Commentaire du « Je vous salue, Marie » par le père Jérôme. Invitatoire pour la prière angélique 

Je vous salue, Marie 

Lorsque nous prions, seul, arrêtons-nous après ces premiers mots : « Je vous salue, Marie. » Car il faut que celle à qui nous nous adressons ait le temps d’être prévenue : quelqu’un désire vous parler ! Avant qu’elle le sache, inutile de continuer. Or, il faut un certain temps pour qu’elle soit prévenue, même si celui qui s’en charge est, aujourd’hui encore, l’ange de la première salutation. Donc, arrêtons-nous, pour que l’ange ait le temps d’aller la chercher au plus haut du ciel et de lui dire : « Quelqu’un, sur terre, recommence la toute belle salutation ; venez Reine, daignez montrer que vous écoutez, ce sera plus poli ! » Laissons donc, à celle que nous voulons saluer, le temps de se disposer à nous rendre la politesse.

D’autre part, et ceci nous est dicté par une longue pratique, ce petit arrêt permettra de nous recueillir dès le début de chaque « je vous salue, Marie », avant de continuer par l’énumération tellement dense, trop dense, des privilèges reçus par cet être exceptionnel. Car, si nous nous lançons de suite dans cette énumération, celle-ci défilera sans que nous sachions ce que nous disons. Un ruisseau coule lentement, même sans qu’on le régularise ; mais les mots de la prière coulent vite, trop vite. Il faut donc les retenir dans le calme. C’est pourquoi, faisons un arrêt après : « je vous salue Marie », un arrêt attentif et souple.

Pensons que pour chaque « je vous salue, Marie », nous sommes deux qui devons comprendre chaque mot : Elle et nous. Peut-être l’ange, lui-même, après avoir dit : « Je vous salue, Marie », eut-il un instant de saisissement et de silence ? Au minimum, nous pouvons le supposer intelligent : il a donc respecté les virgules, alors ne faisons pas moins bien que lui !

Pleine de grâce

Cette prière toute naïve, faite pour les simples, voici qu’elle commence par un beau mystère ! Je défie les plus savants des théologiens de mesurer ce que signifie cette tranquille affirmation de la Foi, première parure de la Vierge Marie : « Pleine de grâce. » De tous les compliments que nous adressons à notre Mère, je crois que c’est celui-là que nous comprenons le moins. À mon tour, je dis : « pleine de grâce » sans comprendre. Je saisis bien tout de même un petit quelque chose : « pleine de grâce » ne pourrait-il s’expliquer par pleine de beauté et pleine de bonheur ? Et comme cela ne se trouve nulle part sur la terre, je comprends que vous êtes du Ciel et au Ciel, d’où vous m’entendez toujours, et où vous attirez mes regards.

Plusieurs d’entre nous ont reçu quelques petites grâces d’union avec Dieu. Grâces non négligeables, certes, et même plus désirables que tout avantage matériel. Ces grâces, disons que, l’un dans l’autre, elles nous font comme une provision d’un quart de litre d’eau fraîche, pour nous aider à cheminer vers Dieu, sans que nous risquions de tomber durant la sécheresse du désert. Et voyez à quel point déjà cette petite provision nous fortifie et nous rassure ! Mais Elle ! Toutes les eaux pures et toutes les sources lui ont été données, alors que – comble de libéralité – elle ne devait même pas connaître la sécheresse du désert. Et maintenant, au ciel, elle jouit encore de cette abondance.

Éclairé sur la valeur de la grâce par ces petites grâces déjà reçues, que ne donnerais-je pas pour recevoir davantage ! Peut-être, hélas, ce petit commencement est-il mon plafond ? Mais Elle, la plénitude lui fut donnée. Elle n’a jamais eu à se demander ni si Dieu lui en offrirait davantage, ni ce qu’elle devait faire pour s’y préparer.

Le mot grâce évoque l’idée de richesse, mais aussi de force, de joie. C’est pourquoi, par la prière, tenons-nous proches de celle qui est pleine de grâce. Et, au moins pendant que nous prions, il y aura communication et participation, comme il est normal de la mère à l’enfant.

