26 février : jeudi 1° semaine de carême : Demandez et on vous donnera … oui, mais qu’est-ce qui sera donné ?

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira ! » Nous savons tous que l’une des grandes souffrances dans la vie de foi, c’est précisément que cette parole est loin de se vérifier à tout coup. Il y a tant de personnes qui se posent douloureusement cette question : pourquoi Dieu n’a-t-il pas répondu à mes prières ?

Bien sûr, je ne parle pas de ces prières qu’on peut faire pour obtenir du beau temps le jour d’un mariage, certes, c’est légitime, mais le Bon Dieu refuse de se laisser enfermer dans le poste de pilotage d’une station météo céleste, il a mieux à faire ! Mais alors, justement, s’il a mieux à faire, pourquoi n’a-t-il pas guéri cette maman atteinte d’un cancer, qui a fini par mourir alors qu’une chaine de prière s’était constituée, laissant toute une famille dans un profond désarroi. Puisqu’il est le Dieu de la vie, il aurait dû s’en occuper ! Et, lorsque nous sommes confrontés à ces situations, nos explications sont souvent décevantes.

Peut-être qu’une des explications sur ce malentendu vient du fait que nous avons une écoute brouillée de ce texte d’Evangile que je viens de lire. Souvent, quand nous entendons : « demandez, on vous donnera » nous, nous entendons : « et on vous donnera ce que vous avez demandé ! » Quand nous entendons : « cherchez, vous trouverez » nous, nous entendons : et vous trouverez ce que vous cherchiez ! Quand nous entendons : « frappez, on vous ouvrira » nous, nous entendons : et la porte à laquelle vous aviez frappé s’ouvrira ! Ce n’est pas ce que l’Evangile dit. Et Jésus avait bien imaginé que nous risquions de mal comprendre c’est pourquoi, il répète deux fois ce qu’il veut que nous entendions : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira ! »

Ce que Jésus affirme, c’est qu’il n’y a pas de prière qui se perdra dans le néant. Maintenant, la manière dont la prière sera exaucée, ça nous dépasse complètement. Maintenant, je souligne que la traduction n’est pas excellente et la formulation non plus ! Il aurait été plus juste et plus élégant de dire : « Demandez, il vous sera donné ; cherchez, vous trouverez ; frappez, il vous sera ouvert. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, il sera ouvert ! » Vous avez remarqué que ma reformulation supprime ces « on » qui ne sont pas très élégants et surtout fait apparaître ce que la grammaire appelle la voix passive.

Nous le savons, dans la Bible, quand il y a un passif et qu’il n’y a pas de complément d’agent, on appelle cette tournure « un passif divin » cela signifie que c’est Dieu qui est l’acteur principal, même s’il n’est pas nommé. Alors, maintenant que nous avons compris que c’est Dieu qui ouvre et que, surtout, c’est Dieu qui donne, cherchons à comprendre ce que Dieu peut donner à tout coup à ceux qui se tournent vers lui pour lui crier leur détresse ? Qu’est-ce qu’ils vont pouvoir trouver ceux qui cherchent avec détermination ? Quelle porte s’ouvrira pour ceux qui frappent sans se lasser ? 

Eh bien, Dieu ne pourra pas faire plus, mais il ne veut pas, non plus, faire moins que de se donner lui-même et se donner totalement à ceux qui crient vers lui. Ceux qui cherchent, c’est le cœur de Dieu qu’ils trouveront, et donc, pour ceux qui frappent, c’est la porte du cœur de Dieu qui s’ouvrira. Il faut oser le dire, je ne sais pas, je ne comprends pas, pourquoi, alors que nous avons tant prié pour la guérison d’un enfant, il meurt quand même. Je ne sais pas, je ne comprends pas, mais je sais, pour autant, que Dieu n’est pas resté sourd à la prière. 

Mais quelle consolation, dans cet Evangile, d’entendre Jésus nous dire que ceux qui cherchent, c’est le cœur de Dieu qu’ils trouveront ; que pour ceux qui frappent, c’est la porte du cœur de Dieu qui s’ouvrira. En se donnant, le Seigneur donne le meilleur !

Evidemment, ils ne pourront le croire que s’ils ont perçu que notre cœur s’est ouvert à leur détresse. Si nous n’entrons pas dans la compassion, ils ne pourront qu’imaginer un Dieu trop loin d’eux. Devant les détresses du monde, c’est souvent, nous les prêtres et, particulièrement vous les missionnaires que Dieu envoie pour que ceux qui traversent des épreuves sans nom ne puissent jamais douter de la proximité de Dieu. Il m’est arrivé dans mon ministère d’enterrer successivement les 3 enfants d’une même famille, quelle épreuve pour les parents. Là, j’ai appris que, même lorsque je ne savais plus quoi dire, il me fallait résister à la tentation de fuir. Car, c’est d’abord par mon attitude, notre attitude, que Dieu pourra se donner aujourd’hui à eux, il n’a, habituellement, pas d’autre moyen pour les rejoindre que de passer par nous, en avons-nous assez conscience ? 

Par l’intercession de la Vierge Marie, demandons cette grâce d’une compassion juste.

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