21 octobre : mardi 29° semaine ordinaire. Le Mal a-t-il été vaincu, oui ou non ? Le malin a-t-il perdu, oui ou non ?

Depuis lundi dernier, en première lecture, nous lisons la lettre aux Romains. Moi, la semaine dernière, j’étais en retraite à Ars et, comme nous avions chaque jour une fête ou une messe votive avec des lectures propres, je n’ai encore pas commencé la lecture de cette lettre ! Il n’y avait pas besoin que je sois là pour vous rendre compte que c’est sans doute l’écrit de St Paul le plus difficile à comprendre. Certains exégètes pensent d’ailleurs que c’est plutôt un petit traité théologique sur le Salut, traité extrêmement dense, que Paul aurait comme déguisé en une lettre. Peu importe, pour nous, ce qui compte, c’est d’en recueillir le message en ne nous laissant pas arrêter par ce qui est difficile car, c’est vrai que la lettre est difficile, mais tout n’est pas difficile dans cette lettre. C’est ce chapitre 5 de la lettre aux Romains sur lequel l’Eglise va s’appuyer pour élaborer sa doctrine du péché originel. 

Et, dans le passage que nous avons entendu, Paul va nous donner un grand motif d’espérance que je voudrais résumer avec ces mots :  le combat contre le mal et le Malin, le Seigneur a décidé d’en faire son affaire. Bonne nouvelle pour nous ! C’est bien ce que nous dit Paul en mettant en parallèle le péché et le Salut. Le Malin pensait avoir remporté la victoire en faisant entrer par un homme, Adam, le péché dans le monde et, avec le péché, la mort. C’était sans compter sur la réaction du Seigneur qui n’a pas réglé le problème en punissant l’homme pour sa désobéissance mais qui a décidé d’envoyer son Fils pour sauver l’humanité. Ce chapitre 5 est comme un tableau en noir et blanc. Il y a beaucoup de noir, Paul est réaliste, le mal et le Malin n’ont pas fait les choses à moitié. Mais ce noir, finalement, n’est là que pour mieux faire ressortir le blanc ou la lumière qui jaillit au cœur de cette noirceur. Alors que le Malin en déstabilisant le merveilleux équilibre harmonieux de la création pensait avoir réussi son coup, voilà que Dieu en envoyant Jésus récupère le coup et fait même bien mieux que récupérer le coup.

Oui, pour Paul, il y a 2 convictions qui sont très claires et que je veux développer rapidement :

  • Première conviction : La victoire n’est pas pour le monde des ténèbres parce que, bien évidemment, Dieu est plus fort. Et il est très important de le redire car il y a des personnes qui pensent qu’il y a d’un côté une force du bien, Dieu et de l’autre une force du mal, le diable et qu’ils se battent à armes égales comme deux principes de force équivalente. Alors, tantôt le bien est vainqueur et tantôt, c’est le mal. La foi chrétienne n’a rien à voir avec ces théories qu’on appelle dualistes. Le diable, comme principe du mal, existe, mais il n’a comme puissance que celle que nous acceptons de lui donner ; c’est-à-dire que si nous le rejetons tous, il ne pourra rien faire !  Ce combat n’est donc pas à armes égales. Avez-vous remarqué que plusieurs fois dans ce texte, Paul l’affirme, je reprends quelques versets en insistant, à la lecture, sur le déséquilibre en faveur du combat mené par le Seigneur : « Si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude. » ou encore : « Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie. » et enfin cette si belle déclaration que nous connaissons bien : « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. » C’est donc extrêmement clair pour Paul, la victoire finale est à l’amour, le « combien plus » est toujours du côté de Dieu, de la victoire de l’amour sur le mal.
  • Deuxième conviction : Dieu fait bien mieux que réparer ce qui avait été abimé par le péché et c’est ce que suggère la belle formulation que je viens de citer : « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » La surabondance, c’est bien plus qu’une réparation. On en a comme une illustration dans les guérisons que Jésus opère dans les Evangiles : des malades viennent lui demander la santé et lui, il leur donne le Salut, c’est le sens de ces mots qu’il prononce souvent à la fin de la guérison : « va, ta foi t’a sauvé ! » Le malade demandait la santé, il a reçu le Salut avec, en plus, la guérison, la Salut, c’est bien plus que la santé, c’est bien plus fort, bien plus bienfaisant !

Mais alors, me direz-vous, si la victoire est à Dieu, pourquoi tous ces combats encore si violents aujourd’hui, combats dans lesquels le mal et le Malin semblent l’emporter si souvent dans nos vies, dans l’Eglise et dans le monde ? Le père Cantalamessa, en son temps, avait donné une belle explication en disant que le Malin sait qu’il a perdu la bataille, alors, avant de disparaître, dans un ultime combat désespéré, il jette ses dernières forces et nous empoisonne la vie. Un peu comme une armée battue, en se retirant va pratiquer la politique de la terre brûlée, elle est battue et doit se retirer mais elle a encore un pouvoir de nuisance et en profite. Mais la bonne nouvelle, c’est que la victoire est acquise, donc la perturbation du mal ne va pas durer éternellement. 

Pour autant, ne nous faisons pas d’illusions, pour le monde, le combat durera jusqu’au retour glorieux du Christ, c’est ce retour qui mettra un terme au combat puisque Paul dit dans la 1° épitre aux Corinthiens qu’à ce moment, il mettra sous ses pieds tous ses ennemis. Oui, ça c’est pour le monde, mais pour nous ça ne durera pas aussi longtemps ! La bonne nouvelle, c’est qu’à notre mort, le combat cessera faute de combattant puisque les portes du ciel seront fermées au Malin et qu’elles s’ouvriront pour nous.

Si, dans l’Evangile, Jésus nous invite à rester en tenue de service, en laissant entendre que nous ne savons pas quand le maitre viendra, ce n’est pas pour nous faire peur ! Jésus nous invite à veiller, à rester en tenue de service pour ne pas rater tous les rendez-vous d’amour que le Seigneur nous offre à longueur de journées et pour ne pas rater le grand rendez-vous quand il viendra nous libérer du combat pour nous entrainer dans son éternité d’amour. Soyons donc toujours plus des veilleurs qui dans l’espérance attendent la rencontre avec le Seigneur. C’est la grâce que nous demandons par l’intercession de Notre Dame de Laghet.

Cette publication a un commentaire

  1. Christian TUYIZERE

    Le mal restera et nous devons toujours combattre pour l’éviter et ne plus retourner en arrière.
    Je vous remercie de cet enseignement qui me vise et que je dois mettre en pratique par l’aide du Saint Esprit et l’intercession de ma maman la Vierge Marie.

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