8 avril : mercredi octave pascale : La foi de Pierre … Jésus chemine avec nous pour nous conduire à la foi.

Nous la connaissons bien cette parole de Pierre quand s’adressant à ce pauvre homme, il lui dit : « De l’or et de l’argent, je n’en ai pas, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche ! » C’est une des paroles de l’Ecriture qui me marque beaucoup. Mais pour la goûter à sa juste mesure, il faut bien mesurer ce qui se passe car nous assistons en direct au premier acte de puissance accompli par les apôtres en l’absence de Jésus. En effet, dans ces chapitres des Actes, nous ne sommes pas juste après Pâques, mais juste après Pentecôte. Jésus n’est plus là, mais les apôtres ont été revêtus de la puissance du Saint-Esprit. Comme nous le voyons, Pierre ne fanfaronne plus, comme il le faisait si souvent par le passé, il s’appuie uniquement sur sa foi en la puissance du nom de Jésus invoqué pour sauver ce pauvre homme.  

Je vous avoue que j’aurais trop aimé être avec eux pour voir la tête de Jean, mais aussi celle de Pierre quand cette parole est sortie des lèvres de Pierre ! La tête de Jean d’abord parce qu’il a dû se demander quelle mouche avait piqué ce pauvre Pierre pour qu’il ose parler comme Jésus ? Et la tête de Pierre également car il a dû se demander si ça allait marcher ! C’est vrai, la parole de Pierre est une parole complètement folle selon la rationalité, mais il n’a pas peur de la prononcer car il ose croire que la puissance par laquelle Jésus accomplissait des miracles, toute cette puissance est désormais entre leurs mains à eux, les apôtres. 

C’est la fameuse parole de Paul qui s’accomplit, Parole que je trouve tellement extraordinaire : « Dieu déploie pour nous, les croyants, une puissance incomparable : cette puissance incomparable, c’est l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux. » Eph 1,19-20 Vous imaginez la puissance qu’il a fallu pour ressusciter Jésus ? Eh bien, cette puissance, dit Paul, elle est désormais entre les mains des apôtres, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Et, c’est bien parce que cette puissance est entre ses mains que Pierre peut oser prononcer cette parole complètement folle : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche !

Cette parole d’audace, nous devons, nous aussi la prononcer quand nous sommes confrontés à des situations très compliquées. Quand on se sent démuni, vous le savez, il y a deux tentations qui peuvent nous guetter. La grande tentation, c’est de fuir, parce que c’est trop douloureux de se sentir impuissant. Pour ne céder à cette tentation, le Saint-Esprit fera souvent remonter dans nos cœurs cette parole : « De l’or et de l’argent, je n’en ai pas, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche ! » Dans un message de carême 2006, Benoit XVI avait dit une parole qui résume bien cela : « Celui qui ne donne pas Dieu, donne trop peu. » C’est tellement vrai ! 

Quant à l’évangile des disciples d’Emmaüs que nous connaissons bien, il est tellement riche qu’on pourrait prêcher toute une retraite juste sur ce texte ! Je souligne juste deux points.

1/ C’est d’abord la déception des deux disciples qui a retenu mon attention. J’aime beaucoup repérer que lorsqu’il partage cette déception avec celui qui n’est encore qu’un inconnu pour eux, Jésus ne les fait pas taire en les obligeant à cheminer à 100 à l’heure pour le reconnaître ! Quand ils disent : « Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël », on sent bien toute la déception qui les habite. Eh bien, Jésus les écoute, il laisse le temps au temps, ils ont besoin de vider leur sac, il accepte de se mettre à leur pas, respectant leur rythme. Et Jésus agit toujours ainsi, encore aujourd’hui. Jamais il ne nous fera taire quand nous lui confierons notre déception, notre amertume. Il nous écoutera toujours jusqu’au bout, nous laissant le temps de vider notre sac, en acceptant de tout entendre même ce qui pourrait être difficile à entendre ! 

2/ Le 2° point que je retiens et que je ne fais qu’évoquer, c’est « le cœur brûlant. » Cette brûlure, elle provient de la rencontre avec le ressuscité qui vient nous rejoindre précisément au cœur de ces déceptions qui ont pu mettre de l’amertume dans nos cœurs. Ce temps pascal qui nous permet de relire toutes les apparitions nous donne l’occasion de voir comment Jésus, par sa seule présence a su rallumer le feu dans le cœur de ses disciples. Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons que cette Eucharistie qui est notre rencontre avec le Seigneur vienne rallumer le feu de l’amour dans nos cœurs, pour nous permettre de croire en la puissance du nom de Jésus.

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