14 juillet : mardi 15° semaine ordinaire : lire la Parole de Dieu comme des orpailleurs pour découvrir de véritables pépites !

Pour pouvoir goûter la Parole de Dieu, il faut avoir une âme d’orpailleur ! Vous savez les orpailleurs, ce sont ces chercheurs d’or qui plongent leur tamis dans une rivière réputée pour contenir des pépites d’or. Quand ils ressortent leur tamis, ce qu’ils voient, c’est de la boue et beaucoup de gravier, loin de se décourager, ils ne rejettent pas le contenu du tamis, avec dextérité, ils vont laisser l’eau qu’ils font entrer avec modération dans le tamis, purifier le contenu du tamis. Et c’est ainsi qu’ils vont découvrir au cœur de ce qui, à première vue, semblait sans intérêt des pépites d’or. Eh bien, ainsi en va-t-il avec la Parole de Dieu et nous aurions beaucoup à gagner en nous inspirant de leur manière de faire. C’est particulièrement le cas avec la 1° lecture de ce jour !

En l’entendant, peut-être avez-vous décroché assez vite en vous disant : mais qu’est-ce que j’ai à faire de ces histoires ? Connaître les turpitudes de Recine, le roi d’Aram, et Pékah, fils de Remalyahou, roi d’Israël, ça ne m’intéresse pas, moi, ce que j’aime, c’est quand la Parole me parle au cœur ! Oui, moi aussi, j’aime quand la Parole parle à mon cœur, j’aime trouver, chaque jour, une pépite d’or dans la lecture des textes, une pépite qui va venir enrichir ma foi. Eh bien, si nous lisons à la manière des orpailleurs sans trop vite rejeter ce qui nous semble sans intérêt, elle est bien là cette pépite. Pour la trouver, pour qu’elle vienne enrichir notre foi, commençons à nous intéresser quand même à ces deux individus que sont Recine et Pékah. 

Nous l’avons entendu, le 1° est roi d’Aram, la lecture nous donnait un indice en parlant de sa capitale, Damas, c’est donc la Syrie actuelle, mais à l’époque, ce Royaume était composé de plusieurs fiefs qui regroupaient aussi le Liban, le sud-est de la Turquie et le nord de la Jordanie. Recine était donc un roi puissant ; Pékah l’était beaucoup moins, puisqu’il n’était que le roi d’Israël. Quand je dis cela, je comprends qu’une explication s’impose. Parce qu’il est aussi question d’Acaz dans le texte, et il nous est dit qu’il est roi de Juda, de Jérusalem si vous préférez. Pour nous, Israël, c’est l’ensemble du pays, pourquoi ces deux rois et cet antagonisme qui fait que Pekah s’allie à la super-puissance de Récine pour combattre Jérusalem ? 

Eh bien, parce que le Royaume que David avait pu unifier en regroupant les 12 tribus ne restera pas longtemps uni. A la fin du règne de Salomon, fils de David, les choses vont se gâter pour aboutir à ce qu’on appelle le schisme qui va voir la partition du pays en deux : Royaume du Nord avec Samarie comme capitale et c’est ce Royaume que, dans la Bible, on appelle Israël et Royaume du Sud avec Jérusalem qu’on appelle Juda. Ce schisme a été un drame car ceux qui étaient des frères, libérés par Moïse au nom du Seigneur, entrés ensemble en Terre Promise, vont désormais se regarder comme des ennemis. C’est ce qu’évoquait la lecture et au passage, nous comprenons pourquoi les juifs de Jérusalem auront une telle haine à l’égard des Samaritains, une haine qui traverse de nombreuses pages de l’Evangile et contre laquelle Jésus va lutter, donnant en exemple, à de nombreuses reprises, le comportement de samaritains, vrais témoins de la charité, pensez à la parabole du bon samaritain qui a dû faire frémir les juifs se considérant purs !

Vous le voyez, ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il y a des conflits dans le monde opposant des peuples jadis frères et devenus frères ennemis. N’allons jamais penser que ce que nous vivons aujourd’hui est plus terrible que ce qui s’est passé dans les temps anciens pour lesquels on parle souvent, un peu trop vite du « bon vieux temps » ! Mais, revenons à Acaz, il aurait pu trembler devant cette alliance entre son pire ennemi, son ancien frère, le roi de Samarie et le Récine, roi d’une puissance très expansionniste. C’est là que Dieu envoie le prophète Isaïe pour lui dire : Garde ton calme, ne crains pas, ne va pas perdre cœur devant ces deux bouts de tisons fumants. Oui, c’est vrai, Aram a décidé ta perte, en accord avec Éphraïm et son roi … Mais cela ne durera pas, n’arrivera pas !

Dieu s’engage fortement dans cette promesse, mais il met une condition et c’est là que se trouve la pépite du jour, c’étaient les dernières paroles de la lecture : si vous ne croyez pas, vous ne pourrez pas tenir. Il y a une manière plus vigoureuse, plus suggestive de traduire ces paroles parce qu’il y a un jeu de mots en hébreu que rend très mal la traduction choisie. On pourrait dire : Si vous ne tenez pas à moi, vous ne tiendrez pas ! Gardons cette pépite qui va enrichir notre foi.

Car la Promesse va s’accomplir : tant qu’à Jérusalem, on tiendra au Seigneur, eh bien le Seigneur a fait tenir Jérusalem. Mais un temps est venu où les rois ont pris peur et, au lieu de compter sur le Seigneur, ils ont recherché des alliances avec d’autres super-puissances et ils sont tombés, comme était tombée Samarie. Quand es petits cherchent la protection des grands, les grands ne rêvent que de les avaler ; quand les petits cherchent la protection du Seigneur, quand ils décident de tenir au Seigneur, le Seigneur les fait tenir.

Ainsi en va-t-il aujourd’hui encore : devant les difficultés, certains croyants sont tentés de se tourner vers des ressources qu’ils estiment plus puissantes que la foi. Et c’est ainsi qu’ils vont consulter des voyants, des médiums, des marabouts et autres magnétiseurs, radiesthésistes. Souvent, ils constatent une amélioration dans les premiers temps car l’esprit du Mal qui est derrière toutes ces pratiques sait qu’on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre, donc pour attirer, il donne souvent des résultats immédiats. Mais, viendra le jour où il faudra payer la facture et souvent, elle se paie très cher car, à l’inverse de Dieu, l’esprit du mal ne travaille pas gratuitement. Ceux qui se mettent entre ses griffes, même s’ils agissent par ignorance, il finit par les avaler.

Gardons cette pépite : Si vous ne tenez pas à moi, vous ne tiendrez pas ! Ça ne veut pas dire que Dieu va, comme par un coup de baguette magique, régler tous nos problèmes, mais, si nous tenons à lui, il nous donnera la force de tenir, de ne pas nous laisser submerger par la tempête des épreuves. Restons donc extrêmement vigilants car, dans l’Evangile que je n’ai plus le temps de commenter, Jésus nous prévient : même les meilleurs peuvent se faire avoir et tomber !

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de graver cette pépite dans nos cœurs pour qu’elle devienne notre règle de vie : Si vous ne tenez pas à moi, vous ne tiendrez pas !  

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