11 avril : Jeudi 2° semaine temps pascal. Des paroles qui remplissent quand d’autres sonnent le creux … nous mettre au service de la colère de Dieu !

La lecture quasi-continue du livre des Actes que nous effectuons dans ce temps pascal, nous permet de continuer l’histoire là où nous l’avions laissée hier. Rappelez-vous, les apôtres ont été arrêtés, libérés miraculeusement, ils retournent donc dans le Temple pour enseigner et sont à nouveau arrêtés. Dans la lecture d’aujourd’hui, nous avons entendu le réquisitoire des membres du conseil. Dans tout ce qui est reproché aux apôtres, je retiens cette parole : « vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. » C’est assez étonnant, mais c’est souvent dans la bouche des accusateurs que l’on trouve les plus grandes vérités, vérités, que, bien sûr, ils prononcent malgré eux. C’était déjà comme ça dans le procès de Jésus, le grand prêtre avait dit cette belle vérité sur Jésus. « Ne valait-il pas mieux qu’un seul meure pour le Salut du Peuple ? » Eh bien, là encore, il y a une belle vérité qui est proclamée par l’accusation : l’enseignement des apôtres remplit Jérusalem.

Les accusateurs auraient pu dire que l’enseignement des apôtres se répandait dans Jérusalem. Mais ce n’est pas le mot qu’ils ont choisi. Ce qui les met hors d’eux, c’est que l’enseignement donné par les apôtres remplitJérusalem ; dire cela, c’est un douloureux aveu d’échec de leur part, parce que ça signifie que Jérusalem était vide ! Ça signifie donc que leur enseignement à eux, ne remplissait pas, mais entretenait un vide et pourtant, Dieu sait s’ils parlaient ! Je pense que nous avons tous faits cette expérience d’entendre des discours qui sont vides, qui sonnent creux, alors qu’ils sont pourtant remplis d’abondantes paroles ! 

L’enseignement des apôtres, il remplissait donc le vide laissé par les discours vides des autorités, il apportait une plénitude. Et, dans la fin du texte, les apôtres nous livrent leur secret : pourquoi leur enseignement avait-il cette capacité de remplir ? Eh bien, parce qu’ils parlent dans l’Esprit-Saint, par l’Esprit-Saint, voilà ce qu’ils disent : « Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »

On dit parfois qu’avant de parler, il faut tourner sa langue 7 fois dans sa bouche, moi, je ne suis pas adepte de cette pratique, comme je dois beaucoup parler, j’ai peur de me faire des ampoules à la langue ! Il serait plus judicieux, quand nous avons à parler pour dire des choses importantes, de demander la lumière, l’assistance du St Esprit. Nous avons tous fait cette expérience soit pour les paroles que nous disons, soit pour celles qui nous sont dites qu’une parole donnée dans la lumière du St Esprit, elle remplit, elle ne blesse pas, elle accomplit tout un travail chez celui qui la reçoit. Alors nous savons ce qui nous reste à faire !

Dans l’Evangile, il nous a été donné d’entendre la fin de l’entretien de Jésus avec Nicodème. Mais on aurait presque envie de dire que ça finit mal : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » Aïe, aïe, aïe ! On n’aime pas entendre ce genre de paroles ! En plus comment concilier cette parole finale avec le début de l’entretien quand Jésus disait : Dieu a tellement aimé le monde qu’il a envoyé son Fils … et Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Alors, Salut ou colère éternelle pour ceux qui ne croient pas ?

Bon, on pourrait déjà apporter une première nuance en soulignant que Jésus ne parle pas de ceux qui ne croient pas, mais de ceux qui refusent de croire. Il évoque donc un acte réfléchi, posé en toute conscience. Mais ça ne nous satisfait qu’à moitié parce qu’on pourrait se dire : ceux qui ne s’intéressent pas à Dieu, eh bien, que Dieu ne s’intéresse pas à eux et puis c’est bon, mais pourquoi cette colère qui va demeurer contre eux ?

Je crois l’avoir déjà dit mais les choses rentrent mieux quand on les répète et puis, ici, à part les sœurs, ce ne sont jamais les mêmes personnes qui participent à la messe ! Donc, quand il y a un mot qui nous choque parce qu’il attribue à Dieu une attitude qui nous semble tellement contraire à ce qu’il est profondément, il nous faut réfléchir de manière ajustée. Le premier élément qu’il faut remettre à sa juste place pour avoir un raisonnement théologique juste, c’est la grande vérité que Jésus est venu nous révéler : Dieu est amour. Et même, Dieu N’est QU’amour. Ce petit « ne que », est, en effet, très important puisqu’il définit l’une des originalités fondamentales du christianisme. 

Ayant cette vérité dans la tête et dans le cœur, il nous faut ensuite nous interroger à propos du mot, de l’attitude qui nous choquent et chercher quel sens peut avoir cette attitude chez quelqu’un qui n’est qu’amour. Que signifie donc dans la bouche de Jésus cette déclaration que la colère de Dieu va demeurer sur celui qui refuse de croire ? Puisque Dieu n’est qu’amour, dire que sa colère va demeurer sur quelqu’un, n’a donc rien à voir avec nous, qui, à certains moments ne décolérons pas contre certaines personnes ; notre colère restant sur eux, elle leur pourrit la vie et elle pourrit aussi la nôtre d’ailleurs ! Mais ça, ça ne colle pas avec Dieu qui n’est qu’amour.

Vous en avez peut-être rencontré de ces personnes qui refusent de croire, qui ont la dent dure contre l’Eglise, la hiérarchie, la plupart du temps, leur attitude cache de grandes blessures. S’ils refusent de croire, c’est parce que, avec ce qu’ils ont vécu, ils n’arrivent pas à croire. Eh bien, il me semble que Jésus annonce une bonne nouvelle pour toutes ces personnes. En effet, la colère de Dieu n’est jamais dirigée contre les personnes ; Dieu tape sur le péché, jamais sur le pécheur ; Dieu tape sur le malheur, pas sur le malheureux ! Donc, en disant que la colère de Dieu va demeurer sur ceux qui refusent de croire, Jésus annonce que Dieu n’abandonnera jamais ceux qui n’arrivent pas à croire. 

Mais, attention, ce ne sont pas les personnes qui n’arrivent pas à croite que Dieu va chercher à détruire par sa colère. Non ! Ce que la colère de Dieu veut détruire, anéantir, c’est ce qui les empêche de croire. Dieu va les poursuivre et mettra toute son obstination à guérir ce qui a été abimé en eux par les accidents de la vie, par la méchanceté de certaines personnes. 

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de nous mettre au service de la colère de Dieu pour que tout ce qui pourrait empêcher de croire soit supprimé. Demandons aussi la grâce de parler sous l’onction de l’Esprit-Saint pour que nos paroles emplissent les cœurs, qu’elles consolent et guérissent.

Cette publication a un commentaire

  1. wilhelm richard

    Et moi, je suis toujours aVIDE de vous lire car votre langue avec ou sans ampoule viendra toujours à notre led pour nous éclairer sans faim : votre menu restera un vrai délice, quoi !!!

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