27 juin : jeudi 12° semaine temps ordinaire : le chrétien un équilibriste !

Hier, c’était un très grand événement qui nous était rapporté dans la 1° lecture avec ce rouleau de la Loi retrouvé après un ménage sérieux dans les sacristies du Temple, aujourd’hui, c’est un événement très douloureux. C’est la preuve que la réforme entreprise par le grand roi Josias s’est éteinte avec lui. Ses successeurs ne seront pas à la hauteur et en plus, ils ont été choisis, non plus par Dieu mais par Pharaon, le maitre du monde à l’époque, ce fut d’abord Jokaz, roi de pacotille qui ne règna que 3 mois, puis Eliakim, fils de Josias, mais pas à la hauteur de son père. Et enfin, nous arrivons à celui dont nous parlait la lecture, Jékonias,, un gamin arrivé au pouvoir sans préparation. Pharaon et l’Egypte sont en train de perdre leur puissance au profit d’une nouvelle grande nation, Babylone et son roi, Nabuchodonosor, dont les rêves hégémoniques étaient sans limites ! Face à ce grand péril, le roi, au lieu de s’appuyer le Seigneur, comme l’avait fait Ezéchias dont l’histoire nous était racontée mardi, ce mauvais roi va se rendre espérant sauver sa peau, mais il ne sauvera ni lui, ni sa famille, ni son peuple et c’est le début de cette période si compliquée de l’Exil à Babylone. Ce triste épisode est l’illustration parfaite de ce que Dieu avait dit par le prophète Isaïe : si nous ne tenez à moi, vous ne tiendrez pas. Is 7,9. C’était ainsi au temps de Jékonias et ça reste vrai aujourd’hui !

Venons-en à l’Evangile, à propos duquel j’aimerais souligner quatre points qui nous permettront de voir que vivre en chrétien, c’est un vrai travail d’équilibriste !

1° point, certains invoquent parfois ce texte pour justifier le fait qu’ils prient peu en se présentant comme étant plus Marthe et Marie et, pour se justifier, ils disent : Jésus lui-même a dit : Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le royaume des Cieux. Oui, c’est vrai, Jésus a dit que d’avoir le nom du Seigneur, sans arrêt, sur les lèvres ça ne suffisait pas. Mais il n’a pas dit que c’était mauvais, il a juste dit que ce n’était pas suffisant ! Il faut faire la volonté de Dieu, dit Jésus, mais la volonté de Dieu, ça ne peut pas être qu’on n’aille jamais à la messe, qu’on ne prie pas ! Comment Dieu pourrait-il vouloir qu’on vive déconnecté de Lui ? Ce n’est pas pensable ! Maintenant, c’est vrai, une prière qui ne débouche pas sur des actions est une prière hypocrite qui ne peut pas contenter le cœur de Dieu. Et Jésus est très incisif dans ces paroles, ceux qui pensent que le fait d’exercer les plus grands charismes, les plus spectaculaires, les mettent à l’abri se trompent car le plus grand des charismes, nous dit St Paul, c’est la charité.

2° point, dans les deux petites paraboles que Jésus raconte pour parler de nos vies qui ressemblent à des maisons construites soit sur le sable, soit sur le roc, vous aurez remarqué que dans les deux cas, Jésus évoque la pluie, les torrents, les vents, bref, c’est comme s’il disait qu’une vie sans tempête, ça n’existe pas. Cela nous rappelle bien ce que nous avons entendu dimanche dernier dans l’Evangile de la tempête apaisée et le commentaire que j’en faisais. Je disais qu’une vie sans tempête, c’est ce dont nous rêvons tous, mais ça n’existe pas ! En tout cas Dieu ne nous la promet pas, mais ce qu’il nous promet c’est d’être avec nous lorsque nous affronterons la tempête. Et ce texte rajoute une précision extrêmement précieuse, Jésus nous dit que les tempêtes feront beaucoup moins de dégâts dans nos vies si elles sont bâties sur des fondations solides.

3° point qui me permet de préciser ce que je viens de dire. Les fondations, dans une maison, c’est ce qui ne se voit pas mais qui assure la solidité de la maison. Aujourd’hui, avec le dérèglement climatique, beaucoup de maisons se fissurent parce que les fondations n’étaient pas assez profondes, solides. Certains ont fait le choix d’économiser sur ce qui ne se voyait pas pour avoir davantage de moyens à consacrer à ce qui se voyait. Préférer une piscine à des fondations solides, c’est un très mauvais choix ! Or, aujourd’hui, nous sommes dans une société qui encourage plutôt à miser sur ce qui tape à l’œil, sur le superficiel plutôt que sur les fondations. Peu à peu nous voyons tout ce que ça peut entrainer comme dégâts dans la vie des gens.

  • C’est sûr que passer du temps à prier, parfois dans l’aridité, sans que personne ne le voit, pour assurer la solidité de sa vie, extérieurement, ça pourra sembler assez peu gratifiant pourtant c’est essentiel pour la fécondité de nos vies, de nos missions.
  • C’est sûr que, pour des parents, passer du temps à jouer, à parler avec leurs enfants, dans un premier temps, le résultat sera moins voyant que si ce temps avait été passé à l’embellissement de la maison et de ses abords. Mais l’avenir montrera que l’investissement était essentiel !

4° point : les versets de cet Evangile étaient les derniers de ce fameux sermon sur la montagne qui occupe les chapitres 5 à 7 de l’Evangile de Matthieu et que nous lisons dans une lecture quasi-continue depuis le 10 juin. Ce grand sermon de Jésus, donné sur la montagne et inauguré par les Béatitudes est d’une profondeur extraordinaire. C’est donc pour le conclure que Jésus a choisi de donner ces deux petites paraboles qu’il introduisait par ces mots : celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique ou ne les met pas en pratique est semblable à un homme qui a construit sur le sable ou sur le roc. Il est donc clair que, pour Jésus, dans ce sermon, il y a tout ce dont nous avons besoin pour construire nos vies de manière solide à condition que nous mettions ces paroles en pratique. C’est pour cela qu’au début, il disait qu’il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur !

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de tenir au Seigneur et de garder ses paroles dans notre cœur pour qu’il nous fasse tenir même lorsque les tempêtes viendront secouer nos vies.

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