20 juillet : 16° dimanche C : 5 manières de répondre au Seigneur quand il nous demande l’hospitalité.

Quand j’étais à l’école, je me rappelle, on nous donnait un texte à étudier et l’une des premières tâches qui étaient demandées, c’était de donner un titre à ce texte. Imaginons que nous soyons à l’école, quel titre donneriez-vous aux textes de ce dimanche ? Personnellement, le titre qui m’est venu à l’esprit, c’est : 5 manières de répondre à la demande d’hospitalité du Seigneur. 

Nous allons commencer par l’Evangile qui nous présentait deux manières de répondre à la demande d’hospitalité de Jésus qui est arrivé à l’improviste chez Marthe et Marie. Et c’est très intéressant de voir que la manière dont Marie est aux antipodes de celle de sa sœur Marthe.

Commençons par Marthe ! Elle voit Jésus qui arrive sans avoir prévenu, alors Marthe est paniquée, il n’y a rien à manger ! Vous voyez tout de suite le problème. Marthe ne cherche pas un seul instant à savoir ce qui a poussé Jésus à venir faire une halte chez eux, elle va lui donner ce que, elle, elle pense être bon pour lui, alors elle s’affaire en cuisine pour mijoter le plus vite possible un bon repas ! Mais Jésus n’était sans doute pas venu poussé par la faim, si ça avait été le cas, il aurait eu la délicatesse de prévenir la famille, car Jésus était infiniment délicat. Vous voyez le reproche que Jésus va adresser à Marthe nous apprend la bonne attitude quand le Seigneur demande l’hospitalité dans notre cœur. Il n’a aucune envie que nous disparaissions en nous activant. Certes se mettre au service des autres est très bon, mais il y a un temps pour tout ! Quand c’est le moment de la prière, ce moment où le Seigneur demande l’hospitalité dans notre cœur, ce n’est pas le moment de s’agiter, de trouver des prétextes pour faire autre chose !

Quant à Marie, Jésus la donne en exemple parce que, dans la situation présente, elle a fait ce qu’il était bon de faire. Et ce qu’il était bon de faire, c’était de rester avec Jésus. D’ailleurs, imaginez un seul instant qu’elle ait agi comme Marthe, Jésus serait resté seul, car dans ce passage, Lazare ne semble pas être présent à la maison. Laisser Jésus seul, alors que Jésus était venu dans la maison de ses amis vivre un moment d’amitié, mendier un moment d’amitié, ça aurait été vraiment inconvenant ! Marie a perçu ce qu’était le désir de Jésus, c’est pourquoi elle reste avec lui. Et elle, elle ne fait aucun reproche à sa sœur, elle ne lui fait pas de leçon en lui disant : tu n’as rien compris, tu es mal élevée, fais comme moi et tout ira bien ! Non, elle suit l’élan de son cœur et elle accepte que l’élan du cœur de sa sœur soit autre. Que de fois, l’élan de notre cœur profond nous pousse à prendre un moment d’intimité avec Jésus et nous ne le suivons pas en faisant autre chose ! Suivre l’élan de notre cœur et ne pas juger ceux qui font autrement que nous, voilà le secret que nous révèle Marie dans ce texte.

Maintenant, venons-en à la 2° lecture. Vous pourriez me dire que vous ne voyez pas bien où il est question d’hospitalité. C’est vrai, mais je la lis avec l’Evangile en arrière-fond, c’est pour cela que je parle d’hospitalité. Paul nous fait une confidence concernant les difficultés qu’il rencontre et la manière dont il les vit. Voici ce qu’il disait : maintenant je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous ; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église. Par cette confidence, Paul nous partage comment il accueille le Christ au cœur des difficultés qu’il traverse, comment il vit son union au Christ dans les épreuves qui sont les siennes. Parce qu’il est toujours plus facile d’être uni à Jésus quand tout va bien, de lui accorder une hospitalité généreuse quand tout réussit. Avec la confidence que Paul nous fait, nous comprenons qu’il a décidé, car c’est toujours un choix, de ne pas se révolter. Il sait que le Seigneur n’est pas responsable de ses épreuves, il ne se rebelle donc pas contre lui. C’est même le contraire, il se rappelle que Jésus, lui aussi a souffert injustement, alors, il décide vivre ses souffrances en communion avec Jésus. La formule qu’il utilise nous laisse souvent perplexe : ; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église. Est-ce qu’il manquait quelque chose à souffrir ? Jésus n’a-t-il pas assez souffert ? Ce que Paul veut dire c’est qu’il est uni à Jésus qui a souffert à cause de la haine des hommes, lui aussi est victime de la haine, alors il veut vivre cette souffrance en communion avec Jésus. Jésus a vécu sa passion dans l’amour, le pardon, Paul fera de même pour que l’Eglise en tire le plus grand bénéfice. Savons-nous vivre cette même union à Jésus quand la souffrance s’invite dans nos vies ?

Enfin, les deux derniers exemples, ce sont Abraham et sa femme Sara. Comme Marthe et Marie leur attitude est aux antipodes. Ils semblent avoir tout de suite compris que ces mystérieux visiteurs sont des envoyés de Dieu ; l’attitude d’Abraham qui se prosterne le montre très bien. Et de manière paradoxale, l’attitude de Sara, montre qu’elle aussi, a très bien compris que ce sont des envoyés de Dieu qui arrivent, c’est pourquoi elle ne sort pas de sa tente. C’est Abraham qui va être obligé de faire jouer son autorité pour qu’elle préparer à manger à ces visiteurs. Normalement, en Orient, dès que des visiteurs arrivent, la femme de la maison se met aux casseroles, un peu comme Marthe l’a fait. Mais, là Sara ne bouge pas et elle ne bouge pas parce qu’elle a compris que c’étaient des envoyés de Dieu. En effet, elle en veut au Bon Dieu qui a fait une promesse à son mari, une belle promesse : eux qui sont vieux et elle qui, en plus, est stérile, ils vont avoir une descendance. Seulement voilà, rien n’arrive et eux, ils vieillissent de plus en plus. Alors elle est fâchée contre le Bon Dieu, du coup, elle ne bouge pas pour accueillir ces voyageurs, envoyés par Dieu. Et nous sommes-nous plutôt à l’image d’Abraham qui vit dans la confiance et l’espérance ? Il ne comprend pas pourquoi Dieu tarde, mais il croit que Dieu est Dieu, alors, à l’inverse de sa femme, ces envoyés, il les accueillera comme ils méritent d’être accueillis sans tenir compte de ses états d’âme.

Au cours de cette semaine, nous pourrons méditer sur ces 5 figures de l’hospitalité et demander, par l’intercession de Notre Dame de Laghet d’ouvrir généreusement la porte de notre cœur quand le Seigneur nous demande l’hospitalité.

Cette publication a un commentaire

  1. Marion Berger Fayard

    J’avais perdu le père Hébert de vue lorsqu’il était parti en Afrique. Je suis ravie de le retrouver lui et ses homélies et je vais reprendre la lecture interrompue il y a quelques années. Merci à vous et votre énergie à nous faire grandir dans la foi. Et cette après midi, une visite à N Dame de Laghet

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