27 décembre : Saint Jean … le disciple bien-aimé.

Le déploiement de la liturgie est un enseignement magnifique. Alors que nous sommes dans l’Octave de Noël, nous pourrions nous attendre à recevoir des textes qui nous permettent d’approfondir le mystère de l’Incarnation, mystère en forme de cadeau, tellement grand qu’il nous faut bien une semaine pour le déballer ! C’est ce qui se passe à Pâques, l’octave pascale nous fait entendre tous les textes d’apparition pour que nous puissions explorer ce que recouvre l’affirmation, fondement de notre foi : Christ est ressuscité ! Pour Noël, il en va autrement, au moins les premiers jours, ce ne sont pas des textes qui nous sont proposés pour nous accompagner dans l’approfondissement du mystère de l’Incarnation, mais des figures de sainteté. 

Hier, c’était celle d’Etienne qui nous invitait à ne pas rester focalisés sur un Noël purement sentimental puisque nous étions entrainés à déjà contempler le but de l’Incarnation qui est la Rédemption.  Aujourd’hui, c’est la figure de St Jean qui nous est proposée comme une invitation à vivre dans la proximité, dans l’intimité avec Jésus. Le mystère de l’Incarnation nous émerveille devant la proximité que le Seigneur a voulu vivre avec les hommes. Il s’est vraiment fait l’un de nous pour être l’Emmanuel, Dieu avec nous. Oui, il est Dieu avec nous, mais nous, serons-nous avec lui, près de lui ? C’est cette question qui nous est posée en cette fête de l’apôtre Jean, lui qui a vécu une telle proximité avec Jésus qu’il a reçu le titre d’apôtre bien-aimé.

Et quand on est proche de Jésus, cette proximité, cette intimité va nous conduire à vivre dans un émerveillement permanent. La foi véritable qui se traduit par cette proximité choisie et entretenue conduit forcément à l’émerveillement ! Comment voir dans les blasés de la foi des amis, des intimes de Jésus ! St Jean, par cette proximité entretenue n’a jamais été un blasé, on l’a bien entendu dans la 1° lecture. Nous savons que St Jean a été disciple de Jésus très jeune, par contre il écrit son Evangile et ses lettres au soir de sa vie. 

Alors, au soir de sa vie, il n’en revient toujours pas de la grâce qui lui a été faite d’avoir pu contempler et de continuer à contempler la grandeur du mystère de la foi. Celui qui était depuis le commencement, Celui que nous avons entendu, Celui que nous avons vu de nos yeux, Celui que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, c’est le Verbe de vie. En Lui, la vie s’est manifestée, la vie éternelle qui était auprès du Père, nous l’avons vue !  Et quand il écrit cela, il prend conscience que ce qu’il dit est tellement inouï, impensable, qu’il tient à le répéter : Oui, oui, c’est bien vrai, le Verbe de vie, nous l’avons vu et nous l’avons entendu et c’est Lui que nous vous annonçons. Jusqu’au soir de sa vie, il restera dans cet émerveillement qui est l’une des caractéristiques de la foi vivante.

Nous ne pouvons qu’être touchés par ce témoignage si fort que nous livre St Jean de son expérience de proximité avec Jésus. Dans le même temps, il se peut aussi que nous nous disions : oui, mais, l’expérience qui a plongé St Jean dans l’émerveillement, elle a été réservée, hier, à cette poignée de privilégiés qu’étaient les apôtres, et aujourd’hui à cette poignée de privilégiés que sont les mystiques ! Eh bien, non ! Par l’Eucharistie, c’est la même expérience qu’il nous est proposé de vivre, c’est la même proximité que nous pouvons expérimenter. D’ailleurs, dans les paroles de St Jean que j’ai citées, nous n’avons entendu aucune nostalgie, en disant cela, St Jean ne rappelait pas le bon vieux temps où Jésus était parmi eux, lui avec eux et eux avec lui, non ! Il en parle comme d’une expérience encore actuelle alors qu’il est au soir de sa vie et une longue vie, semble-t-il ; pour lui, rien n’a été perdu de sa proximité avec Jésus. Comment a-t-il pu entretenir cette proximité ? Par la célébration de l’Eucharistie, bien sûr.

Alors, c’est sûr que, lui, il a encore eu un privilège, celui de pouvoir célébrer l’Eucharistie avec Marie quand il l’a recueillie chez lui, accomplissant la dernière volonté de Jésus ! Célébrer l’Eucharistie avec Marie comme paroissienne la plus fidèle, c’est forcément une expérience qui rend encore plus vive la proximité avec Jésus. Toute proportion gardée, nous, particulièrement en ce sanctuaire dans lequel nous vivons, dans lequel nous passons, il y a quelque chose de cette expérience qui nous est proposée puisque la présence de Marie est comme palpable en ce lieu.

Alors, en ce jour, demandons, justement par l’intercession de Notre Dame de Laghet, un renouvellement de notre foi pour croire que c’est cette même expérience de proximité avec Jésus qu’il nous est proposé de vivre à chaque fois que nous participons à l’Eucharistie. Dans l’Eucharistie, Jésus se rend aussi proche de nous qu’il était proche de Jean et il nous propose d’être aussi proche de lui que St Jean a pu l’être quand il était appuyé sur son cœur au cours de la Cène. A chaque Eucharistie, Celui qui, à Noël, est venu établir sa demeure chez les hommes, nous propose de demeurer en nous pour que nous puissions vivre dans l’émerveillement et la gratitude jusqu’à notre dernier souffle de vie comme St Jean.

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