21 juin : samedi 11° semaine ordinaire. Quand nos vies ressemblent à un désastre, il est urgent de les réorienter !

Ces 2 lectures sont une bénédiction pour la conclusion de notre matinée de prière de guérison.

Commençons par la 1° lecture, Paul commence par raconter l’histoire d’un homme qui a eu des révélations extraordinaires, tellement extraordinaires qu’elles auraient pu rendre cet homme très orgueilleux. Mais, justement pour le préserver de l’orgueil, il lui a été donné une faiblesse humiliante. Très vite, nous comprenons que Paul parle de lui et nous pouvons admirer son humilité. En effet, lui, le grand St Paul, le témoin si exceptionnel qui s’est si bien racheté d’une première partie de vie pas glorieuse en tant que persécuteur des chrétiens, nous fait une confidence étonnante : il a une faiblesse sans doute suffisamment humiliante pour qu’il l’appelle une écharde dans sa chair. Vous savez quand on se met une écharde dans un doigt, ça devient obsédant, on ne pense plus qu’à ça tant qu’elle n’est pas enlevée ! Eh bien cette faiblesse était devenue obsédante pour Paul, il ne pensait plus qu’à ça ! Voilà pourquoi il a prié pour en être débarrassé.

Or, la réponse du Seigneur est étonnante, je l’explicite un peu, c’est comme si le Seigneur lui disait : non, Paul, cette faiblesse, tu vas la garder car ma puissance ne pourra donner toute sa mesure en toi qu’à la condition que toi, tu reconnaisses ta faiblesse. Si tu étais sans faille, tu deviendrais vite orgueilleux, ne comptant que sur toi, alors fais confiance à ma grâce qui pourra faire des merveilles, même à travers tes pauvretés, grâce à tes pauvretés, qui t’obligeront, en permanence à compter sur moi, à me laisser agir en toi.

Evidemment, ça ne veut pas dire que nous n’avons pas le droit de demander la guérison spirituelle de tel ou tel défaut humiliant, nous pouvons demander la guérison, mais si nous ne la recevons, ce n’est pas que le Seigneur nous a oubliés, c’est simplement qu’il nous redit, comme à Paul : ma grâce te suffit, ta faiblesse t’obligera à croire que je ne méprise pas les pauvres, les imparfaits, bien au contraire ! C’est en eux, à travers eux que je réalise les plus grandes merveilles parce que, eux, ils sont obligés de compter sans cesse sur moi ! Réjouissons-nous donc d’être des pauvres, des imparfaits, enfin, nous ne pourrons nous en réjouir que si pauvreté et imperfection nous tournent toujours plus vers Dieu.

Venons-en à l’Evangile, nous avons entendu cet avertissement de Jésus que nous connaissons bien : « Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. » Vous avez remarqué le vocabulaire utilisé par Jésus, il ne dit pas : « vous ne devez pas servir Dieu et l’Argent » il ne dit pas : « quand on est chrétien, ça ne se fait pas de servir deux maîtres. » Non, il ne fait pas une leçon de morale, il dit, plein d’inquiétude : « méfiez-vous, ce n’est pas possible d’aimer Dieu et l’Argent, ce n’est pas possible de servir l’un et l’autre en même temps. » Finalement, c’est un peu comme si Jésus nous disait : « à refuser de choisir entre Dieu et l’Argent, vous finirez écartelés » Vouloir servir en même temps Dieu et l’argent, c’est faire de manière continuelle un grand écart qui finira par nous écarteler. 

Alors, peut-être qu’un certain nombre d’entre nous pensent, légitimement, qu’ils ne sont pas trop concernés. Les sœurs qui vivent en communauté et qui ont fait vœu de pauvreté ou encore tous ceux qui ne sont pas richissimes pourraient penser qu’ils ne sont pas concernés ! Pourtant, méfions-nous, car cet amour de l’Argent peut être plus envahissant que nous le pensons, la meilleure manière de le détecter, c’est de vérifier si nous aimons donner ou si ça nous coûte. J’aime bien cette formule qui dit : ceux qui ne donnent pas ne savent pas ce qu’ils perdent ! Et puis, faisons bien attention, car il y a un petit détail qui devrait nous rendre extrêmement vigilants. 

Dans le texte d’Évangile, le mot Argent est écrit avec une majuscule. Ça pourrait sembler étonnant, parce que d’un côté Jésus dénonce l’attrait de l’argent et en même temps, son nom est écrit avec une majuscule… une majuscule comme pour un nom propre, alors qu’il s’agit de qualifier l’argent qui trop souvent entraine les hommes dans du « pas très propre » ! 

Dans le texte grec, le mot utilisé, c’est Mammon. Mammon, c’est la richesse adorée comme un dieu. Mais là où c’est terrible c’est que Mammon, cette idole qui veut se faire adorer comme un dieu, son nom a la même racine que ce petit mot que nous prononçons si souvent à la messe, je veux parler du mot Amen. Quand vous dites Amen à la messe, c’est comme si vous disiez : je crois à ce qui vient d’être dit, c’est vraiment du solide. C’est là que se trouve l’arnaque ! Si vous aimez les jeux de mots, je dirai que l’argent, qui, trop souvent, salit, a voulu se donner un nom propre ! En choisissant ce nom propre dont la racine évoque la solidité, nous voyons bien l’arnaque. Mammon, c’est donc le mensonge, l’argent qui vous fait de l’œil pour mieux nous séduire et qui, si nous le servons, va vous asservir, nous faire perdre notre liberté. Plus nous nous rapprocherons de Dieu et plus nous serons libres parce que nous aurons su remettre chaque chose à leur vraie place. Plus nous nous attachons à l’argent ou à d’autres idoles et plus nous perdons notre liberté. C’est la guérison la plus fondamentale dont nous avons tous besoin. 

Pour s’être laissé asservir par des idoles, certains se sont trouvés tellement écartelés qu’ils finissent par dire que leur vie est devenue un désastre. Savez-vous que ce mot « désastre » signifie qu’on a perdu l’astre ? Ma vie est un désastre quand j’ai mis à la place de Dieu, le seul astre qui doit briller dans ma vie, des idoles. Ce sont elles qui font de ma vie un désastre, une vie sans l’astre, sans la lumière de l’amour ; ce sont elles qui me plongent dans une vie sombre, ratée parce que tournée sur moi-même et sur ce qui n’a aucune consistance. Il nous faut donc réorienter nos vies, mais, là encore, savez-vous que ce mot « orienter, réorienter » signifie justement qu’on cherche à retrouver l’orient. Or l’orient symbolise Dieu car c’est à l’Orient que se lève le soleil, l’astre qui, seul, peut vraiment orienter nos vies. Avec les idoles, nos vies deviennent un désastre, avec le Seigneur, elles sont réorientées car il n’est qu’amour et nous fait vivre dans l’amour.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de croire que la grâce du Seigneur nous suffit si nous décidons de rompre avec toutes nos idoles.

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