12 Juillet : 15° dimanche ordinaire : Le semeur sème et il sème toujours !

Il ne viendrait à l’idée d’aucun semeur d’aller semer dans un champ qui ne serait pas le sien ! C’est vrai aujourd’hui, mais ça l’était encore plus au temps de Jésus où les paysans étaient, dans la plupart des cas, des personnes très modestes, ne possédant que de petites parcelles, parfois-même, une seule parcelle pour développer ce qu’on appelle aujourd’hui, une agriculture de subsistance. Dans ces conditions, chaque semeur était extrêmement vigilant pour ne semer que dans sa parcelle. De la même manière, on attendait tellement de la récolte pour vivre, sur ses résultats, tout au long de l’année, que le semeur, avant de semer, préparait avec soin cette parcelle et choisissait les meilleures semences pour mettre toutes les chances de son côté pour avoir une belle récolte. Et, après avoir semé, il survellait pour que personne ne vienne ravager son travail. Voilà ce que le Saint-Esprit m’a inspiré dans le long voyage en car qui me ramenait, hier, de Lourdes, avec les pèlerins du diocèse.

Oui, parce que, cette parabole du semeur, nous la connaissons tellement, que nous risquons de redire toujours la même chose. Il est donc nécessaire, particulièrement pour nous les prédicateurs, que nous puissions demander au Saint-Esprit de renouveler notre lecture en nous permettant de nous arrêter sur des détails qui pourront apporter un éclairage nouveau ou au moins un peu décalé par rapport aux habitudes. Je remercie vraiment le Saint-Esprit qui ne me laisse jamais démuni … quand je prends le temps de le prier, bien sûr ! Alors revenons sur ces 4 points : le semeur sème dans le champ qui lui appartient, il choisit la meilleure des semences pour ensemencer son champ qu’il va préparer soigneusement avant de semer, et ensuite, il surveillera pour que son travail ne soit pas gâché par quelqu’un qui aurait des intentions malveillantes.

1° point : le semeur sème dans le champ qui lui appartient. Vous l’avez compris, et Jésus le laissait entendre dans l’explication qu’il donnait à ses disciples, le semeur, c’est lui qui a été envoyé par le Père pour semer la Parole dans les cœurs. Et donc, comme tout bon semeur, Jésus n’a semé la Parole que dans les cœurs qui lui appartenaient. En entendant cela, vous auriez peut-être envie de me faire une objection : mais Jésus n’a pas choisi un club de privilégiés, dignes de recevoir la Parole, il s’est adressé à tout le monde ! Oui, c’est vrai, mais ça ne contredit pas le fait que le semeur ne sème que dans le champ qui lui appartient. Si Jésus a choisi de s’adresser à tout le monde, c’est précisément parce que chaque être humain est créature de Dieu. Quand Jésus sème la Parole dans un cœur, même si ce cœur semble éloigné de Dieu, il lui appartient quand même.

J’insiste sur ce point parce qu’il nous permet de comprendre pourquoi Jésus n’a exclu personne de sa prédication, ni les pécheurs, ni même ses adversaires. Il a agi de cette manière, justement pour manifester que tout être humain était l’enfant bien-aimé du Père, même le plus sali par ses choix tordus et son péché, même le plus rejeté et abimé par les blessures de la vie, même le plus opposé ou indifférent à lui. Prendre conscience de cela pourrait nous aider à changer notre regard sur les autres, particulièrement sur ceux avec qui nous avons des difficultés ou qui ont des difficultés avec nous. Plutôt que d’enfermer l’autre dans une vision négative, regardons-le comme un cœur que le Seigneur veut ensemencer de sa Parole pour qu’il puisse porter de beaux fruits. 