Le Seigneur est avec vous

Lorsque, à genoux devant votre image, je vous redis dans le « je vous salue, Marie », vos privilèges, tous exceptionnels, parfois je pense que celui-ci, du moins, je devrais en recevoir ma petite part. Car « le Seigneur est avec vous », ce n’est rien d’autre que la définition même de la vie contemplative ; or, la vie contemplative est ma vocation et mon idéal (je rajoute : dans une certaine mesure, c’est aussi celui de tout chrétien !). Et voilà qui me pousse, avec tant d’autres motifs, à m’adresser à vous, Sainte vierge Marie, pour me rapprocher de vous.   … suit un paragraphe qui concerne les moines trappistes, je le saute !

L’ange pouvait-il dire plus clairement que, dans Nazareth, vous étiez déjà, patiente et sûre, une âme de prière ? Il dit : « le Seigneur est avec vous », et la réciproque va de soi, vous êtes avec le Seigneur, vous êtes donc une contemplative. Alors, cela signifie que nous pouvons devenir contemplatifs en vous priant si, d’une part, le Seigneur est avec vous, et si, d’autre part, nous aussi, nous sommes avec vous. Nous sommes donc proches du Seigneur, puisque, entre lui et nous, il y a Vous, comme seule intermédiaire, ou plutôt comme lien et comme liant.

A genoux devant votre image, ne trouve-t-on pas le silence et la solitude ? Ne suis-je pas là, devant vous, dans une attitude humble et simple, bien éloignée de toute suffisance ? Vous entendez ma voix silencieuse. Si parfois j’ai peur de m’ennuyer, je me dis que je m’ennuierais bien davantage ailleurs. Parfois je crois donner mon temps en pure perte ; en réalité je le sauvegarde, comment, en effet, mieux l’employer ? Et je reçois, en surplus, apaisement et confiance. Aussi, pendant que je dis doucement : « le Seigneur est avec vous », j’espère que ma propre prière et ma vie entière deviennent petit à petit contemplatives. Qualité toute désirable, que je ne puis espérer si je vais, avec vous, par le chemin réservé à vos enfants. De cette prière contemplative, ne m’est-il pas arrivé de dire, comme vous sans doute : vraiment cela vaut mieux que tout !

Vous êtes bénie entre toutes les femmes

Avec ces mots, nous quittons la salutation apportée par l’ange, pour passer au compliment prononcé par Élisabeth ( Lc 1,28-42). Est-ce la raison pour laquelle ces paroles me paraissent moins hautes ? Comment ne pas sentir un changement de niveau ? Pour les sauver, ces paroles, disons qu’elles prolongent le compliment précédent : « le Seigneur est avec vous. » Elles précisent que le Seigneur est avec vous, Marie, non pas, bien sûr, pour surveillance et sévérité, mais par dilection (amour pur) et par choix ; c’est en cela que Marie est béni.

Ce « Vous êtes bénie entre toutes les femmes » vient encore nous rappeler que notre Mère du Ciel fait réellement partie de cette foule féminine à laquelle on la compare. La Très Sainte Mère de Dieu fut véritablement femme. Cuisiner, entretenir le linge, passons sur ces compétences qui, en ce qui concerne la Très Sainte Vierge, n’ont plus à s’exercer. Mais aussi et surtout : assurer une présence au foyer, avoir l’œil à tout, mettre tout le monde à l’aise, ne demander pour soi-même que le droit de servir et d’être aimée : telles sont les qualités que nous avons trouvé chez nos mères. La Mère de Dieu sut accomplir ces tâches avec une inégalable perfection. « Entre toutes les femmes » : Elle est au-dessus sans être différente, incomparable sans être incompréhensible.

Et Jésus, le fruit de votre sein, est béni

Ce qui accapare le cœur, l’attention, les soins de toute femme, c’est évidemment son enfant. Celui-ci peut aussi devenir l’objet autour duquel elle se replie, inattentive à tout le reste, et donc indifférente. Et la raison de cette indifférence parait si profondément naturelle qu’on ne s’en choque pas. 

