16 septembre : mardi 24° semaine ordinaire. Le bon pasteur en action

La lettre à Timothée que nous lisons actuellement fait partie de ce qu’on appelle les épitres pastorales de St Paul, c’est-à-dire qu’elles sont adressées plus à des pasteurs qu’à des communautés ou plutôt à des communautés pour qu’elles aident leurs pasteurs à bien remplir leur mission. On trouvera donc, dans cette lettre, toute une série de conseils, d’avertissements donnés aux pasteurs et aux chrétiens. Comme nous l’avons entendu dans la lecture d’aujourd’hui, certains de ces conseils sont datés et correspondaient à la situation de l’époque, mais la plupart restent d’une actualité étonnante. A bien y regarder, tous ces conseils ne sont finalement qu’une explicitation, une actualisation de la grande méditation de Jésus sur le bon pasteur au chapitre 10 de l’Evangile de St Jean. Dans cet Evangile, Jésus nous donne une très belle parabole suivie d’un discours très percutant sur le bon pasteur, le bon berger. Dans ces paroles, c’est comme un autoportrait que Jésus nous livre, il nous parle de la mission, de sa mission et des attitudes essentielles pour l’accomplir. 

Les pasteurs, les bergers d’aujourd’hui trouvent, dans ce chapitre 10 de l’Evangile de Jean, une source intarissable de méditation pour ajuster leur manière de vivre la mission aux manières de faire et d’être de Jésus. J’aime aussi dire que ce sont aussi les bonnes brebis qui font les bons pasteurs. C’est-à-dire que des chrétiens enthousiastes et ardents tireront aussi leurs pasteurs vers le haut. Le pasteur aide les brebis et donne sa vie pour eux, mais les brebis ont aussi la mission de rendre le pasteur toujours meilleur. 

Quant à l’Evangile que nous avons entendu en ce jour, il va justement nous montrer le bon pasteur à l’œuvre. Jésus est en route quand il croise un cortège funèbre. Avant d’aller plus loin, il nous faut d’abord nous arrêter sur cette mention que Jésus était en route parce que c’est aussi une des caractéristiques du bon pasteur, une des qualités que les pasteurs doivent demander pour eux et que les fidèles doivent demander pour leurs pasteurs. Le bon pasteur est toujours en route, jamais installé dans son confort car, à l’image de Jésus bon berger il doit aller et chercher et offrir le Salut à ceux qui sont perdus. Dans son ministère, Jésus aura parcouru, à pied, un nombre invraisemblable de kilomètres pour aller chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est bien la mise en œuvre de la parabole du bon berger qui part à la recherche de la brebis perdue et qui la cherche jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ! Voilà pourquoi l’Evangile nous montre Jésus sillonnant le pays en long, en large et en travers. Je pense qu’il n’y a pas eu beaucoup de mètres carrés de son territoire qu’il n’ait foulé de ses pieds ! Quel bon pasteur !

Sur sa route, Jésus croise donc un convoi funèbre, mais pas n’importe quel convoi funèbre. On va mettre en terre le fils unique d’une veuve. On peut imaginer la détresse de cette femme. Elle avait déjà perdu son mari et c’était terrible ; ceux qui ont connu le veuvage comprennent très bien ce que pouvait ressentir cette femme. Mais en plus, la situation sociale des veuves, à l’époque était dramatique, la femme ne travaillait pas, c’était le mari qui faisait vivre la famille et lui assurait aussi la protection. En ayant perdu son mari, cette femme de Naïm avait donc perdu beaucoup, heureusement, il lui restait son fils ! Mais voilà que ce fils, son unique, vient, lui aussi, à mourir. C’est le drame absolu ! 

Jésus voit cette femme, et c’est encore, là, une qualité du bon berger, il voit, c’est-à-dire qu’il ne marche pas indifférent à ce qui n’est pas directement relié à son but. L’Evangile nous disait : Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle. Dans cette petite phrase, il y a encore une qualité du bon berger qui est évoquée, c’est que son regard est directement branché sur son cœur : ce que Jésus voit, bouleverse toujours son cœur, il est saisi de compassion pour cette femme. La compassion dans la Bible, c’est le fait d’être ému aux entrailles, d’être profondément bouleversé. Ce n’est plus la tête qui parle mais le cœur profond. Voilà comment fonctionne Jésus : tout ce qu’il voit vient percuter son cœur. Or, le cœur, dans la Bible, ce n’est pas d’abord le siège des émotions, c’est surtout le lieu qui déclenche les décisions. Dans la Bible, celui dont le cœur est touché va forcément agir. 

Ainsi donc, quand on prie pour que le Seigneur nous donne un cœur nouveau, ce n’est pas seulement, pas d’abord pour avoir une capacité d’émotion ou d’indignation, c’est pour demander la force de pouvoir agir, réagir, que nous ne soyons jamais passifs devant le mal qui vient s’abattre sur nos frères et sœurs en humanité.

C’est bien ce que va faire Jésus, il va agir fortement : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. Jésus va faire ce que lui seul peut faire : rendre la vie à celui qui l’avait perdu. C’est pour cela que nous, nous devons conduire à Jésus ceux qui viennent à nous. Parce qu’il n’y a que Jésus qui puisse vraiment faire quelque chose pour eux. A nous de voir les détresses humaines, d’aller à la rencontre de ceux qui souffrent. Ayant vu leur détresse, sans jamais détourner nos regards, à nous de nous laisser toucher au cœur pour agir en faveur de ceux qui sont dans la détresse. Et patiemment, respectueusement, il nous faudra voir comment nous pourrions les conduire à Jésus pour qu’il puisse faire pour eux ce que lui seul est en mesure de faire.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons au Bon Pasteur qu’est Jésus que nos cœurs puissent devenir semblables au sien.

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