30 septembre : mardi 26° semaine ordinaire. Notre vocation, devenir des signes qui attirent … que faire en cas d’échec ?

J’ai déjà présenté la semaine dernière le livre de Zacharie que nous lisons encore aujourd’hui avant de passer à celui de Néhémie. Le prophète Zacharie était compagnon du prophète Aggée, c’est-à-dire qu’ils prophétisaient en même temps, au retour de l’Exil. Aggée avait été envoyé pour secouer le peuple et l’aider à reprendre courage par une prédication vigoureuse afin qu’il participe vaillamment à la reconstruction de Jérusalem, tout particulièrement du Temple. Et Zacharie, lui, il a été envoyé pour soutenir l’espérance du peuple, espérance mise à mal par ce retour d’Exil où rien ne s’est passé comme les exilés en avaient rêvé : le retour au pays a été très compliqué. Alors, devant cette situation, Dieu a voulu rappeler qu’il n’avait pas abandonné son peuple, comme il ne l’avait pas abandonné en Exil et que la grande promesse allait bientôt s’accomplir, il allait habiter au milieu de son peuple.

La lecture d’aujourd’hui nous a aussi fait entendre une belle promesse, par la bouche du prophète Zacharie, Dieu affirme que, bientôt la vocation du peuple d’Israël va pouvoir s’accomplir. Ils avaient été choisis, non parce qu’ils étaient les meilleurs, non parce que Dieu voulait en faire des privilégiés, ils avaient été choisis pour être un signe au milieu des nations, un signe qui montre le chemin de la communion avec Dieu. Récemment, le cardinal Aveline parlant de la situation dramatique en Terre Sainte disait que le drame, c’était justement que l’Israël politique d’aujourd’hui a oublié cette vocation. Notre prière doit se faire fervente pour ce peuple, nos ainés dans la foi afin qu’ils retrouvent leur vocation d’attirer tous les peuples au Seigneur.

En ce qui concerne le rappel de cette vocation, la lecture était merveilleuse, vous avez entendu : Ainsi parle le Seigneur de l’univers : Voici que, de nouveau, des peuples afflueront, des habitants de nombreuses villes. Les habitants d’une ville iront dans une autre ville et diront : « Allons apaiser la face du Seigneur, allons chercher le Seigneur de l’univers ! Quant à moi, j’y vais. » J’aime beaucoup cette dernière mention parce qu’il y en a toujours qui ne suivront pas, mais l’essentiel, c’est que ceux qui ont compris disent : Quant à moi, j’y vais !

Et la fin était encore plus belle : En ces jours-là, dix hommes de toute langue et de toute nation saisiront un Juif par son vêtement et lui diront : « Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous. » La semaine dernière je disais que la prophétie d’Aggée s’adressait désormais à nous, c’est à nous que le Seigneur disait : courage et au travail, je suis avec vous ! De la même manière, en lisant cette lecture, nous croyons que c’est aussi à nous que le Seigneur fait cette promesse : dix hommes de toute langue et de toute nation et j’ajoute de toute religion saisiront un chrétien par son vêtement et lui diront : « Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous. » Que notre témoignage soit suffisamment lumineux pour que tous ceux qui cherchent Dieu, tous ceux qui sont insatisfaits de ce qu’ils ont trouvé jusqu’à maintenant dans leur quête de sens puissent nous tirer par le vêtement en disant : Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous !

Quant à l’Evangile, il nous rend témoin de cet épisode assez douloureux dans le ministère de Jésus, douloureux pour deux raisons au moins.

  • 1° raison, Jésus vit un échec et c’est toujours douloureux de vivre un échec quand on est animé de bonnes intentions et Jésus était animé de très bonnes intentions : annoncer la Bonne Nouvelle à tous les hommes sans faire de différence, en croyant que tous sont appelés à recevoir l’Evangile. Hélas, à cause de l’antagonisme séculaire entre juifs et samaritains, parce qu’il allait à Jérusalem, les samaritains refusent de l’accueillir. D’un certain point de vue, il nous est bon de réaliser que Jésus, alors qu’il était le Fils de Dieu n’a pas tout réussi. L’Evangile nous parle aussi d’un échec retentissant dans sa patrie à Nazareth. Jésus n’a pas tout réussi … ne nous croyons donc pas plus forts que Jésus et acceptons que nous ne réussissions pas tout.
  • 2° raison pour laquelle cet épisode est douloureux, c’est la réaction des disciples de Jésus : les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »

Ils ont encore du chemin à faire les disciples, comme nous, nous avons encore du chemin à faire pour apprendre de Jésus qu’il est doux et humble de cœur et pour avoir la bonne réaction quand nous sommes confrontés à l’échec, au refus. La bonne réaction, Jésus va l’enseigner à ses disciples après les avoir réprimandés car il ne pourra jamais cautionner la violence, ni hier, ni aujourd’hui. Après ces réprimandes, il nous est dit : Puis ils partirent pour un autre village. Dans un autre passage, Jésus dira : là où l’on ne vous accueille pas : secouez la poussière de vos pieds en quittant ce village, c’est-à-dire n’emportez aucune rancune. Jésus ne veut pas que nous passions notre temps, que nous perdions notre temps, que nous épuisions notre énergie à ressasser nos échecs et à maudire ceux qui en sont responsables, il nous invite à aller de l’avant. Dans son échec cuisant à Nazareth qui lui a fait risquer la lapidation, le texte nous dit : et passant au milieu d’eux, Jésus allait son chemin ! Quel exemple ! Ne nous laissons jamais paralyser par les échecs, les refus, les critiques, allons notre chemin, poursuivons notre mission.

C’est cette grâce que nous demandons aujourd’hui par l’intercession de Notre Dame de Laghet car c’est ainsi que nous répondrons à notre vocation qui nous a été rappelée par Zacharie dans la 1° lecture.

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