2° point : il choisit la meilleure des semences pour ensemencer son champ. Je l’ai dit et c’est tellement clair dans la parabole, la semence, c’est la Parole, la Parole d’Amour que Jésus est venu offrir à tous les cœurs. Nous avons déjà tous fait la douloureuse expérience de paroles qui nous ont profondément blessé et certaines personnes semblent particulièrement doué pour prononcer ces paroles, il nous arrive, à nous aussi, d’en prononcer de ses paroles qui sont comme des flèches tirées pour tuer. Mais, Dieu soit loué, nous avons aussi l’expérience de paroles bienveillantes qui nous ont fait du bien. A un moment où nous n’allions pas bien, c’est un coup de fil réconfortant ou la parole chaleureuse d’un ami croisé par hasard, mais vous savez ce qu’Einstein disait du hasard, il expliquait que c’était Dieu qui voyageait incognito ! Oui, nos paroles humaines ont une grande puissance alors, à combien plus forte raison le Parole de Dieu ! Et, là, il faudrait relire toute la 1° lecture pour nous émerveiller de la puissance de la Parole du Seigneur. Dans la journée, relisez ce texte et prenez le temps de le méditer.

Oui la Parole de Dieu est puissante, c’est la semence que le Seigneur a choisie pour ensemencer nos cœurs afin de leur permettre de porter de beaux fruits. Mais est-ce que nous le laissons ensemencer nos cœurs de sa Parole, est-ce que nous la lisons cette Parole ? La Bible, chez vous, est-ce qu’elle est dans une étagère de votre bibliothèque soigneusement fermée à clé pour qu’aucun de vos beaux livres ne disparaisse ou se trouve-t-elle sur la table du salon, prête à être ouverte presque aussi souvent que votre portable ? Lisez-vous, chaque jour, sur une revue ou sur une application, les textes de la messe ? Vous savez, même le meilleur des médicaments, tant que vous le laissez dans son emballage, il n’aura aucun effet ! Ainsi en va-t-il de la Parole de Dieu. Profitez de ce temps estival pour prendre de bonnes habitudes pour ceux qui ne le faisaient pas et ne perdez pas cette bonne habitude si vous l’aviez ! Le Seigneur veut que nous portions de beaux fruits et c’est pour cela qu’il ensemence nos cœurs de sa Parole …si nous voulons que nos vies deviennent fécondes, ne laissons perdre aucune de ses bonnes graines !

3° point : le Seigneur prépare soigneusement le champ qu’il veut ensemencer. Le semeur le sait très bien, même la meilleure des semences ne pourra pas donner une belle récolte si le champ n’a pas été bien travaillé, labouré et nourri avec de bons engrais. Le Seigneur le sait aussi et ce travail, il l’a confié au Saint-Esprit, c’est lui qui travaille nos cœurs pour qu’ils deviennent une bonne terre pour la semence du Semeur divin. Luther aimait dire qu’ouvrir la Bible sans avoir, au préalable invoqué le Saint-Esprit, revenait à la même chose que d’ouvrir un livre dans une pièce sans lumière ! Lire la Parole, c’est indispensable, mais l’ouvrir sans invoquer le Saint-Esprit risque bien de nous décourager parce que nous finirons par trouver que cette Parole est bien compliquée et qu’elle ne nous dit rien. Puisqu’il est l’inspirateur des Ecritures, c’est l’Esprit-Saint qui pourra rendre la Parole parlante, qui va l’éclairer pour qu’elle touche nos cœurs et même pour qu’elle puisse les régaler car elle est savoureuse.

Seulement voilà, si le Saint-Esprit est envoyé pour travailler nos cœurs, encore faut-il que nous nous décidions à l’accueillir, encore faut-il que nous restions ouverts, dociles à son action. Sinon, nos cœurs vont vite se retrouver inhostiles comme le bord d’un chemin, durs comme un sol pierreux, encombrés comme un champ de ronces. Mais si nous le laissons agir, alors nos cœurs seront comme une bonne terre pour la semence du semeur et nos vies porteront de beaux fruits et les rendements évoqués par Jésus étaient largement supérieurs à ceux de l’époque. Ainsi en va-t-il pour ceux qui deviennent des amis du Saint-Esprit.

Il reste un 4° point : Ensuite, le Seigneur veille pour que son travail ne soit pas gâché par quelqu’un qui aurait des intentions malveillantes. Mais rassurez-vous, je ne le traiterai pas aujourd’hui car ça sera l’Evangile de dimanche prochain ! 

Que Notre Dame de Laghet nous obtienne la force de prendre tous les moyens nécessaires pour que nos cœurs deviennent une bonne terre pour la semence du semeur afin que nos vies portent beaucoup de beaux et bons fruits.

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