19 juin : jeudi 11° semaine ordinaire : prier sans rabâcher !

Cet enseignement de Jésus sur la prière, il est capital pour nous qui voulons servir le Seigneur dans son Eglise. En effet, un chrétien actif qui ne prie pas, finira très vite par s’asphyxier lui-même et par ne plus pouvoir conduire à la source de vie ceux qu’il a mission d’accompagner d’une manière ou d’une autre. Il risque aussi de transformer sa mission en chasse gardée, en occasion de se mettre en valeur. Et cela est vrai pour les laïcs comme pour les prêtres. Arrêtons-nous donc quelques instants sur cet enseignement de Jésus qui est un enseignement que nous le connaissons bien, tellement bien que nous risquons de ne pas lui prêter suffisamment attention. Retenons quelques points qui pourront nous aider à prier, à avoir une vie de prière équilibrée.

1° point, Jésus nous dit : Quand vous priez, ne rabâchez pas, c’est-à-dire ne répétez pas mécaniquement des paroles sans que votre cœur ne soit engagé dans les mots de la prière. Nous le savons, pour être féconde, la prière doit être persévérante, mais elle ne se mesurera jamais à la quantité des paroles. On peut prier beaucoup avec fort peu de mots ; on peut même bien prier par un simple regard et on peut ne pas prier alors qu’on prononce beaucoup de paroles. Je vous suggère un point d’attention : lorsque les autres nous entendent reprendre les mots de la prière à la messe, nous entendent-ils prier avec notre cœur ou réciter, rabâcher ?

Deuxième point, Jésus nous dit : votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Le Père sait déjà ce dont nous avons besoin, ce qui signifie qu’il n’est pas comme les hommes. Quand nous avons besoin de demander quelque chose à quelqu’un, il nous faut d’abord le convaincre que c’est important pour nous. Avec Dieu, inutile de préparer un discours argumenté, inutile, même, de lister nos demandes. Le Père sait déjà ce dont nous avons besoin, nous pouvons donc aller droit au but, comme avec un ami qui nous connait et nous aime. Le Père sait de quoi nous avons besoin, il le sait même mieux que nous, car nous, nous pouvons vraiment nous tromper sur ce qui est essentiel à notre vie, à notre croissance spirituelle. En entrant dans la prière, commençons donc par faire un acte de confiance.

Troisième point, pour entrer dans la prière, il n’est pas nécessaire d’avoir accompli une grande toilette spirituelle. Dieu nous aime, nous pouvons donc prier en toute confiance, il nous accueille comme nous sommes. Mais attention, il nous prend comme nous sommes, non pas pour nous laisser comme nous sommes, il veut, au contraire, peu à peu, nous rendre un peu comme il est, Lui. C’est le grand travail qu’accomplit la prière.

Quatrième point, qui vient juste après le Notre Père : si nous prions, il faudra nous montrer logiques avec notre prière. Je donne un exemple :  puisque nous avons demandé à Dieu qu’il nous pardonne, il faut nous engager résolument à pardonner. Quand Dieu pardonne, il dégage, pour nous, la route de son cœur. Alors, Dieu attend, de même, que nous, nous puissions, par le pardon, ouvrir la route de nos cœurs pour les autres.

Quand nous prions, Jésus nous invite à dire : Notre Père. C’est comme Père qu’il s’est révélé à nous, et nous faisons sa joie quand nous l’appelons ainsi. Un peu comme un papa sera tellement heureux d’entendre ses enfants l’appeler par ce nom qui comble son cœur. Puis, nous lui continuerons d’être centrés sur lui avec 3 demandes : son Nom, son Règne, sa volonté. Ainsi, nous mettons en œuvre ce conseil que Dieu avait donné à Thérèse d’Avila : occupe-toi de mes affaires et, moi, je m’occuperai des tiennes ! Après nous être occupés des affaires du Bon Dieu, nous pourrons lui présenter nos besoins, même s’il les connaît déjà. Jésus les a résumés dans 3 demandes essentielles : le pain, le pardon, la force dans l’épreuve. 

Nous pouvons remarquer que, dans le Notre Père, nous ne disons jamais : « donne-moi », mais toujours : « donne-nous », « remets-nous », « délivre-nous ». Même quand nous prions le Notre Père au fond de notre maison, dans le secret de nos cœurs, c’est toujours une prière universelle. En son temps, le pape François avait fait remarquer qu’il y a un mot qui est absent de la prière du Notre Père et que, nous prononçons tant de fois par jour : c’est le pronom personnel « Je ».  La prière chrétienne ouvre nos cœurs. Qu’il en soit ainsi pour notre prière et pour celle de tous les chrétiens.

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