20 janvier : samedi 2° semaine temps ordinaire … avec des lectures changées !

Si vous aimez suivre les lectures sur un livret ou si vous avez préparé cette messe en lisant au préalable les lectures, vous aurez remarqué que nous n’avons pas pris les lectures de la messe de ce jour. En effet, puisque, ce matin, s’est réuni au sanctuaire, autour de notre évêque et du père Tschann, un groupe très lié à la spiritualité de St François de Sales, nous avons pris les lectures de la fête de St François de Sales que nous célébrerons mercredi. Et c’est sans doute mieux comme ça parce que les textes du jour étaient assez raides ! Je voudrais développer deux points qui pourront parler à la fois au groupe des amis de St François de Sales et à ceux qui sont venus vivre ce temps de prière de guérison.

Dans le 1° point, je veux souligner la conclusion de la 1° lecture : Notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance. Et, pour illustrer la puissance de cette parole, j’aimerais me référer à un épisode de la vie de St François de Sales alors qu’il n’était qu’étudiant à Paris. Il a dû vaincre une terrible crise de foi qui l’a considérablement perturbé au point qu’il finissait par se demander s’il serait sauvé. Il sera guéri de cette crise de foi en priant dans l’église saint Etienne-des-Grès, devant C’est une prière devant la statue de Notre Dame de Bonne Délivrance. La Vierge Marie lui obtiendra une lumière intérieure qui l’établira dans la confiance et la paix réalisant, finalement, qu’elle est vraie cette parole de St Paul que nous avons entendue : Notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance. Ce matin, ce n’est pas devant la statue de Notre Dame de Bonne Délivrance que nous avons prié, mais à n’en pas douter Notre Dame de Laghet peut nous obtenir de la même manière, à nous aussi, d’être guéris de toutes nos crises de foi, à condition d’écrire le mot foi avec l’orthographe juste !

Notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance. Puisqu’il en est ainsi, non seulement, nous n’avons rien à craindre, mais, en plus, nous pouvons tout oser ! Et c’est bien ce que nous avons fait toute cette matinée en implorant le Seigneur pour qu’il nous accorde au moins l’une des 3 guérisons dont a bénéficié l’homme paralysé porté par ses 4 amis.

Le 2° point, il m’est inspiré par cette belle et grande méditation de St Jean sur l’amour, une méditation que nous connaissons bien. Mais ce n’est parce que nous la connaissons bien que nous la vivons !  Dans cette méditation, j’entends 2 invitations que Jésus nous adresse :

1° invitation : demeurez dans mon amour, dit Jésus. Le verbe demeurer est un des verbes préférés de l’Evangéliste St Jean parce que Jésus, lui-même, aimait bien l’utiliser. Par exemple, il va dire à Zachée : Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. Ça signifie que Jésus ne veut pas faire une visite à la va-vite, il a perçu l’enjeu de sa venue dans la maison de Zachée, il y restera donc le temps qu’il faut ! Et il a eu bien raison d’y rester puisqu’en demeurant dans sa maison, la vie de Zachée sera transformée. Alors, aujourd’hui, à nous, Jésus ne dit pas : il faut que j’aille demeurer chez toi mais il nous dit : c’est à vous de faire ce qu’il faut pour demeurer en moi, pour demeurer dans mon amour, dans cet amour qui m’unit au Père et qui porte un nom, le Saint-Esprit. 

Nous l’avons donc compris, demeurer dans l’amour de Jésus, ça va forcément être engageant puisqu’il ne s’agit pas de lui faire une petite visite comme ça, vite fait, quand on n’a plus rien d’autre à faire ! Non, il s’agit, on pourrait dire de rester branchés sur Jésus, sur son amour. Vous savez les jeunes, ils sont branchés toute la journée sur leur smartphone, peut-être que les moins jeunes aussi, d’ailleurs ! Eh bien, il faudrait, dans une journée passer au moins autant de temps branchés sur l’amour de Jésus que branchés sur son smartphone ! Oui, c’est sûr, ça exigera de faire des choix, mais l’enjeu est grand puisque Jésus nous dit ce qui va se passer si nous restons branchés sur lui, sur son amour : Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ! Vous vous rendez compte ? Toujours dans la joie, quelle que soit la météo extérieure et la météo intérieure ! Quelle que soit la santé, les événements ! Mon Dieu comme c’est désirable ! 

La 2° invitation, je l’entends à travers cette parole : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Jésus vient de lancer un appel très fort à l’amour. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est un commandement, pas une simple invitation facultative et Jésus précise, en plus, que l’amour auquel il nous appelle, doit avoir les qualités de son amour, à lui : comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres ! Et de fait, Jésus va montrer jusqu’où va son amour, il donnera sa vie pour nous. Alors, quand nous entendons cela, nous aurions envie de chanter la vieille chanson d’Annie Cordy : j’voudrais bien, mais j’peux point !

Ce n’est pas l’envie qui manque, nous voudrions tous aimer plus et mieux, nous voudrions aimer comme Jésus, en allant jusqu’au bout de l’amour, en nous donnant totalement. Oui, j’voudrais bien, mais j’peux point ! C’est vrai, mais ce n’est vrai que si je compte uniquement sur mes propres forces ! Par mes propres forces je n’arrive pas à aimer vraiment d’un amour qui aille jusqu’au don de moi-même. Je pense que c’est parce que nous en avons conscience que nous sommes venus ce matin et que nous sommes encore présents à cette eucharistie. En effet, nous avons conscience d’être habités par un désir infini d’amour et en même temps nous touchons sans cesse du doigt notre pauvreté pour le mettre en œuvre. Alors, nous venons à la messe, nous venons écouter sa Parole, nous venons communier ou recevoir la bénédiction du Seigneur parce que sans Lui, nous savons très bien que nous n’allons pas très loin sur le chemin de l’amour. St François de Sales l’exprimait très bien quand il disait dans le langage de son époque : Les enfants, à force d’écouter leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage ; et nous, demeurant près du Sauveur par la méditation et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, à faire et à vouloir comme lui !

Alors, par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons, comme le disait St Paul que soit renouvelée notre foi au Christ pour accéder auprès de Dieu en toute confiance. Demandons-lui encore la grâce de reconnaître que, par nous-mêmes nous n’arriverons pas à vivre l’amour, qu’elle nous obtienne donc de rester branchés sur son Fils Jésus afin que notre joie soit parfaite. Qu’elle nous aide à garder, gravées dans nos cœurs les paroles de cette hymne : Où sont amour et charité, Dieu lui-même est présent.

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