Mais, c’est tout le contraire ici, dans le cas de la Mère de Jésus : voici que sa maternité-même sera l’origine de sa relation inconditionnelle avec chacun de nous parce que son Fils est lui-même le Frère et le Sauveur de tous les humains. Maternité qui dilate le cœur de cette Mère, maternité d’un genre inédit, ni jalouse, ni exclusive, parce que c’est en conformité avec la volonté toute-puissante de son Fils qu’elle s’étende à tous. Je sais donc que la Très Sainte Vierge Marie ne dira jamais : « Je me dois à lui d’abord. Ensuite, quand je pourrai, je m’occuperai de toi ! » Elle me dira tout au contraire : « Je ne crains rien pour lui ; donc toi d’abord, et aussi longtemps que tu auras besoin de moi. »

Entre le moment où la bonne cousine Élisabeth a proclamé, pour la première fois : « le fruit de votre sein est béni » et ce moment béni où je redis le même compliment, a eu lieu la substitution faite d’autorité divine : « Femme, voilà ton fils » (Jn 19,26) : « Celui-là qui n’est pas moi, mais qui m’a suivi par amitié, voilà désormais qu’il est ton fils. » En Marie, sa Mère, Jésus n’est plus l’unique béni : je le suis aussi ; nous le sommes tous. Car Jésus, au moment où il était cloué sur la croix n’a prononcé que des paroles d’une importance et d’une valeur décisives. Tels furent ces mots : « Femme, voilà ton Fils. »

Vous l’avez vu : La Première partie du « Je vous salue, Marie » se compose d’une énumération de compliments, que l’on adresse à la très Sainte Vierge ; une petite cascade de compliments, tous exceptionnels, tous vrais. La seconde partie, vous le verrez, exprimera une demande, ou plutôt toutes les demandes possibles réunies en une seule demande.

En conséquence, la première partie du « Je vous salue, Marie » se dit avec référence et respect ; essayons de retrouver le respect que dut y mettre l’ange. La seconde partie se dira de façon douce et persuasive. Et les deux parties se diront avec lenteur. Car à quoi bon se presser ? À quoi bon finir, sinon pour recommencer ? Quand on prie, tout va bien ! Donc, laissons durer, faisons durer ! Peu importe le nombre de « Je vous salue, Marie » que je dis, ce qui compte, c’est le temps durant lequel, pour dire un ou plusieurs « Je vous salue, Marie », nous sommes retenus là, hors du terre-à-terre et du profane.

De même que les deux parties du « Je vous salue, Marie » ont un style différent, de même les images ou statues devant lesquelles vous priez, se ramènent à deux types différents. Il y a les Notre-Dame majestueuses et royales et il y a les Notre-Dame familières et proches… Je sais bien qu’aucune de ces images ou statues ne pose devant moi une « présence réelle », mais seulement une représentation. Néanmoins, j’ai parfaitement raison d’aimer telle de ces images plus que telle autre, et l’assiduité dont je fais preuve à son égard fait hommage à celle qu’elle représente. Mettez-vous souvent aux pieds de n’importe quelle image de la très Sainte Vierge Marie, et vous apprendrez, je ne sais par quel travail de pensée ou par quelle logique infuse, vous apprendrez que la vie chrétienne devient une force merveilleuse quand on y met la piété, non pas une maigrichonne piété du dimanche matin anticipée au samedi soir, mais une abondante piété de tous les jours. 

Dans la première partie du « Je vous salue, Marie », nous avons énuméré quatre privilèges dont a été gratifiée la très Sainte Vierge Marie. Or, ces quatre privilèges ont tous également pour conséquence de rendre la Mère de Dieu puissante pour intercéder auprès de Dieu. Pour le comprendre, répétons ces quatre privilèges.

  • Nous avons dit : « Le Seigneur est avec vous » ; si c’est vrai, chaque fois qu’elle intercédera en notre faveur, notre Mère sera favorablement entendue.
  • Nous avons dit : « Vous êtes bénie entre les femmes » ; donc elle est bénie et entendue lorsqu’elle prie pour nous.
  • Nous avons dit : « Jésus, le fruit de votre sein est béni » ; par conséquent, elle sera puissante, celle qui peut présenter ce béni Jésus comme son propre fils.
  • Nous dirons enfin « Sainte Marie, Mère de Dieu » ; donc, lorsque Dieu reçoit vos prières, ce sont les prières de sa Mère. Donc, puissance, puissance. Et cette puissance de notre avocate lui est conférée par Celui-là même devant qui elle devra s’exercer.

