Dans la 1° lecture, je soulignerai juste une phrase : la racine de tous les maux, de tous les malheurs, c’est l’amour de l’argent. Vous avez bien entendu, Paul ne dit pas que la racine de tous les malheurs, de tous les problèmes, c’est l’argent, il dit que la racine de tous les problèmes et de tous les malheurs, c’est l’amour de l’argent. L’argent, en lui-même, il n’est ni bon ni mauvais, ce qui va être déterminant, c’est l’usage que je vais en faire. Et je suis tellement triste de voir que tant de personnes qui ont beaucoup d’argent ne partagent pas ou pas suffisamment. Ceux qui sont guettés par ce mal qui conduit au malheur, pour guérir, le moyen est simple, il suffit de partager un peu si l’on n’a pas beaucoup et beaucoup si on de gros moyens ! Ceux qui ont de l’argent pourraient faire tellement de bien, le monde pourrait devenir tellement beau si tout le monde s’y mettait !
Quant à l’Evangile, c’est un très beau passage que nous venons d’entendre, pas long du tout, mais beau parce que riche d’enseignements. J’en ai retenu 3 que je voudrais vous partager.
1. Ça nous parait tellement banal que nous finissons par ne plus le remarquer, mais le début du texte nous rappelait que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. J’aime dire qu’il y a peu de mètres carrés de ce pays que Jésus n’aura pas foulé et il l’a fait avec courage et ardeur car sa mission, c’était de chercher et sauver ceux qui étaient perdus.
2. Le 2° enseignement que je retiens de ce texte concerne la manière d’être avec Jésus. Dans les quelques versets de cet Evangile, deux groupes sont mentionnés : les apôtres et les femmes, ce jour-là, il y en avait 3, mais il a pu y en avoir d’autres à d’autres moments, à la croix par exemple. Le même Evangile de Luc, un peu plus loin, nous parlera d’un autre groupe que Jésus va instituer, ce sont les 70 disciples (Luc 10). Et bien sûr, il y aura les foules, ce groupe à géométrie variable qui, à certains moments, suivra également Jésus. L’enseignement que je tire de ce fait, c’est qu’il y a de la place pour tout le monde auprès de Jésus. Il ne s’est pas choisi une cour de privilégiés qui auraient été les seuls à pouvoir l’approcher, écouter ses enseignements ou le suivre. Près de Jésus, il y a de la place pour tout le monde, mais tout le monde n’aura pas la même place et chacun sera à la bonne place ! Les 12 apôtres auront eu une manière unique de suivre Jésus, les femmes vivront une autre manière tout aussi unique de le suivre, de même pour les 70 ou les foules. Il faut vraiment insister pour dire que dans ces différentes manières de suivre Jésus, il n’y en a pas une qui serait meilleure, plus honorifique. Chacun est à sa place, à la bonne place puisque c’est la place que Jésus lui a donnée et lui, il savait tenir compte des charismes et des désirs de chacun pour trouver cette bonne place, il savait respecter le cheminement de chacun.
Le 3° enseignement que je tire de ce texte d’Evangile concerne justement la place de ces femmes de l’Evangile. Il nous est dit que ces femmes servaient Jésus et le groupe apostolique en prenant sur leurs ressources. Alors, en entendant cela, certains esprits mal tournés pourraient dire : tu parles d’une place, elles sont les boniches des bonhommes et, en plus, elles doivent les entretenir financièrement ! Oui, ça, c’est pour les esprits mal tournés, mais pour ceux qui lisent sérieusement l’Evangile, ils entendent que ces femmes assuraient la diaconie. Le verbe servir, en grec, il se dit « diakoneô » et il a donné le mot diacre. C’est par ce verbe « diakoneô-servir » que Jésus a voulu définir le sens de sa mission : je suis au milieu de vous comme celui qui sert, dira-t-il. (Lc 22,27) Ou encore : je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir. (Mc 10,45) Je ne ressemble donc jamais autant au Christ que lorsque j’accomplis le service ou, dit en grec, la diaconie.
Peu importe ce qui m’est demandé, peu importe le service que j’accomplis, peu importe s’il est discret ou bien visible, ce qui compte, c’est que je vive cette diaconie, ce service, comme ma manière unique de répondre à l’appel du Christ en étant persuadé que c’est l’accomplissement de ce service qui m’unira le plus profondément au Christ.
Que Ste Marie-Madeleine, Ste Suzanne et Ste Jeanne, ces femmes qui suivaient et servaient intercèdent pour nous afin que nous sachions tenir notre place, toute notre place sans empiéter sur la place des autres, sans jalouser sur leur place. Que Notre Dame de Laghet veille sur tous ses enfants afin que tous puissent trouvent leur place dans l’Eglise et recevoir les grâces dont ils ont besoin.
