La 1° lecture que nous venons d’entendre nous a raconté la fin tragique d’Absalon, l’un des fils de David, pas le meilleur puisqu’il n’a cessé de comploter contre son père pour lui prendre le pouvoir. Avant de revenir sur cette fin tragique, je fais une remarque qu’il nous est toujours bon d’entendre et particulièrement quand on fait une retraite. David a été choisi par Dieu et nous nous rappelons le scénario de ce choix si déconcertant. Dans la maison de Jessé, le père, il y avait pas mal de fils, costauds et qui présentaient bien, mais ce n’est aucun d’eux que le Seigneur a choisi ! Il voulait David, le plus jeune, le plus frêle, celui qui ne payait pas de mine. Les choix de Dieu sont souvent déconcertants, nous nous en rendons compte chaque jour en nous étonnant que le Seigneur ait pu nous choisir, nous ! Manifestement, David n’est pas arrivé au pouvoir par une série de magouilles, il y est arrivé parce que c’est Dieu qui a voulu qu’il occupe ce poste. David a été choisi par Dieu qui savait ce qu’il faisait en le choisissant.
Oui, mais, pour autant, le règne de David n’aura pas été simple. Ce n’est pas parce qu’on a été choisi, appelé par Lui que Dieu nous promet qu’un tapis rouge sera déroulé devant nous pour éloigner toute difficulté. Les difficultés que David connaitra sont de deux ordres différents, comme les difficultés que nous pouvons rencontrer.
- Il y a d’abord celles qui viennent de notre entourage parce que nous ne sommes pas entourés par des personnes qui ne seraient que saintes, qu’il s’agisse de notre entourage immédiat ou de notre entourage plus large et même plus lointain. Davi n’a pas échappé à ces difficultés. Ce fut d’abord Saül, le roi qu’il était appelé à remplacer qui a tout fait pour essayer de l’éliminer. Et ensuite, ce fut son fils Absalon qui n’a cessé de comploter contre lui.
- Les autres difficultés que nous pouvons rencontrer viennent du fait que, nous-mêmes, nous ne sommes pas parfaitement saints, notre péché, nos choix tordus vont entrainer un certain nombre de difficultés. David n’a pas échappé à ces difficultés, nous pouvons nous rappeler du monstrueux péché de David, prenant Bethsabée, la femme de son général en chef, péché que j’ai décliné en 13 péchés dans le commentaire que je faisais de ce texte. Et puis, il y eut ce recensement dans des perspectives guerrières que Dieu considérait comme un péché grave et qui fut suivi de bien tristes conséquences. Tout cela, bien évidemment, sans compter toutes les médiocrités, vécues au quotidien par David, comme par chacun de nous car, comme on le dit souvent, là où il y a des hommes, il y a de l’hommerie. Et sans doute que, là où il y a des femmes, il y a de la « femmerie » !
Comme vous le constatez, le fait d’avoir été choisi par Dieu ne nous épargne pas les difficultés, quelles qu’en soient les origines. Nous ne serons jamais au repos, le combat spirituel sera notre lot quotidien tant que la miséricorde du Seigneur ne nous prendra pas avec lui pour toujours.
Revenons donc à la fin tragique d’Absalon et à la réaction étonnante de David. Oui, cette mort d’Absalon est vraiment tragique, le texte donne suffisamment de détails pour nous en persuader. Evidemment, il ne s’agit pas d’une punition de Dieu, nous devons sortir de notre tête, ces principes si peu conformes à la Révélation qui nous dit que Dieu est amour et qu’il n’est qu’amour. Non, c’est simplement l’illustration du vieux proverbe : qui sème le vent, récolte la tempête ! La violence utilisée par les violents finit par leur revenir comme un boomerang !
Ce qui va être touchant, c’est la réaction de David qui aurait pu dire : bien fait ! Bon débarras ! Mais non, malgré tous ses mauvais agissements, Absalon restait son fils. Dans ces versets, l’expression de la paternité de David est une belle image de ce qu’est la paternité de Dieu à notre égard. Même lorsque nous nous égarons complètement, nous restons les enfants bien-aimés de Dieu, parce qu’il est Père : l’amour qu’il nous porte est inconditionnel. Pour autant, même avec cet amour inconditionnel, Dieu, notre Père ne peut pas faire que nos péchés n’aient pas de conséquences. Cette fin tragique d’Absalon le montre très bien.
Je n’ai plus beaucoup de temps pour commenter l’Evangile ! Vous avez d’ailleurs pu vous rendre compte qu’en semaine, de manière habituelle, je préfère commenter la 1° lecture.
Les Evangiles, je les commente le dimanche de manière détaillée ! Alors, pour avoir un commentaire détaillé de cet Evangile, rendez-vous le 13° dimanche du temps ordinaire de l’année B, c’est-à-dire qu’il faudra patienter un peu !
Je voudrais quand même nous donner une piste de méditation pour reprendre ce texte à un moment ou à un autre de la journée. Ce qui unifie ces deux miracles imbriqués, c’est le fait que le ministère de Jésus est au service de la vie. Il dira lui-même : je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Jn 10,10 Ce ne sont pas que des belles paroles, c’est la ligne conductrice de tout son ministère et on le voit bien à travers ces deux miracles dans lesquels Jésus rend la vie à celles qui l’avaient perdue.
- C’est bien évident avec la fille de Jaïre qui était morte et à qui Jésus rend la vie. Avec ce détail étonnant, livré à la fin, sur son âge : elle avait 12 ans. Les psys qui ont relu ce texte ont été attentifs à ce détail. En effet, 12 ans, c’est l’âge, dans le judaïsme, où l’enfant devient adulte. Or cette fille, elle est comme couvée par son père qui la voit encore « bien jeune », nous disait le début du texte, un père qui prend donc toute la place, c’est seulement à la fin qu’on apprend qu’elle a aussi une mère, un père qui, sans mauvaises intentions, bien sûr, ne la laissait pas grandir, l’étouffant de sa présence trop protectrice. Jésus ne fait donc pas que lui rendre la vie, il l’ouvre aussi à la vie, une vie nouvelle dans laquelle elle va pouvoir enfin exister et s’épanouir. C’est ce que suggère la tournure : Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! Jésus lui signifie devant ses parents qu’elle n’est plus une enfant et le verbe lève-toi est le verbe de la résurrection. Oui, Jésus est bien venu lui donner la vie et la vie en abondance !
- C’est également le cas avec cette femme victime de saignements depuis 12 ans. Nous le savons, ces saignements rendaient une femme impure et l’excluait donc de la vie religieuse et sociale puisque plus personne ne devait rentrer en contact avec elle. En la guérissant, Jésus lui permet, à elle aussi de ressusciter, c’est bien ce que suggère la parole qu’il adresse à cette femme en lui disant que, non seulement elle est guérie, mais aussi sauvée.
Et vous aurez remarqué que, dans les deux cas, il y a un toucher : il se laisse toucher par la femme et il touche la jeune fille. Dans les deux cas ce toucher n’aurait pas dû avoir lieu car la femme en écoulement de sang était impure et contaminait de son impureté tous ceux qu’elle touchait et la jeune fille, tous ceux qui la touchaient devenaient impurs puisqu’elle était morte. Mais Jésus en acceptant ce toucher manifeste qu’il est venu inverser les vieux principes de pureté. Avec lui, désormais ce n’est plus l’impur qui vient contaminer le pur, mais le pur qui contamine l’impur en le purifiant.
Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons que ces paroles entendues aujourd’hui fassent leur travail dans nos cœurs en nous faisant sortir de toute forme de violence et en nous purifiant pour nous donner la vie en abondance.
