16 novembre : 33° dimanche ordinaire. La fin, c’est pour quand ?

Les personnes de ma génération se souviennent sans doute de la mère Denis que l’on voyait à la télévision dans une publicité pour une marque de machine à laver le linge. Je m’excuse pour les plus jeunes, je n’ai plus de télé depuis l’an 2000 donc mes références sont forcément datées ! La mère Denis, c’était une solide femme de la campagne avec les manches relevées. Je pense vraiment que, lorsque la crasse du linge voyait arriver la mère Denis, elle devait se dire que c’était foutu pour elle ! Vous savez ce qu’on disait d’Attila : là où il passait avec son cheval, l’herbe ne repoussait pas ! Eh bien la mère Denis, c’était l’Attila de la crasse, là où sa machine passait, la crasse ne revenait pas ! C’est étonnant, mais c’est l’image de la mère Denis qui s’est imposée à moi lorsque j’ai médité la 1° lecture. Peut-être que cette inspiration a été influencée par ma connaissance d’un autre passage du livre de Malachie qui, quelques versets avant le texte que nous avons entendu, parlant toujours u Jour du Seigneur disait qu’il était pareil à la lessive des blanchisseurs. Ma 3,2.

Quoiqu’il en soit, ces images sont très bonnes pour nous aider à comprendre ce texte et plus largement tous les textes qui ont été écrit dans ce style qu’on appelle apocalyptique et qui nous parlent de la fin des temps. C’est bien de cela dont parlait Malachie en évoquant ce fameux « Jour du Seigneur. » Mais évidemment, ce genre de littérature à laquelle nous ne sommes pas habitués nous fait vite assez peur, surtout quand nous entendons la 2° phrase de la lecture : Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, il ne leur laissera ni racine ni branche. Inévitablement, nous nous demandons : n’ai-je pas eu mes moments d’arrogance, d’égarements, de médiocrité ? Serai-je donc consumé dans le feu éternel ? Alors, oui, c’est vrai, personne n’est totalement pur, constamment pur mais pour autant cette parole de Malachie et tant d’autres du même genre sont plutôt une bonne nouvelle et c’est ce que j’aimerais développer avant de passer à l’Evangile.

La bonne nouvelle, j’aime la redire, c’est que le Seigneur a décidé que le mal ne passerait pas les portes du paradis. Avouez que c’est vraiment une bonne nouvelle : ce mal qui nous aura pourri la vie et qui, par ricochet aura pourri nos relations aux autres et au Seigneur, il ne viendra pas nous pourrir l’éternité, nous en serons débarrassés. Pour entrer au paradis, il faudra donc avoir été débarrassé du mal et c’est cette purification qu’on appelle le purgatoire. Nul d’entre nous n’est que bon, mais nul d’entre nous n’est que mauvais alors, dans le jugement, ce n’est pas nous qui avons à craindre, c’est le mal qui va se retrouver dans une situation aussi inconfortable que la crasse devant la mère Denis ! 

Je le dis autrement, face à Dieu, ce n’est pas le pécheur qui va trinquer, mais le péché qui va passer un mauvais quart d’heure et sans doute plus ! Alors, bien sûr, plus nous aurons laissé le péché s’enkyster en nous, plus nous aurons été complaisant, complice avec le péché et plus l’opération de purification sera pénible. Mais au terme, si, humblement, nous demandons cette purification, le Seigneur l’opérera et le mot est bien choisi puisqu’il s’agira comme d’une opération chirurgicale réalisée par notre Seigneur, grand chirurgien de l’amour qui enlèvera toutes ces tumeurs malignes dont il veut nous débarrasser pour vivre une éternité d’amour avec lui. Le péché peut craindre ce moment du jugement qui marquera son anéantissement, le péché peut craindre, mais pas le pécheur et c’est bien ainsi que se terminait la lecture : Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement. La prochaine fois que vous aurez l’occasion de participer à l’adoration eucharistique, reprenez cette parole en vous exposant à la présence du Seigneur dans l’ostensoir qui ressemble à un soleil, faites cet acte de foi : Seigneur tu m’apportes la guérison dans le rayonnement de ton amour qui commence déjà en moi ce travail de purification qui sera complétée quand je paraitrai devant toi.

Il ne me reste plus beaucoup de temps pour commenter l’Evangile en détail mais je dirais que le principe est exactement le même. En effet, Jésus évoque, lui aussi, la fin des temps et il le fait en utilisant des images pas très réjouissantes. Comme toujours, il faut lire ces passages en se disant : Seigneur, toi qui n’es qu’amour, que veux-tu me faire comprendre à travers ces paroles ? Je suis sûr que tu n’as pas dit tout cela pour le faire peur ; je crois que tu me veux pour toujours avec toi.

Fort de ces convictions, comment comprendre ce déferlement du mal ? D’abord, vous aurez remarqué que Jésus dit : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin ! C’est comme un abcès qui va éclater, ce qui coule d’un abcès éclaté n’est pas très ragoutant eh bien, c’est exactement cela : tout le mal va devoir sortir parce que, je le redis le mal ne passera pas les portes du paradis. Alors, avant que le Jour du Seigneur ne vienne, il faudra que le mal sorte, il faudra purger le mal et ça ne sera pas une partie de plaisir, Jésus le laisse clairement entendre. Mais au milieu de toutes ces annonces pas très réjouissantes, il y a deux pépites qui nous sont adressées et qu’il ne faudrait pas laisser passer.

La 1° pépite, c’est que Jésus nous dit que dans ce déferlement de mal, nous aurons l’occasion de rendre témoignage et que le St Esprit nous aidera à trouver les bons mots, les bonnes attitudes. Je l’ai expérimenté, c’est vrai, je l’ai vécu de manière modeste par rapport à d’autres qui vivent des choses bien plus compliquées, mais quand même. Au cours d’un de mes voyages en Afrique, j’ai été arrêté et j’ai eu droit à 17 h de garde à vue. A cause d’une valise de médicaments que je transportais, on m’avait pris pour un trafiquant de drogue ! Je me suis souvenu de ce passage d’Evangile et j’ai demandé au St Esprit de me permettre de témoigner de ma foi avec des mots justes. J’ai eu je ne sais combien d’interrogatoires en 17h, à chaque fois par des policiers nouveaux pour voir si je ne me contredisais pas ! Je peux vous dire que je n’ai pas perdu une occasion de témoigner. De manière très étonnante, je n’ai pas cherché à me défendre mais à témoigner ! Ce fut une expérience douloureuse et merveilleuse à la fois.

La 2° pépite, c’est que Jésus nous dit que pas un cheveu de notre tête ne sera perdu. Il n’y a rien de plus insignifiant qu’un cheveu, cette parole nous assure donc que le Seigneur s’occupera de nous jusque dans les moindres détails.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet demandons que grandisse en nous le désir de voir ce jour du Seigneur, ce jour où le mal sera enfin éradiqué pour que nous puissions vivre dans l’amour.

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