28 janvier : mardi 3° semaine du Temps ordinaire : donner le meilleur de nous-mêmes.

Cette semaine je prêche une retraite pour les prêtres du diocèse de Moulins !

Chères sœurs, chers frères prêtres, cette 1° lecture, elle s’adresse particulièrement à nous, elle s’adresse bien sûr aux frères et sœurs laïcs, mais qui devront faire une légère adaptation pour eux !

C’est le psaume 40 que l’auteur de la lettre aux Hébreux met sur les lèvres de Jésus quand il lui fait dire : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté. Oui, c’est le psaume 40, mais en fait le psaume 40 ne dit pas tout à fait ce que l’auteur de la lettre aux Hébreux fait dire à Jésus. Ce psaume 40 était notre psaume de méditation entre la 1° lecture et l’Evangile et voilà ce qu’il disait : Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens. » Est-ce que vous avez entendu la différence ? L’auteur de la lettre aux Hébreux a fait rajouter quelques mots à Jésus : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Les mots rajoutés sont donc ceux-là et ils ont une importance capitale : tu m’as formé un corps.

Comme en de nombreux autres endroits, l’auteur de la lettre aux Hébreux fait une critique du système des sacrifices, mais il n’est pas le premier à le faire, par certains côtés, les prophètes avaient déjà commencé le travail. C’est un peu comme s’il disait : c’est hypocrite d’offrir le corps des animaux et leur sang et, ensuite, rentré chez soi de faire n’importe quoi de son corps, de sa vie. En venant dans le monde, par son Incarnation, Jésus a mis fin à ce système des sacrifices, que je qualifierai d’extérieurs, dans lesquels on ne s’offre pas soi-même. C’est en cela, dira l’auteur de la lettre aux hébreux, qu’il mérite le titre de grand-prêtre et, lui seul le mérite car il s’est offert lui-même, une fois pour toutes : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté.

La leçon est donc claire pour nous, si nous ne voulons pas avoir des pratiques religieuses régressives, il nous faut emboiter le pas à Jésus. Ce que Dieu aime, ce n’est pas ce que nous lui offrons : nos prières, nos bonnes actions, nos menus sacrifices, non ! Ce que Dieu aime, c’est nous ! Mais attention, ne faisons pas de contre-sens, Dieu n’est pas comme les dieux païens qui aimaient les sacrifices humains. Ce qui fait honneur à notre Dieu qui nous a créés par amour et pour l’amour, ce qui lui rend gloire, c’est l’offrande de nous-mêmes, pour le servir et servir nos frères, dans un acte d’amour. Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté.

Nous savons que Jésus est allé jusqu’au bout de l’offrande de lui-même et comme le disait l’auteur de la lettre aux Hébreux, c’est ainsi que nous sommes sanctifiés, sauvés. C’est précisément ce que nous célébrons dans chaque Eucharistie qui actualise pour nous la grâce offerte par l’unique sacrifice que le Christ a fait de sa vie. C’est pour cela que, pour nous, l’Eucharistie quotidienne est si importante. Parce que nous en avons tous fait la douloureuse expérience, se donner totalement avec son corps, comme le précise la lettre aux Hébreux, ce n’est pas si facile que cela, ce n’est jamais gagné. Hier, je citais cette parole du frère Christian de Chergé : en gros, nous pouvons dire que nous avons donné notre vie au Seigneur, mais comme ça nous coûte quand il vient nous la demander en détail !

C’est donc dans l’Eucharistie que nous recevons la grâce de nous donner encore, de ne pas reprendre ce que nous avons donné en donnant notre corps dans le célibat. Offrir son cœur, offrir son âme, on ne sait pas bien ce que ça veut dire, ça reste un peu flou donc ce n’est pas très engageant, mais offrir son corps, c’est concret et la vérité de ce don peut se vérifier.

Puisque le Christ va nous unir à son sacrifice, demandons-lui la grâce de pouvoir renouveler aujourd’hui le don de nous-mêmes fait à notre ordination, pour nous prêtres, ou lors de votre consécration, pour vous mes sœurs et lors du mariage pour les époux et au Baptême, de manière plus large pour tous les chrétiens. Oui, Seigneur, nous avons besoin de ta grâce pour que ce don soit notre joie et puisse faire ta joie. L’Evangile d’aujourd’hui nous a aussi redit que c’était ainsi que nous pourrions vraiment devenir pour toi un frère, une sœur. Aux jours de difficultés redis-nous que tu ne nous aimes pas seulement quand nous sommes victorieux mais aussi et peut-être surtout quand nous sommes combattants ! Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, pour cela je t’offre mon corps !

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