perdre ? Il te suffit de suivre les 10 Paroles de vie, ces balises qui t’indiquent le bon chemin ! Tu veux savoir comment avancer dans la vie sans risquer de déraper et de te retrouver blessé ou même mort au fond d’un précipice ? Eh bien respecte les 10 Paroles de vie qui sont comme des barrières de sécurité.
Mais voilà, aujourd’hui, nous avons entendu Dieu se plaindre, parce que son peuple n’a pas compris ! Il pense que ces obligations et ces contraintes, Dieu les a mises pour limiter, pour surveiller sa liberté, alors régulièrement, il n’en fait qu’à sa tête et préfère sauter ces barrières. Du coup, c’est inévitable, il se retrouve au fossé ! Et tout est à recommencer, Dieu est obligé de venir à son secours pour le soigner et l’aider à sortir de cette situation dangereuse. Que de temps perdu, que d’énergie perdue ! On comprend que Dieu se plaigne : « Ah si seulement tu avais prêté attention à mes commandements ! » Et il explique tout ce qui aurait pu être vécu si le Peuple avait écouté mais qui a été gâché par ce comportement stupide : « ta paix serait comme un fleuve, ta justice, comme les flots de la mer. Ta postérité serait comme le sable ; son nom ne serait ni retranché, ni effacé devant moi. »
L’Evangile nous apporte aussi l’écho d’une plainte, mais là, c’est Jésus qui se plaint et il se plaint contre ceux qui sont toujours en train de se plaindre, qui sont toujours en train de râler, qui trouvent que ça ne va jamais comme il faudrait. Pour cela, il prend cette belle image : « Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine. » Il y en a qui sont toujours à contre-temps qui ne font que ce qu’ils ont envie et qui, ensuite se plaignent que les autres ou Dieu ne répondent pas à leur attente ! Ceux-là, ils voudraient être les maitres de tout, ils voudraient décider de ce que Jean-Baptiste aurait dû faire et pareillement pour Jésus !
Nous en connaissons de ces gens jamais contents et qui voudraient dicter le comportement de tout le monde y compris celui de Dieu. Ils sont fatigants ! Mais peut-être que nous en faisons partie à certains moments de notre vie. Alors, aujourd’hui le Seigneur nous interroge : au lieu de toujours vouloir me dicter et dicter aux autres ce qu’ils doivent faire, est-ce que tu accepterais de t’interroger un moment sur ce qu’il serait bon que TOI, tu fasses pour changer ? Ecoutons la plainte du Seigneur qui nous dit : je suis fatigué de te voir toujours à contre-temps, je suis fatigué de voir que tu sais toujours mieux que moi ce qui est bon pour toi et pour les autres !
Arrêtons de dicter sans arrêt au Seigneur comment il doit être et ce qu’il doit faire ! Laissons-le libre de faire en nous ce que Lui, il a décidé de faire et de le faire comme il a décidé de le faire. Il sait tellement mieux que nous ce dont nous avons plus le besoin et, avec chacun, il sait comment il doit s’y prendre. Si nous le laissons faire, si nous nous laissons faire, alors nous deviendrons comme l’homme dont il était question dans le psaume qu’on comparait à un arbre « planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira. » Quelle belle promesse !
Par l’intercession de Notre Dame de Laghet demandons la grâce de ne pas contrister le Seigneur aujourd’hui avec toutes nos gamineries !