C’est pourquoi, lorsque vous rappelez à la très Sainte Vierge ces 4 privilèges, une chose devient certaine : Elle ne pourra prétendre qu’elle n’a aucun pouvoir, et qu’elle n’a aucune chance d’obtenir quelque grâce pour vous !

Après avoir pris la première partie du « Je vous salue, Marie », vous aurez dit ce qu’il fallait dire ; vous aurez agi comme un bon diplomate, ou comme l’enfant qui sait d’instinct trouver le chemin de l’oreille et du cœur. Maintenant, tout est en place. Reste à présenter votre demande. C’est pourquoi, passez à la seconde partie.

Sainte Marie, Mère de Dieu

La demande commence de façon câline et insinuante. Voici enfin proclamé le titre de noblesse qui fonde tous les autres titres ; voici le nom premier, le privilège sans partage ; voici le motif de votre intimité avec le Dieu Très-Haut, et de toute votre gratitude, ô grande Dame ! Sans ce privilège de « Mère de Dieu », l’ange n’aurait pas volé vers Nazareth et il n’y aurait pas eu de salutations, ni celle de l’ange, ni celle des chrétiens. Et de cette omission seraient sorties bien des sombres conséquences : la pratique religieuse serait moins attirante, la persévérance moins facile. Il y aurait moins de courage dans nos vies, moins de pureté dans notre idéal, moins de beauté dans la liturgie, moins de chefs-d’œuvre dans l’art, et dans le cœur des moines (je rajoute : et dans le cœur des chrétiens) moins d’espérance.

« Mère de Dieu. » on ne mesure pas l’élévation d’un pareil titre ! Et je me délecte allègrement à penser à ceux qui jugent le « je vous salue, Marie » comme dévotion infantile ou prière pour vieilles bonnes femmes ! Pourquoi ne pas avouer que, lorsque certaines paroles ont un trop grand poids, on n’aime pas les dire ? Mais c’est là, timidité dans la foi. Je n’ai donc pas besoin de chercher quel est le compliment parmi ceux que je vous offre, ô Reine, qui vous apporte le plus de joie. C’est évidemment le titre premier : « Mère de Dieu. » L’ange ne l’a pas dit sous cette forme. J’ose employer ces mots directs ; et rien qu’à vous les dire, ces trois mots, je pourrais les prier devant vous durant de longs moments. « Mère de Dieu » : tout cela, et rien que cela ! Et je sais qu’en répétant ces mots, j’engage toute ma foi, je me compromets comme catholique ferme, j’adhère aux affirmations naïves ou audacieuses du Credo, affirmations que certains voudraient passer sous silence. Je sais qu’en voulant aimer et servir Marie, « Mère de Dieu », je brave, de notre religion actuelle, les réticences et la misère.

Priez pour nous, pauvres pécheurs

Mère de Dieu, et Mère des hommes, Vous êtes Sainte, Vous êtes Toute-Sainte. Or, que demander à une Sainte, la créature la plus élevée en sainteté sinon de joindre les mains et de prier pour nous ? Demander un service quelconque : un verre d’eau, un outil, un vêtement, un prêt d’argent, un abri, et toutes choses de ce genre : les chrétiens, et même tous les hommes se les demandent mutuellement et se les donnent. Mais on ne demande pas à n’importe qui : « Priez pour nous. » On ne le demande pas non plus à la légère, car, même pour les saints, la prière peut être encore un effort pénible et dramatique ; alors comment requérir d’eux cet effort ? Vous-même, Sainte Mère de Dieu, lors de votre venue à La Salette, assise sur l’herbe de l’alpage, la tête dans Vos mains, Vous avez pleuré. A Lourdes, à Fatima, Vous avez laissé voir des marques de tristesse. Pourtant, nous en sommes certains, Vous avez dépassé le tragique de la prière qui, pour les autres priants, vient de leur incertitude. Car même le saint ignore souvent le plan de Dieu et il ne sait pas toujours comment demander. Mais, là où le saint n’entre que timidement, Vous êtes établie Mère, et Reine, et Bénie. Votre prière, qui consiste en une simple adoration de la volonté de Dieu, a plus de précisions que nos demandes les plus détaillées et Votre simple acquiescement a plus d’efficacité que nos arguments. Ainsi, Vous nous obtenez le mieux et le meilleur, lequel est toujours le plan arrêté par la bienveillante volonté de Dieu. C’est pourquoi notre « Priez pour nous » contient toutes les demandes.

