20 juin : vendredi 11° semaine ordinaire … se glorifier de ses faiblesses … pas très habituel !

Quelle belle 1° lecture nous avons entendue ! Paul semble être en butte à pas mal de contradicteurs qui, parce qu’ils ne partageaient pas toutes ses idées, notamment sur l’ouverture aux païens cherchaient à le rabaisser. C’est bien connu : si vous voulez discréditer les idées de quelqu’un et que vous ne trouvez pas de bons arguments pour le faire, vous n’avez qu’à chercher à salir cette personne, immédiatement les gens se détourneront de lui, même si vous avez manié le mensonge pour parvenir à vos fins ! Ce procédé, si souvent utilisé, particulièrement en politique, ne date pas d’aujourd’hui, Paul en a été victime. C’est pour cela qu’il cherche à se défendre en se justifiant. C’est comme s’il disait : puisque d’autres se vantent d’être bien meilleurs que moi en cherchant à me dévaloriser, je vais vous dire qui je suis en vérité.

Et c’est ainsi que, dans cette lecture, il va brosser son propre portrait et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne va pas sombrer dans la fausse humilité, n’hésitant pas à dire qu’il est prêt, lui aussi, à se vanter. C’est ce qui explique cette longue énumération de ses qualités et de ses exploits. Si le texte s’était arrêté avant la dernière phrase, on pourrait être terriblement mal à l’aise en écoutant cette énumération. Certes, Paul veut se défendre, mais est-il obligé de se présenter comme le meilleur et le plus valeureux ?

Oui, mais il y a la dernière phrase qui nous étonne tellement. En effet, après cette énumération, on aurait pu s’attendre à ce que Paul cloue définitivement le bec à ses détracteurs en demandant qui peut aligner un tel palmarès ! Mais il n’en est rien, il conclut cette énumération par ces mots : S’il faut se vanter, je me vanterai de ce qui fait ma faiblesse. Tout ce que Paul vient d’affirmer est vrai, mais ce n’est pas là-dessus, ce n’est pas sur ses qualités, ses réussites qu’il veut appuyer sa vie parce qu’il sait que ça ne conduirait à rien sinon à l’orgueil qui ruine la vie de tous ceux qui en sont malades. La lecture de demain sera bien plus explicite et nous dira pourquoi s’appuyer sur ses faiblesses est décisif et salutaire pour les disciples de Jésus. Evidemment, par elle-même, la faiblesse n’apporte rien, mais elle pourra nous pousser à compter d’autant plus sur Dieu. Mais ça, c’est pour demain !

Venons-en à l’Evangile, j’aimerais juste m’arrêter sur cette formule que Jésus utilise : « La lampe du corps, c’est l’œil. » Pour comprendre ce que Jésus veut dire, le plus simple, c’est sans doute de regarder comment fonctionnaient ses yeux à lui. Très souvent dans les Evangiles, un miracle va être déclenché par un regard : Jésus voit et il est dit qu’il est « ému de compassion ». Ses yeux sont directement branchés sur son cœur et, comme le cœur dans la Bible, c’est le lieu où se prennent les décisions, Jésus est poussé à agir par ce qu’il voit.

Et nous, nos yeux sont branchés sur quoi ? Sur notre machine à juger ? Si, dès nous voyons quelqu’un, c’est un jugement qui monte en nous, ça signifie que nos yeux sont branchés sur notre machine à juger et Dieu sait si elle peut occuper de la place en nous, à certains moments  de notre vie ou vis-à-vis de certaines personnes ! 

Si, dès que nous voyons quelqu’un, ce sont des paroles de reproches et rarement d’encouragement qui sortent de nos lèvres, alors c’est le signe que nos yeux ont un double branchement : un fil sur la machine à juger et un fil sur la langue. Non, c’est sur le cœur que doivent être branchés les yeux ! Prenons la décision, aujourd’hui de vérifier nos branchements et, avec la grâce de Dieu, de reconnecter ce qui doit l’être. Rappelons-nous que l’enjeu est grand puisque Jésus nous dit : « La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. »

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce d’avoir un regard branché sur notre cœur et de ne mettre aucun obstacle au travail de la grâce en nous.

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