17 juillet : mercredi 15° semaine ordinaire. D’où viennent les insomnies ?

De la 1° lecture que nous avons entendue, je ne garderai qu’un seul point que je trouve assez essentiel puisqu’il répond à 3 questions importantes : 

  • 1° question d’où viennent les insomnies qui peuvent pourrir certaines nuits ? 
  • Quel est le remède à ces insomnies ?
  • Et pourquoi y a-t-il des moines ? 

Ces 3 questions sont profondément liées. Reprenons-les l’une après l’autres !

1° question : D’où viennent nos insomnies ? Et je complète la question en rajoutant : pourquoi certains n’arrivent pas à dormir plus longtemps le matin et sont souvent réveillés avant que le jour ne se lève ?  Eh bien, la 1° lecture apporte une magnifique réponse à ces questions que se posent inévitablement ceux qui ont un sommeil perturbé. Voilà ce que disait Isaïe : « Dire ton nom, Seigneur, faire mémoire de toi, c’est le désir de l’âme. Mon âme, la nuit, te désire, et mon esprit, au fond de moi, te guette dès l’aurore. »

Si vous vous réveillez la nuit, ce n’est pas parce que vous êtes en manque de lecture, d’émissions de radio ou de vidéos, ce n’est pas non plus parce que vous avez faim ! Or, quand on se réveille, la plupart du temps qu’est-ce qu’on fait ? On lit, on écoute la radio, on regarde des vidéos ou on va grignoter un petit quelque chose ! Mauvaise réponse ! « Dire ton nom, faire mémoire de toi, c’est le désir de l’âme. Mon âme, la nuit, te désire. »Si vous êtes réveillés la nuit, c’est parce que votre âme a faim du Seigneur, elle a envie, elle a même besoin de dire, de répéter amoureusement le nom du Seigneur, de faire mémoire de Lui, de tous ses bienfaits dans l’histoire du Salut et dans votre histoire sainte, c’est ce désir de votre âme devenu si intense qui vous a réveillés ! Et s’il vous semble que vous êtes réveillés trop tôt, c’est, continue Isaïe, parce que « votre esprit, au fond de vous, attend la rencontre avec l’amour du Seigneur dès l’aurore ! »

2° question : Quel est le remède à ces insomnies ? Avec ce que je viens de dire, vous avez forcément compris quel était le remède à vos insomnies ! Si vous vous réveillez la nuit, inutile donc de lire, d’écouter la radio, de regarder des vidéos ou de grignoter : répondez vite au désir de votre âme qui veut dire le nom du Seigneur, faire mémoire de lui ! Avant on disait que pour se rendormir, il fallait compter les moutons, Isaïe nous laisse entendre qu’il serait plus profitable de parler au berger ! Et, si vous vous réveillez trop tôt à votre goût, inutile de tourner et retourner dans votre lit en vous énervant, levez-vous et allez à la rencontre du Seigneur puisque votre esprit, au fond de vous, guette le Seigneur dès l’aurore !

3/ Enfin 3° question qui est, vous le comprenez bien, dans la suite parfaitement logique des deux précédentes : pourquoi y a-t-il des moines ou des moniales ? Tout simplement parce qu’il y en a qui ont une âme plus gourmande que les autres ! « Dire ton nom, faire mémoire de toi, c’est le désir de l’âme. Mon âme, la nuit, te désire, et mon esprit, au fond de moi, te guette dès l’aurore. » Il n’y a pas que la nuit que le désir de leur âme les conduit vers le Seigneur, mais le jour aussi, il n’y a pas de moment où leur âme les laisse en paix parce que leur âme est devenue insatiable !

C’est donc bien clair, contrairement à ce que nous pensons, les moines, les moniales ne sont pas des êtes plus courageux que les autres, ils et elles sont dotés d’une âme plus gourmande que le commun des mortels ! Vous savez ceux qui font des performances étonnantes au marathon, ils arrivent à de telles performances, bien sûr, parce qu’ils s’entrainent, mais surtout parce qu’ils ont un cœur qui bat plus lentement que le cœur du commun des mortels. 

Ils n’ont donc pas que du mérite dans leurs résultats. Eh bien, il en va de même pour les moines et les moniales qui, comme les marathoniens, ont découvert cette particularité de leur anatomie, mais là, pour le coup, il s’agit de l’anatomie spirituelle, ils ont une âme plus gourmande et, de cette particularité, ils ont voulu, en faire un atout pour réussir leur vie et rappeler que tout le monde doit répondre un peu mieux au désir de son âme qui ne cesse de dire en reprenant les mots de St Augustin : Tu nous as faits pour Toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi !

Quant à l’Evangile, c’est un texte qui, à un moment de ma vie, a beaucoup compté. Au bout de quelques années de ministère, je me suis retrouvé vidé, oh je ne regrettais rien, je ne remettais rien en cause, mais j’étais vidé, fatigué. Sans doute parce que j’étais parti tête baissée, en me donnant à fond et sans prendre suffisamment le temps de me ressourcer. Alors, quand j’entendais : Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos, cette parole m’intéressait beaucoup ! 

Mais je ne comprenais pas la suite : Prenez sur vous mon joug ! Vous savez, le joug, c’est cette pièce de bois qui permet à deux bœufs d’être attelés et d’unir leur force pour tirer ensemble une charrue. J’avais un copain, fils de paysan qui avait, chez lui, un très beau poster, en noir et blanc, d’une paire de bœufs labourant, on voyait tous leurs muscles en action. Alors, me souvenant de cette photo, je disais au Seigneur, tu n’es pas sérieux, je te dis que je suis fatigué et, toi, tu me parles de joug ? Et un jour, la lumière est venue et j’ai compris que le Seigneur voulait m’expliquer pourquoi j’étais fatigué, c’était parce que je tirais la charrue sans lui, tout seul et que je m’épuisais. En me proposant son joug, c’est comme s’il me disait : viens à mes côtés et laisse-moi tirer avec toi ! De fait, après, grâce à sa présence, ça a été bien mieux !

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce d’avoir une âme gourmande et de garder le Seigneur à nos côtés pour ne jamais tirer ou porter sans Lui !

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