Confiants en votre prière, bonne Mère, nous jouerons le jeu de la contradiction chrétienne : nous porterons l’épreuve qui finit en satisfaction, nous accepterons la détresse qui conduit à la joie. Ce que vous aurez demandé pour nous, nous ne le regretterons jamais. Et que, d’avance, Mère très Sainte, votre patiente sagesse descende sur nous pour tout apaiser.

Maintenant

Après ce mot, arrêtons-nous, comme nous l’avons fait au début du « je vous salue, Marie. » Arrêtons-nous : puisque la Mère de Dieu se met à prier pour nous, laissons-lui prendre la relève. Puisque, pour obéir au désir que nous venons d’exprimer, Elle se tourne vers Dieu en notre faveur, laissons-lui le temps de parler à Dieu. Ne rappelons pas trop vite, vers nous, son attention, ce qui arriverait si nous reprenions de suite le « je vous salue, Marie. »

Ne sentez-vous pas que durant ce moment où vous vous taisez, où c’est Elle qui prie, vous êtes protégé ? Je viens d’écrire « protégé. » Oui pensons aux passages protégés qu’il y a dans les villes : chaque fois que, au bout d’un « je vous salue, Marie » nous avons dit : « Priez, maintenant », c’est comme l’ouverture du passage pour les piétons : Alors, vite avançons, pendant qu’Elle prie « maintenant », avançons vite vers l’autre bord, vers l’Eternel. Il n’y a plus de danger sur la chaussée durant ce « maintenant » pendant lequel la Mère de Dieu prie pour nous !

Et à l’heure de notre mort

Durant ma vie entière vous m’avez tenu par la main, ô ma Mère. Se pourrait-il qu’à cette heure-là, je sente vos doigts se dénouer et votre main me lâcher ? Certes non ! Si votre main souveraine quittait ma main, ce serait certainement pour saisir un pan de votre manteau et m’en couvrir. Mère de mon long cheminement et Mère à mon instance suprême, oui, enveloppez-moi dans la retombée de votre manteau Durant ce court moment, après lequel, sûr d’avoir passé la porte, je me dégagerai soudain, pour vous faire entendre mon rire, le rire de l’enfant, qui rit, qui rit parce que, par les soins de sa mère, il a tout réussi.

Petit frère (ou sœur !), les pages que vous venez de lire peuvent être, ainsi que l’annonce le titre, un invitatoire pour inspirer le désir de réciter (prier !) la salutation angélique. Lors donc que vous viendra ce désir, envie savoureuse ou froide résolution, oubliez ce que vous aurez lu dans ses pages, et priez simplement. Les mots ont, par eux-mêmes, leur effet affectif et leur signification. Donc, sans surcharge et sans complication, dites avec goût, avec chic, avec élégance, ces mots pleins de mystère. Qu’ils aillent droit devant eux et droits devant vous, de vous vers Elle, et d’abord, du moins ordinairement, vers l’une de ses représentations. Mais, après la prière, lorsque vous aurez besoin d’un rappel pour oser revenir et recommencer, alors relisez cet invitatoire. Faites appel de nouveau à ce que mon cœur a écrit de plus sincère. Vous me ferez plaisir. Car, aurais-je pris la plume, si je n’avais eu en vue votre bien et votre joie ?

Père Jérôme, abbaye de Sept-Fons, 3 mars 1975 in Père Jérôme « Ecrits Monastiques » Ed. Sarment

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