16 octobre : mercredi 28° semaine ordinaire … LE fruit de l’Esprit … pour ceux qui se laissent conduire par l’Esprit !

C’est notre dernier jour avec l’épitre aux Galates, alors profitons-en ! Nous sommes gâtés avec ce très beau texte des fruits de la chair et des fruits de l’Esprit. L’Ecriture aime ces tableaux en noir et blanc. Nous connaissons le texte du Deutéronome au chapitre 30 : vois, je mets devant toi la vie et la mort, le bonheur et le malheur, choisis ! Avec des paroles aussi carrées, on comprend mieux que tous nos choix, même les plus petits, ont des conséquences. Ce que nous faisons, ce que nous décidons de faire ou de ne pas faire car l’action et l’omission sont aussi importantes l’une que l’autre, tout va nous permettre d’avancer soit sur le chemin du bonheur et de la vie, soit sur le chemin du malheur et de la mort. 

Avec ce texte de l’épitre aux Galates, nous sommes dans la même logique. Mais là, c’est l’opposition entre chair et Esprit qui est mise en avant. La chair, nous le savons, dans les lettres de Paul, c’est l’homme livré à lui-même, c’est l’homme qui n’agit qu’en tenant compte de ses instincts qui souvent le tirent vers le bas et c’est l’homme qui n’agit qu’en comptant sur ses propres forces. C’est pourquoi il y a cette liste impressionnante d’œuvres mauvaises, dans laquelle nous pouvons puiser, si nous sommes en mal d’inspiration, quand nous allons nous confesser ! A l’opposé, il y a cette liste des fruits de l’Esprit, une corbeille de fruits dans lesquels les fruits sont tous plus désirables les uns que les autres. Ayant expliqué ce principe général, je voudrais faire maintenant 2 remarques.

1/ La présentation que je viens de faire a un inconvénient, c’est qu’elle laisse croire que nous sommes perpétuellement devant un choix à faire. Ce n’est pas ainsi que Paul voit les choses. Le début et la fin de la lecture nous aident à le comprendre. « Si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi. » Ça c’était la parole du début, mais la parole de la fin est, elle aussi, à entendre : « Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. » C’est-à-dire que, pour Paul, il est clair qu’à notre Baptême, il y a eu quelque chose de définitif qui s’est produit : nous appartenons au Christ et nous avons été revêtus de l’Esprit qui nous garde dans la communion avec le Père en nous tournant vers les frères pour leur partager cet amour que nous ne cessons de recevoir. 

Il me semble que Paul veut nous dire que nous n’avons pas à choisir en permanence, ce qui serait bien fatigant. En fait, le choix, il a été fait, nous n’avons plus qu’à nous laisser conduire, le mot revient au début et à la fin. C’est-à-dire que de manière assez naturelle, nous n’avons qu’à consentir à l’Esprit qui habite en nous, qui nous conduit et crée cet « habitus » qui nous pousse au bien. Depuis notre baptême, le bien, l’amour du bien est inscrit en nous. Il n’y a pas à constamment choisir, c’est fait, laissons-nous conduire par l’Esprit qui nous habite.

2/ Deuxième remarque, vous avez peut-être été étonnés par le singulier qui ouvrait la liste impressionnante des fruits de l’Esprit, Paul disait : LE fruit de l’Esprit, c’est l’amour. Ce singulier est là pour nous dire que les autres fruits ne seront que la déclinaison de ce fruit unique, une déclinaison que le Saint Esprit offre de manière variée à chacun selon les circonstances de sa vie et ses besoins relationnels et missionnaires. Nous ne devons pas nous étonner d’entendre que LE fruit de l’Esprit, c’est l’amour. Nous connaissons tous cette belle affirmation de Paul en Rm 5,5 : « c’est l’amour qui a été répandu dans nos cœurs quand l’Esprit-Saint nous a été donné. » Ce que nous appelons donc peut-être un peu trop rapidement LES fruits de l’Esprit ne serait en fait que la déclinaison de cet unique fruit en une multitude de charismes, c’est-à-dire de dons qui sont offerts à chacun pour l’accompagner dans le moment présent et lui permettre de vivre en disciple-missionnaire. En clair, ça signifie que nous n’avons pas à choisir dans la corbeille de fruits celui ou ceux qui nous intéresseraient. Nous avons à choisir de nous laisser conduire par l’Esprit et lui répandra l’amour en nous cœurs, un amour qui prendra certaines qualités à tel moment et d’autres qualités à d’autres moments.

Se laisser conduire par l’Esprit, c’est sans doute ce qui manquait le plus aux pharisiens et aux docteurs de la Loi que Jésus va déclarer malheureux. Parfois nos bibles titrent : malédictions de Jésus à l’égard des pharisiens. Non, Jésus ne les maudit pas, il ne les condamne pas, Jésus ne condamne jamais, il est, au contraire, plein de compassion, il pleure devant leur malheur, c’est le sens du mot « malheureux ». Ainsi, cet évangile va apporter une note qui complète ce que je viens de dire. Quand on ne se laisse pas conduire par l’Esprit, on ne fait pas forcément de mal. En payant la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, ils ne font rien de mal. Mais ne pas faire de mal, ce n’est pas suffisant ; ne pas faire de mal, ce n’est pas encore faire du bien ! Il y a une manière minimaliste de vivre dans les clous par rapport à la Loi qui est tellement loin des sommets de l’amour sur lesquels l’Esprit veut nous entrainer si nous nous laissons conduire par Lui. 

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de nous laisser conduire par l’Esprit pour que nos vies puissent porter beaucoup de fruits.

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